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Insécurité à l’Est de la RDC Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Sept mois après la signature de l'Acte d'engagement de Goma, l'incertitude plane encore sur le retour de la paix dans l'Est de la RDC. La persistance de l'insécurité dans le Kivu en général, et l'existence d'une administration « parallèle » à Rushuru en particulier, méritent une attention particulière des responsables du Programme Amani.

La situation sécuritaire dans l'Est de la République démocratique du Congo demeure encore préoccupante. Les viols, les exactions sur les populations civiles, la violation du cessez-le-feu par les groupes armés, l'existence d'une administration « parallèle » dans le territoire de Rutshuru, le recrutement d'enfants-soldats, le non respect des principes humanitaires, sont autant de maux qui sévissent dans les zones occupées par les groupes armés signataires de l'Acte d'engagement de Goma. Les informations en provenance de la partie orientale du pays révèlent que les provinces les plus concernées par ce drame sont surtout, celles du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Face à cette situation, l'on est en droit de se demander à quoi aurait servi la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement du Kivu, organisée en janvier 2008 à Goma.

INCERTITUDE

Et pourtant, la tenue de ce forum avait pour but de rétablir l'autorité de l'Etat dans cette partie du pays. Malheureusement, on s'aperçoit que sept mois après la signature de l'Acte d'engagement de Goma, la situation sécuritaire est loin de s'améliorer dans ces deux entités politico-administratives de l'Est de la RDC.

Pire encore, le Comité de sécurité du territoire de Rutshuru fait état de l'existence d'une administration parallèle dans ce territoire du Nord-Kivu. Pointé du doigt, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda réfute cette accusation. Le porte-parole de ce mouvement, René Abandi, cité par radiookapi.net, réfute catégoriquement cette accusation. Pour lui, « le CNDP a seulement placé une organisation et des représentants à tous les niveaux, dans le cadre de la confédération qu'il compte organiser ». Avant de faire remarquer que cela ne doit pas être interprété en termes d'instauration d'une administration parallèle non plus. Une déclaration rejetée en bloc par les membres du Comité territorial de sécurité de Rutshuru qui affirment que le mouvement de Laurent Nkunda a installé deux administrateurs : un dans la localité de Tshengerero et son adjoint à Karambi au Nord-Est de Rutshuru. Conséquence : l'administrateur officiel de ce territoire n'a plus d'accès à toute la partie sous-contrôle du CNDP. Ce qui réduit d'office sa capacité de gestion. Tous ces problèmes et tant d'autres prouvent à suffisance que le Programme Amani a beaucoup de défis à relever.

IMPLICATION DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE

Le travail est, certes difficile mais pas impossible. La volonté politique et la détermination suffisent pour réussir un tel pari. Raison pour laquelle le gouvernement congolais est appelé au pragmatisme en vue d'instaurer l'autorité de l'Etat à l'Est du pays. Mais compte tenu de la complexité de la question, l'apport de la communauté internationale s'avère également indispensable.

Pour rétablir rapidement l'autorité de l'Etat dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu, la Commission technique mixte paix et sécurité du Programme Amani doivent tout mettre en œuvre afin d'accélérer non seulement le désengagement des troupes, mais aussi et surtout le rapatriement des groupes armés étrangers encore actifs à l'Est de la RDC. C'est de cette manière que l'on peut s'attendre à un retour rapide, durable et définitif de la paix et de la sécurité dans cette partie du pays. Faute de quoi, des milliers de personnes déplacées risquent de croupir encore longtemps dans la misère, avant de regagner leurs localités d'origine. D'où l'urgence et la nécessité de voir le Programme Amani s'investir totalement pour atteindre l'objectif que s'était fixé la Conférence de Goma en janvier 2008.

Par Albert tshiambi

 
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Mouvement d'Action pour la Démocratie et la Paix