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Ivre, le pouvoir kabiliste devient fou : la peine de mort requise contre 10 membres de l’UDPS Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Le système kabiliste est passé de l’ivresse du pouvoir à la folie. Avec l’instrumentalisation de la justice par ce pouvoir fainéant, le ministère public vient de requérir la peine de mort contre dix des membres de l’UDPS arrêtés, il y a plus d’un mois à Mbuji-Mayi, et accusés d’association des malfaiteurs, d’outrage à l’autorité publique et de destruction méchante.

Ce réquisitoire qui pue à mille lieux la folie d’un régime qui continue à redouter l’UDPS, quand bien même tout a été planifiéf avec la complicité de la maffia internationale pour mettre le parti de Tshisekedi hors du processus électoral de 2006, doit amener ce parti à reconsidérer ses méthodes de lutte. A moins que l’UDPS ait opté de jouer au martyr alors que ce sont les rapports de force qui donnent son sens à la lutte politique dans un pays qui est tout sauf un jardin où poussent les fleurs de la démocratie ! Ce n’est pas par hasard que l’amnistie a été accordée à tous les seigneurs de guerre et à leurs supplétifs qui versent le sang des Congolais depuis 1996 jusqu’à ce jour.

Alors que des membres de l’UDPS/Mbuji-Mayi ont été arrêtés et soumis à des pires tortures depuis plus d’un mois, d’autres n’ayant trouvé le salut qu’en prenant leurs jambes au cou avant de se réfugier dans la clandestinité, l’opinion s’étonne que le ministère public n’ait mis en exergue que le fait que le cortège du gouverneur de province, Ngoyi Kasanji, avait essuyé le 2 juillet 2008 des jets de pierre au quartier Simis de Mbuji-Mayi. Or, selon des sources dignes de foi, le jet des pierres contre le cortège du gouverneur de province, qui ne peut qu’être reprouvée et sur lequel le ministère public a fondé son réquisitoire, serait l’œuvre des enfants de la rue, ces enfants de personne qui n’ont aucune notion du respect de l’autorité et du bien public.

Dès lors, pourquoi Ngoyi Kasanji, membre fondateur de l’AMP, et la justice kabiliste ont-ils trouvé en l’UDPS le coupable idéal alors qu’ils ne peuvent apporter la preuve matérielle de l’attaque du cortège de « Kabila pronvicial »par les membres de l’UDPS traités aujourd’hui comme des bandits de grand chemin ?

Au moment où d’aucuns, au niveau du COC (Comité organisateur de l’UDPS), plaident pour la participation du parti de Tshisekedi aux prochaines élections communales et locales, alors que leur parti s’était abstenu de prendre part aux élections principales (présidentielles, législatives et provinciales) susceptibles d’influer sur la marche du pays, on peut légitimement se demander, au regard de la peine de mort suspendue sur la tête de la dizaine des membres de l’UDPS/Mbuji-Mayi, si le temps n’est pas finalement venu pour ce parti de requalifier ses méthodes de lutte. Rien n’est moins sûr, le congrès de l’UDPS qualifié comme étant celui de la refondation pour la conquête du pouvoir étant annoncé du 15 au 19 février 2009. C’est, il faut le rappeler, à deux ans des prochaines élections générales que le PPRD se dit en droit de gagner. Comme en 2006 !

La plaidoirie des avocats de la défense étant prévue ce mercredi 6 août à Mbuji-Mayi , selon la Radio Okapi de la Mission de l’ONU au Congo à démocratiser, il est à craindre que la peine de mort requise par le ministère public ne se mue en des peines graves de prison. Ce qui reviendrait au même, les membres de l’UDPS ainsi condamnés ne pouvant que moisir dans la prison mouroir de Mbuji-Mayi et n’y sortir que les pieds en avant. « Kabila provincial » qui s’acharne sur les membres de l’UDPS, et non sur des enfants de/ou dans la rue dont on dit qu’ils seraient ses véritables agresseurs, serait-il prêt à assumer une telle responsabilité devant l’histoire et devant les Kasaïens ?

Francine Tshiala Biselele

 
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