|
Peine de mort requise contre dix militants de l'UDPS |
|
|
|
|
Le public est sorti complètement sonné de la troisième audience du procès qui oppose le ministère public à dix membres de l’Union pour la Démocratie et le DPS arrêtés à Mbuji-Mayi à la demande du gouverneur de la province, M.Ngoyi Kasanji. Au cours de cette audience qui s’est déroulée en chambre foraine à la prison centrale de la capitale du diamant, le ministère public a, dans ses réquisitions, réclamé la peine de mort contre les dix prévenus. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans la capitale mondiale du diamant où personne ne parvient à comprendre que des compatriotes puissent encourir la peine capitale pour avoir simplement exprimé leur opposition aux méthodes de gestion du pays et de la province. Si on peut être condamné à mort pour avoir manifesté contre un gouverneur de province, il faut désormais se demander ce qui arrivera à chaque congolais qui pourrait être tenté de protester contre un ministre, le Premier ministre ou le Président de la République. De l’avis général, le Congo vient de rentrer aux années Mobutu et c’est à juste titre qu’une inquiétude grandissante s’exprime au sujet du prochain congrès de l’Udps, fixé du 15 au 19 février 2009. On sait qu’à la suite des rafles enregistrées dans les rangs de la fille aînée de l’opposition congolaise et des malheurs qui se sont abattus sur la famille Kunkadi dont la fille Batshinyi Kunkadi est poursuivie pour menées subversives, les membres réclament des assurances quant à leur sécurité durant les travaux. Tout le monde est en effet convaincu que sans de telles assurances, on peut redouter des enlèvements voire la disparition tout court de certains congressistes déjà fichés pour leur militantisme considéré ici comme un intolérable extrémisme politique. Il est temps de sortir de ce cycle d’intolérance politique qui ne rassure pas les Congolais et qui risque d’empêcher le programme des cinq chantiers du chef de l’Etat de se traduire dans les faits dès lors que l’adhésion populaire peut poser problème eu égard au traitement que l’on inflige à tous ceux qui développent publiquement le point de vue des citoyens comme c’est le cas avec les membres de l’Udps et, récemment, avec Gabriel Mokia arrêté dans sa chambre à coucher par une vingtaine de policiers sans mandat. . Yambong Mbe
|