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La FEC dénonce la corruption dans l’administration au moment où Mende est à la porte de la prison Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Cette fois-ci l’accusation de corruption ne vient pas du méchant ( !) Karel De Gucht, ministre belge des Affaires étrangères, mais de l’intérieur du système kabiliste. L’accusateur n’est autre qu’Albert Yuma, président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) reconduit dans ses fonctions pour un mandat de trois ans (2008-20011). Yuma qui ne peut être accusé d’être à la solde de l’opposition de par ses origines katangaises et ses amitiés avec Jean-Claude Masangu Mulongo, gouverneur de la Banque centrale, ne manque pas pour autant de lucidité.

A l’occasion de sa réélection, Albert Yuma qui sait mieux que quiconque que l’investisseur est comme un gibier peureux qui a besoin de la sécurité juridique ne s’est pas interdit de tourner le couteau dans la plaie en stigmatisant la corruption dans l’administration publique. Pragmatique, Albert Yuma a également dénoncé le non respect de l’éthique dans la pratique des affaires de la part des opérateurs politiques.

Comment dès lors ne pas saluer le courage du patron des patrons congolais qui a mis en relief, sans faux fuyant, ce qu’il a nommé les deux tares qui bloquent la relance de l’économie congolaise. Voilà un discours qui n’est pas sans rappeler celui dénonçant des avantages fabuleux de certains apparatchiks du régime kabiliste tenus, il y a peu, par Karel De Gucht, dans un style qui lui est propre, et qui a servi d’alibi à la crisette entre Kinshasa et Bruxelles créée par Kabila Kabange qui voudrait qu’au Congo comme à l’étranger tout le monde applaudisse des pieds et des mains la mal gouvernance de son régime récalcitrant.

Au moment où d’aucuns en Belgique francophone s’emploient à communautariser la crisette entre Kinshasa et Bruxelles en se limitant juste à la forme du message de Karel De Gucht dont personne ne trouve pourtant à redire sur le fond, c’est du Katanga, supposé être le fief naturel de Kabila Kabange, qu’est venu un autre direct à l’estomac destiné à couper le souffle au régime kabiliste.

En effet, Mgr Songa Songa, archevêque de Lubumbashi, s’est émancipé de la langue de bois au cours d’une conférence de presse animée en vue de s’opposer à la délocalisation du Lycée Lubucha pour le compte de l’exploitation minière en dénonçant l’esprit prédateur des dirigeants congolais. L’archevêque de Lubumbashi a soutenu que les dirigeants actuels qui touchent des commissions faramineuses font encore pire que lors des régimes précédents de Mobutu et Laurent-Désiré Kabila. Les propos de l’archevêque de Lubumbashi ne nécessite aucun commentaire quand Mgr Songa-Songa ajoute que les discours tenus lors de la campagne électorale par les élus de 2006 ne sont plus que de vœux pieux. Louis Michel qui ne s’offusque pas de soutenir, seul contre tous, que le Congo de Kabila Kabange est une démocratie, est bien servi !

Comment dès lors ne pas partager la préoccupation du patron des patrons congolais et la déception de Mgr l’archevêque de Lubumbashi au regard du dernier rapport de la Cour des Comptes fait à la demande du ministère du Budget. Ce rapport, il faut le rappeler, a mis en relief de graves disfonctionnements dans la chaîne des dépenses publiques alors qu’il ne portait que sur trois mois, soit de décembre à janvier 2007 : irrégularité de la procédure de passation des marchés, doubles paiements attestés à la suite de l’audition de ceux qui ont perçu effectivement les fonds et acquitté les documents ainsi que les fonctionnaires à la base de ces forfaits.

Alors que des mécanismes de récupération des fonds pour le trésor public ont été proposés, aucune action n’a été menée pour y parvenir. C’est le contraire qui aurait étonné dans la mesure où ces fonds ont été débloqués à travers le réseau d’élite officiel, principalement les ministères de la Défense nationale, de la Santé ainsi que des services de la présidence de la République.

Il n’est donc pas surprenant que, dans des termes diplomatiques, la dernière mission du FMI à Kinshasa fasse état du dépassement des dépenses publiques attribuables à des dépenses imprévues de sécurité nationale et des faiblesses persistantes de la gestion des finances publiques. Avec à la clé une dépréciation de 8¨% du Franc congolais et un taux d’inflation annualisé de 16% !

Alors que la loi de l’omerta est de rigueur et que les mécanismes de détournements des fonds publics sont connus des officiels qui les ont mis en place, les députés et autres sénateurs amusent la galerie en interpellant certains ministres pour essayer de se donner bonne conscience quand bien même ils ne sont pas sans savoir que nul ne peut tromper sa propre conscience.

Mais, parce qu’ à quelque chose malheur est bon, l’interpellation du ministre des Hydrocarbures le vendredi dernier à l’Assemblée nationale risque de lui coûter son poste et de lui ouvrir grandement les portes de la prison. Et pour cause, Mende est soupçonné de s’être trop servi à travers les marchés de l’Ituri où une société qui n’a jamais exploité en RDC a brandi à une bourse un contrat signé avec le gouvernement congolais avant de vendre ses parts à une autre société pour 86 millions de dollars. Qui se cache donc derrière cette spéculation, mieux qui l’a favorisé ? Mende Omalanga est également mis en cause dans la spoliation du patrimoine pétrolier au regard des contrats léonins qui profitent essentiellement aux sociétés concessionnaires. On fait également état d’un scandale relatif à l’exploitation commune du gisement pétrolier commun entre la RDC et l ‘Angola, dossier dans lequel les dividendes annoncés n’étaient qu’un trompe l’œil.

A l’AMP d’aucuns estiment avoir suffisamment d’éléments de preuves pour lâcher Lambert Mende, porte-parole adjoint arrogant de la majorité présidentielle qui ne serait plus en odeur de sainteté dans sa famille politique où on rapporte que Mende aurait exigé 500.000 dollars de commission à une société qui voulait investir dans l’exploitation pétrolière avant de se raviser en exigeant le double au point de contraindre ses « bienfaiteurs » à renoncer à leur projet.

Pour autant, Lambert Mende sera-t-il lâché et sanctionné ne fut ce que pour l’exemple alors que les autres mauvaises affectations des ressources financières de l’Etat ont bénéficié du laxisme qui est la seconde nature du réseau d’élite kabiliste ? Pas évident !

Pierre Kalambayi Misasa

 
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