L’Angola n’est plus cet eldorado rêvé par les Congolais de la RDC. Car, devenu un enfer pour les chercheurs des pierres précieuses et les petits commerçants, qui y avaient élu domicile depuis des lustres afin de trouver un bonheur insaisissable. Un mirage dans les carrières et autres lits de rivière. Et pour cause, les autorités de Luanda ont pris la fâcheuse ou la mauvaise habitude de refouler les ressortissants congolais à la veille de chaque événement politique, entre autres le referendum constitutionnel et /ou les élections législatives annoncées en septembre prochain.
Au cours de ces dix derniers jours, signalent les sources de la Monuc, plus de 18.000 Congolais ont été expulsés du pays d’Edouardo Dos Santos vers le Bandundu, leur province d’origine. Cette vague d’expulsion a fait traverser cette marée humaine la rivière frontalière Tungila. Au Bas Congo, on a enregistré une foule de 2.300 compatriotes expulsés manu militari du nord de l’Angola depuis le début de l’année 2008. Ce qui fait au total, quelques 20.300 citoyens congolais jugés indésirables chez leurs frères de race et de langue kongo d’Angola, selon les estimations du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’Onu (Ocha) et de l’Ong Caritas, qui opèrent dans les zones sinistrées. A qui mieux mieux !
A titre de comparaison, en 2007, un total d’environ 30.000 compatriotes avaient été interpellés puis refoulés sauvagement vers les provinces du Kasaï Occidental par la cité minière de Tshikapa et du Katanga situées au centre et au sud de la RDC. En moins de deux ans, quelques 50.300 compatriotes congolais ont été expulsés des régions septentrionales de l’Angola. Il semble que ‘’ les autorités angolaises craignent que des étrangers africains obtiennent des cartes électorales et veulent limiter les risques de fraude lors des législatives de septembre prochain prélude aux présidentielles de 2009 ‘’. On signale par ailleurs que, depuis 2004, plus de 400.000 immigrés illégaux, quasiment tous des Congolais, ont été expulsés de provinces minières de l’Angola dans le cadre d’une opération baptisée « Diamant» visant à lutter contre le trafic illégal du gemme angolais par les aventuriers venus de la RDC.
Déjà cinq morts
Mais , il se fait que la manière forte utilisée par les militaires angolais provoquent de situations désagréables au sein des refoulés congolais. Pour preuve, cinq d’entre eux sont morts de maladie fin mai lors de leur arrivée dans la province du Bandundu , celle du Premier ministre Antoine Gizenga Funji. Le gouvernement de Kinshasa garde, dans l’entre-temps, un mutisme coupable et inquiétant pour ne pas sûrement indisposer le parapluie militaire de Luanda, le parrain de la guerre de Libération avec le Zimbabwe et la Namibie.
Conséquence, les cités frontalières abandonnées nécessitent une aide humanitaire laquelle se fait attendre toujours suite aux mauvaises conditions de communication entre la capitale et les entités territoriales décentralisées du sud-ouest. Dans la même optique, M.Elther Luzolo Makambu,le chef de cité de Tembo, a déploré « le déficit de communication entre les autorités frontalières de deux pays qui n’a guère permis à la partie congolaise de prendre des mesures nécessaires pour favoriser l’accueil des refoulés ».
Ce qui confirme la volonté de puissance du gouvernement de Luanda depuis l’affaire de l’occupation du territoire de Kahemba par les militaires angolais en 2007. Pour preuve, si besoin en était encore que l’Angola est devenue la première puissance en Afrique subsaharienne grâce à son pétrole et ses diamants de l’hinterland. Reste alors au gouvernement central d’actionner les mécanismes de la grande commission bilatérale Angola- RDC et de recourir au mécanisme de la Copax (Commission Paix et Sécurité) de la Ceeac(Communauté économique des Etats d’Afrique centrale) pour éviter un nouveau conflit meurtrier en Afrique centrale .En attendant, ce sont les humanitaires qui s’activent, notamment le trio Ocha, Caritas et MSF- Belgique!
Le Révélateur