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Au moment où le premier ministre belge, Yves Leterme, s’emploie à rétablir le dialogue avec les autorités de Kinshasa, il importe de s’interroger sur ce qu’il y a de si nouveau dans les propos réitérés plus d’une fois par Karel De Gucht, ministre belge des Affaires étrangères, sur la mal gouvernance congolaise pour que Joseph Kabila se gendarme en mettant en exergue la souveraineté du Congo à démocratiser au point de s’illustrer par une musculation en rappelant son ambassadeur à Bruxelles et en fermant le consulat congolais d’ Anvers ? Quand on sait que Karel De Gucht avait distribué aux journalistes qui l’accompagnaient lors de son premier voyage au Congo une note faisant état des origines non congolaises de Kabila Kabange et que la terre n’avait pas tremblé, qu’a-t-il de si graves dans la lecture par le chef de la diplomatie belge des faits et gestes des dirigeants politiques congolais dont l’opinion congolaise, c’est un secret de polichinelle, sait qu’ils sont auteurs et complices de la criminalisation de l’économie nationale ainsi que l’ont attesté divers rapports des Nations Unies, des ONG et même de la Cour des Comptes congolaise ? En dépit de la levée de boucliers d’une certaine Belgique francophone qui a fait du marché de la coopération au Congo sa chasse gardée, ceux qui savent d’où souffle le vent auront noté que les Congolais, exceptés les chiens de garde de la nouvelle dictature, applaudissent des mains et des pieds les propos-vérité de Karel De Gucht qui tranchent net avec l’élégance, mieux l’hypocrisie diplomatique de son prédécesseur. Pour les analystes, les propos de Karel De Gucht tenus de vive voix devant Kabila Kabange à Kinshasa, confirmés par le chef de la diplomatie belge à son retour à Bruxelles et réitérés en Chine ne sont qu’un alibi utilisé par Kinshasa pour exprimer son mécontentement à la suite de l’inculpation de la Banque centrale du Congo (BCC) pour blanchement d’argent par la justice belge. Plus que jamais, l’argent demeure le nerf de la guerre. Car, l’inculpation de la Banque centrale par la justice belge, dans un dossier où les proches de Kabila Kabange ont joué un rôle majeur, est considérée à Kinshasa comme une atteinte à la légitimité des autorités congolaises. En termes clairs, la BCC est inculpée par la justice belge de blanchiment d’argent notamment pour avoir utilisé l’argent de la MIBA, des millions de dollars, pour acheter des armes en République tchèque. On ne nie pas les faits à Kinshasa où le sénateur AMP Henri-Thomas Lukondo Yoka, mobutiste devant l’Eternel passé au kabilisme sans transition, a confié à un journal kinois que l’utilisation de l’argent de la MIBA pour acheter des armes en Tchèquie n’est pas un blanchiment d’argent. Cette assertion a l’avantage d’expliquer la banqueroute programmée de la Miba. Le Bureau de représentation de la BCC à Bruxelles ne nie pas les faits non plus quand bien même il s’emploie à déplorer à travers un communiqué la violation du secret de l’instruction par la presse belge. La BCC qui soutient n’avoir jamais reçu une inculpation de la justice belge, estime néanmoins que le dossier est insuffisant au point d’entraver illicitement le droit à la défense. Plus de chaleur que de lumière ! Dans le même ordre d’idées, la BCC considère comme une singularité de la situation judiciaire le fait que l’inculpation résulte d’une demande d’instruction complémentaire émanant du Parquet (mars 2008) alors que l’instruction elle-même remonte à de nombreuses années, la dernière inculpation ayant eu lieu en 2004. Alors que le gouverneur Jean-Claude Masangu Mulongo a confié à l’Agence congolaise de presse (ACP) et à la presse kinoise que la BCC n’a jamais reçu d’inculpation de la justice belge, il est évident qu’on en sait un peu plus à Kinshasa où on signale à l’Institut d’émission qu’au cours de quatre dernières années écoulées, le juge d’instruction n’avait pas estimé nécessaire d’inculper la BCC et avait clôturé son rapport et que ce dernier a été rouvert par décision du ministère public. Curieux tout de même, c’est au moment où la BCC est inculpée par la justice belge que la Belgolaise a choisi de se retirer de la Banque commerciale du Congo (BCDC). Pas de quoi impressionner Jean-Claude Masangu Mulongo qui souligne qu’une banque marocaine de grande taille ( ?) qui occupe actuellement le 6e rang en Afrique serait intéressée pour prendre la place laissée vacante à la BCDC après le départ de la Belgolaise. Soit ! En attendant la suite que la justice belge va donner à ce dossier qui a mis Kabila et son entourage dans tous les états, la BCC a déjà une ligne de défense bien connue : elle a agi sur ordre d’en haut. Noir sur blanc, l’Institut d’émission soutient ; « d’une façon générale, il convient de rappeler à toute fin utile que la BCC est une institution de droit public congolais exécutant les décisions des autorités légitimes congolaises, les quelles s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté de la République démocratique du Congo». Traduction : l’achat des armes avec l’argent de la MIBA l’a été sur ordre de la haute hiérarchie, le Congo est un Etat souverain qui décide de l’affectation de ses ressources financières sans rendre compte à quiconque. Malgré cette ligne de défense souverainiste, la BCC affirme n’avoir rien à se reprocher et être en mesure de se défendre. Masangu Mulongo qui rempile à la BCC pour un troisième mandat (il dirige l’Institut d’émission depuis l’avènement des Kabila en 1997) relève que c’est sous son impulsion que la RDC s’est dotée en 2004 d’une loi contre le blanchiment d’argent et le financement de terrorisme. Ce dans cette perspective, ajoute-t-il, que la BCC est en train de mettre en place une cellule des renseignements financiers dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. La MIBA devra financer les virtuels chantiers de Kabila au Kasaï ! Au moment où les activités de la MIBA tournent au ralenti depuis la fin de l’année 2006 suite à la vétusté du matériel et aux pannes, le dossier d’inculpation de la BCC par la justice belge pour blanchiment d’argent permet de comprendre comment a été planifiée la banqueroute de la MIBA par un état fainéant et des gestionnaires insouciants et sans scrupules qui ont affecté d’importants moyens financiers de la MIBA à des priorités « souverainistes » qui n’avaient rien à voir avec l’objet social de la MIBA au point de n’accorder aucune importance à l’amortissement ou au renouvellement de l’outil de travail. Il n’est donc pas étonnant que la MIBA ne compte aujourd’hui que sur les partenariats avec la Chine et la Corée pour sortir du marasme économique dans lequel elle s’est embourbée. La production ayant passé de cent mille carats à près de trente mille carats par mois, l’actuel président administrateur de la Miba, Paul Kabongo Fuila, qui n’a que ses yeux pour pleurer, exhorte les travailleurs à tenir bon, à développer la patience et l’espoir. Il ne serait pas étonnant que d’ici là il invite les travailleurs à prier pour le salut de la Minière de Bakwanga.. Amen d’avance ! Plus sérieusement, la MIBA attend des Chinois 75 millions de dollars américains pour sa réhabilitation avec comme objectifs l’augmentation de la production de 28 mille carats à 7 voire 8 millions de carats par mois, l’amélioration des conditions sociales des travailleurs, l’autofinancement de la société et sa contribution au développement du Kasaï par la réfection du chemin de fer, des routes interprovinciales et à l’augmentation en énergie électrique. Voilà donc des perspectives qui ne relèvent (encore) que du monde des idées, mais qui ont l’avantage de donner une indication sur le financement de fameux cinq chantiers de Kabila Kabange à travers les différentes provinces congolaises. C’est la MIBA qui devra financer les virtuels cinq chantiers au Kasaï. Et pourtant c’est cette société qui a servi de vache à lait pour financer l’effort de guerre dont les dividendes sont aujourd’hui l’apanage d’un clan dont est issu un funeste et lâche illuminé qui a l’arrogance d’affirmer anonymement sur le web que ce sont les richesses du Katanga qui sont hypothéquées à travers le troc avec la Chine pour la construction des infrastructures de toutes les provinces. Aussi, les fameux chantiers de Kabila au Kasaï devant être financés uniquement par la MIBA, il ne serait pas étonnant que la construction attendue des voies de communication et autres infrastructures ainsi que l’électrification du Kasaï ne demeurent que du monde des idées, la MIBA pouvant soutenir non sans raison que de telles réalisations ne relèvent pas de son objet social. Et comment en serait-il autrement quand on sait que même du temps de sa splendeur, pendant la période faste, la MIBA n’a jamais contribué au développement du territoire d’où il tire les richesses dont s’accaparent qui des dirigeants récalcitrants. Raymond Luaula
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