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Kabila craque, ferme le consulat d’Anvers, rappelle son ambassadeur, et puis ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Joseph Kabila Kabange qui avait sommé ( ?) la Belgique de définir le type de relations qu’elle voudrait avoir avec l’ex-Congo Belge à la suite des propos du ministre belge des affaires étrangères dénonçant la corruption et l’impunité (lire congoone.net, édition mise en ligne le 23 avril 2008) a craqué à la suite des récentes déclarations du même ministre belge des Affaires étrangères faites en Chine à travers lesquelles il mettait en exergue un droit moral de la Belgique sur la gouvernance congolaise.

Tirant les conséquences des propos tenus par Karel De Gucht à Pékin, le gouvernement de Kabila Kabange réuni vendredi dernier a décidé de rappeler son ambassadeur à Bruxelles et de fermer le consulat d’Anvers. C’est, dit-on à Kinshasa, une manière de protester énergiquement contre les déclarations de Karel De Gucht et de rappeler à Bruxelles que le Congo à démocratiser est un pays souverain qui ne peut s’accommoder d’une tutelle quelconque.

Le gouvernement de Kabila entend également évaluer la nécessité de la coopération avec la Belgique. S’agit-il d’une musculation ou d’une volonté de récuser toute critique sur la mal gouvernance qui gangrène le pouvoir des Kabila ? La question ne manque pas d’intérêt quand on sait que face aux préoccupations des parlementaires belges qui déploraient plutôt la forme que le fonds du dernier discours de De Gucht à Kinshasa, ce dernier avait révélé que Kabila lui avait dit : « si ça continue comme ça, je vais vous rembourser votre argent ».

Dans un pays où sur les 250 millions de dollars que le gouvernement reçoit annuellement du secteur minier, il n’y a que 30 millions dans le budget de l’Etat, il serait absurde de dénier à ceux qui débloquent des centaines des millions d’euros des contribuables européens d’élever la voix quand la mauvaise affectation des ressources financières du pays est avérée comme c’est le cas au Congo des Kabila..

C’est très simpliste de se réfugier derrière la prétendue souveraineté nationale pour récuser toute critique alors que le pays est placé sous la coupe réglée depuis plusieurs années par le biais de la MONUC. Soit !

On aurait bien voulu voir Kabila réagir intelligemment aux critiques formulées par le ministre belge des Affaires étrangères en s’attaquant effectivement aux fabuleux avantages dont jouissent les apparatchiks de son régime, au besoin en envoyant en prison ceux dont les détournements seraient attestés par la justice. Rien de tout cela alors que quand il avait annoncé la fin de la récréation, Kabila avait promis d’ouvrir grandement les portes des prisons à ceux qui s’autoriseraient de puiser dans les caisses de l’Etat. Dans ce cas, de deux choses l’une, soit il n’y a pas détournement des fonds publics par les gouvernants au Congo, soit Kabila se singularise par sa grande tolérance et protège ainsi tous les voleurs comme ceux impliqués dans la criminalisation de l’économie nationale cités dans un rapport du panel de l’ONU qu’il a fini par rappeler auprès de lui après s’en être séparés pendant quelques mois.

Or, un récent rapport de la Cour de comptes initié par son propre ministre du Budget fait état des détournements monstres opérés à travers différents départements et même des services de la présidence de la République. Quelle suite Kabila a-t-il donné à ce rapport pour ne citer que ce cas ?

Si, comme certaines indiscrétions le laisse penser,.Kabila pourrait demander à la Belgique de fermer ses consulats à Lubumbashi et à Bukavu, on peut s’interroger sur le bénéfice que le Congo tirerait d’une telle mesure et si Kabila va s’arrêter en si bon chemin sans renoncer à la coopération militaire avec la Belgique qui a réhabilité les infrastructures pillées de l’Ecole de formation des officiers (EFO) de Kananga et qui y forme des officiers congolais après avoir participé durant la transition 1+4 à la formation des brigades intégrées au niveau de l’armée et de la police.

En attendant l’évolution de ce qui semble plutôt être une crise de nerfs entre Kinshasa et l’ex-métropole, bien d’analystes sont d’avis que les déclarations de Karel De Gucht à Pékin ne sont qu’un prétexte utilisé par Kinshasa car le ministre belge des Affaires étrangères avait déjà tenu les mêmes propos, dans les mêmes termes, à son retour du Congo en soulignant que si c’était à refaire, il le referait avec les mêmes mots, répétant par ailleurs que la Belgique avait un droit moral sur la gouvernance congolaise étant donné que son pays débloque des moyens financiers substantiels pour aider le Congo. Les fâcheries de Kinshasa seraient plutôt justifier par l’inculpation à Bruxelles de la Banque centrale du Congo dans une affaire de blanchiment d’argent à travers d’importants détournements s opérés à travers les comptes de la MIBA par des proches de Kabila Kabange dont Charles OKOTO Lolakombe Lolango.

Aujourd’hui que la MIBA est à genoux, son pillage ayant commencé dès que la funeste AFDL de triste mémoire avait occupé la ville de Mbuji-Mayi pour se poursuivre avec l’avènement à Kinshasa du conglomérat des aventuriers conduit par les Kabila , les ex-Zaïrois devraient-ils applaudir des pieds et des mains que Kabila se gendarme parce qu’en digne héritier de l’AFDL le régime AMP singe le mobutisme jusqu’au délire ?

Raymond Luaula

 
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