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Paix au Kivu : Nkunda complique l'acte d'engagement Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Rien ne présage encore aujourd’hui de lendemains qui chantent dans l’imbroglio de l’Est. Tout porte à croire que du jour au lendemain, et par un coup de tête, on retombe dans l’enlisement. Aujourd’hui, «l’acte d’engagement» signé le 24 janvier à Goma entre les belligérants de l’Est de la RDC connaît ses profondes convulsions et les attaques entre militaires et contre les Casques bleus et les civils constituent des «graves violations», voire des crimes de guerre condamnés par ses mêmes accords. Depuis la signature de ces accords, la Communauté nationale et internationale ne cesse de déplorer la série d’altercations où sont mise en évidence les éléments fidèles au général déchu Laurent Nkundabatware.

Une nuit de cauchemar à Kamina

L’acte le plus récent s’est joué à Kamina, une base militaire où des ex-combattants du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), le mouvement politico-militaire de Laurent Nkunda se sont affrontés à l’arme légère, de dimanche 17 vers 19 heures jusque lundi 18 février vers 7 heures contre des commandos des FARDC, tous au brassage à la base de Kamina (BAKA), dans le Katanga.

Ces informations ont été livrées par la MONUC qui confirme que les affrontements auraient débuté à la suite d’une altercation entre des militaires en formation (brassage) à la BAKA et qui auraient dégénéré en confrontation.

Le commandant de cette base, le Général Mbuja Mabe a indiqué que 27 militaires, dont 16 ex-combattants CNDP, 10 commandos FARDC et un civil, seraient blessés, sérieusement pour certains, et seraient évacués vers l’hôpital de la base. On n’a déploré aucun décès, heureusement. Mais ce bilan n’est que provisoire et pourrait s’alourdir, a-t-il précisé.

Une délégation composée de plusieurs officiers des FARDC, conduite par le chef d’État-major de la force terrestre, le général Gabriel Amisi dit «Tango Four», est arrivée lundi 18 février à Kamina, à 600 km au nord-ouest de Lubumbashi, en provenance de Kinshasa, pour examiner la situation.

Le CNDP multiplie des situations explosives

Déjà vendredi 15 février dans la mi-journée, des «policiers» fidèles au chef rebelle Nkundabatware n’ont pas hésité d’ouvrir le feu sur des Casques bleus sud-africains venus à la rescousse des populations prises en étau par les nkundistes, après sommation pour vérification d’identité, a indiqué un communiqué de la MONUC. Ces Casques bleus de la base opérationnelle mobile de la MONUC de Tongo, dans le Rutshuru voulaient comprendre les coups de feu provenant du village de Rushovo, à proximité de leur base.

Les Casques bleus ont finalement maîtrisé ces hommes de Nkunda qui avaient arrêté un civil, les ont désarmés et emmenés en détention, ainsi que leur prisonnier, à la base MONUC de Tongo où des soins ont été prodigués à l’un d’entre eux qui était blessé. La population de Rushovo s’est empressée d’informer les Casques bleus qu’au moins deux civils, dont l’un semblerait être un mineur, avaient été abattus peu de temps auparavant par policiers du CNDP. La MONUC informe de source sûre que «les éléments CNDP seraient entrés dans la localité, dans un état d’extrême agitation, faisant usage de leurs armes de manière indiscriminée et terrorisant la population et l’un deux semblait en état d’ébriété. Ils auraient abattus et dépouillés plusieurs personnes et fait au moins un blessé parmi la population».

Plusieurs témoins directs ont déclaré que, sans l’intervention courageuse et décisive des Casques bleus sud-africains, qui ont fait preuve du plus grand sang-froid sous le feu, et sans leur détermination à protéger la population, un plus grand nombre de victimes aurait été à déplorer.

Nkunda parle d’une mésentente

Chez Nkundabatware, l’«incident» a été minimisé. Le Porte-parole militaire du CNDP, le major Séraphin Mirindi a affirmé que «des policiers du CNDP», étaient «en patrouille dans une zone où des cas d’infiltration de Maï Maï et de FDLR avaient été signalés...». «La MONUC s’est interposée et a commencé à désarmer nos hommes. Il y a eu désaccord et puis des crépitements de balles. L’un de nos policiers a été blessé», a déclaré Mirindi, assurant que ses hommes n’avaient «jamais eu l’intention de tirer sur des Casques bleus» et qu’il y aurait «eu mésentente», résultant en un «crépitement de balles de part et d’autre».

Interrogé sur le meurtre de deux personnes non loin de la base de la MONUC peu avant l’altercation avec les Casques bleus, le major Mirindi a affirmé qu’il ne s’agissait «pas de civils, mais d’infiltrés» ennemis, sans nier que le CNDP les aient abattus.

L’ONU a balayé du revers de la main cette version de «mésentente», «les assaillants ayant immédiatement fait usage de leurs armes contre les Forces des Nations Unies, une fois que celles-ci les aient sommés de s’arrêter pour être contrôlés. Ce n’est qu’après l’échange de tir et leur reddition, que ceux-ci ont été désarmés», a précisé le Porte-parole de la MONUC, Kemal Saïki qui a déclaré que ces attaques contre des civils et contre des Casques bleus «constituaient des crimes de guerre et une nouvelle violation du cessez-le-feu» instauré le 24 janvier au Nord-Kivu, au lendemain de la signature par tous les groupes armés de la région - dont le CNDP- d’un «acte d’engagement» pour la paix dans la région.

La MONUC annonce une enquête approfondie afin de déterminer les circonstances de l’incident, établir un bilan précis et de déterminer les responsabilités de chacun. Les observateurs s’interrogent sur la nécessité d’une pareille enquête. Serait-ce pour tenter de blanchir le CNDP ? Wait and see !

Le Révélateur

 

 
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Mouvement d'Action pour la Démocratie et la Paix