L’eau et l’électricité, est-ce une punition ?
Depuis 2003, on ne saura répertorier le paquet de promesses faites par la Société nationale d’Electricité (SNEL). Réhabilitation des turbines de Inga I, tels travaux sur Inga II, renforcement de tel autre centrale et au final, toujours rien. Les poches noires continuent à s’étendre sur l’ensemble de la ville de Kinshasa, miroir de la RDC. Aujourd’hui, aucun quartier de la Capitale n’est épargné. Gombe, Gombele, Kauka, Binza, Salongo, ces quartiers n’ont que l’histoire à raconter sur l’ex stabilité de leur réseau.
Les équipements et des installations n’ont pas suivi, comme si à la SNEL, une société à caractère commercial et social, aucune projection n’est faite pour investir en vue de parer à cette forte demande. Vétustes pour la plupart depuis l’époque coloniale, ces installations et équipements ne permettent plus à certains à s’élancer sur telle ou telle autre affaire. La chaîne de froid est brisée, avec les risques de consommer des produits avariés, les ambitions de monter une petite unité de production sont découragées, etc. Profitant de la situation, des agents de la SNEL se sont illustrés dans le marchandage des délestages au plus offrants. Tel quartier qui a plus de moyens achete son délestage au grand dam des quartiers pauvres.
Faut-il recourir aux groupes électrogènes. A quel coût ? A quel prix de revient ? Avec quelle rentabilité ? Et les conséquences sur l’environnement. Le coordonnateur de l’hygiène pour la ville de Kinshasa, la fumée produite par les groupes électrogènes est aussi nuisible pour l’homme et pour l’environnement.
Bien que la SNEL exporte le courant -les retombées de ces recettes ne sont pas visibles -on ne trouve pas dans le chef de la SNEL des ambitions de fournir le continent. A quel niveau existent des limites ? Est-ce une affaire d’hommes ? Cette difficulté de la SNEL a également des conséquences sur la fourniture en eau. Depuis plus d’une semaine, on voit partout des femmes avec des jerricanes traverser des rues à la recherche de l’eau. Dans une ville gorgée d’eau, comment expliquer cette pénurie ?
C’est ainsi que certaines langues parlent d’une manœuvre du pouvoir pour infliger une punition aux Kinois. Il reste à savoir pour quelle cause. «Merci Seigneur» pour un bus bondé
Avenue Lwambo Makiadi, ex Bokassa, la distance qui sépare l’avenue Funa à Kabinda, il faut s’armer de patience. Jusqu’à 27 minutes, comme chronométré lundi 11 février à 9 heures. Et pour cause, des eaux usées d’une parcelle ainsi que les eaux de ruissellement doublés d’insalubrité et de déficit d’entretien ont détruit la chaussée sur plus ou moins 10 m. Par conséquent, les transporteurs privés qui souhaitent épargner leur véhicule ne reviennent pas sur la trajectoire pour ramasser ceux qu’ils ont amenés au centre ville. Ces derniers, las d’attendre, font les pieds jusqu’à plus de 10 km, pour certains, en vue d’attraper un moyen transport et s’exclamer «merci Seigneur».
On retrouve cette situation d’embouteillage monstre et de routes défoncées sur toutes les directions : Route des Poids lourds, Route de Matadi (actuellement Chaussée Laurent-Désiré Kabila) au niveau de Binza-Delvaux, Av. Komoriko, avenue Université (une illustration de la maffia au niveau de la passation des marchés en RDC), avenue Bongolo, N’djili, route de Mokali, l’avenue 24 novembre, l’avenue des Huileries, etc.
Le ras-le-bol des Kinois
La facilité d’adaptation des Kinois s’apparente souvent à une apathie. Erreur de jugement. La souffrance atteint certains pics et l’explosion sociale est à nos portes. Les gens se comportent comme ayant accepté le suicide. La télévision a trouvé un nouvel exercice : le micro baladeur. Et le ras-le-bol du Kinois ne s’exprime plus à travers la langue de bois. Nombre d’entre eux demandent même la démission des dirigeants, notamment celle du premier ministre Antoine Gizenga, et leur donnent rendez-vous pour 2011.
Selon les observateurs, tous les ingrédients sont réunis pour une explosion sociale. L’effritement du pouvoir d’achat des ménages ne trouve toujours pas de réponse depuis la dernière dévaluation du franc congolais vis-à-vis de sa principale devise de référence, le dollar US, à la veille de la mise en circulation des coupure à valeur faciale élevée (1 000 et 2 000 Fc). Ce sera sûrement la descente aux enfers. Car d’expérience, les billets de 10, 20 et 50 Fc ont très peu de chance de résister à la vague.
Le Révélateur