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Le Gouvernement en guerre contre les Elus et leurs Electeurs Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Ce que l’on vit actuellement au Congo-Kinshasa, c’est un véritable imbroglio politique qu’on ne peut pas exactement bien qualifier puisque constituant un fait nouveau dans les annales des relations entre les institutions de la République.

C’est la presse locale de Kinshasa qui nous en donne la preuve chaque jour avec des feuilletons imaginables et inimaginables dont nous allons essayer de vous relater quelques uns qui défraient la chronique voici plus d’un mois en RDC.

Encore et toujours l’affaire Kahemba

Il vous souviendra qu’il y a quelques mois, la Mission de l’Organisation des Nations Unies au Congo (MONUC) ainsi que la presse étrangère, particulièrement la RFI, étaient les premières à dénoncer l’invention de la République Démocratique du Congo, par la République sœur d’Angola voisin, dont les militaires avaient occupé et occupent encore, une grande partie du territoire congolais de Kahemba, situé dans la province du Bandundu et ce, depuis le début de cette année.

Il y a deux mois, le ministre congolais de l’Intérieur, le Général Denis Kalume Numbi, réagissait vigoureusement contre cette information venant pourtant des sources internationales crédibles.

Mais les réactions contraires sont venues de plusieurs parts et ont fait monter la tension dans l’opinion, surtout de la part des députés nationaux de la province du Bandundu, qui faisait l’objet de plusieurs tirs croisés de leurs électeurs d’hier, désabusés par les affirmations pour eux sans preuves de la part du Gouvernement de la République.

Voilà ce qui va amener l’Assemblée Nationale à diligenter une enquête sur le terrain, ce qui a eu le mérite d’apaiser les esprits déjà fort surchauffés.

Alors que l’organe délibérant n’a pas encore terminé à peaufiner le rapport de ses envoyés, le Gouvernement, encore lui, monte au créneau pour affirmer, après un conseil de ministres présidé par Joseph Kabila lui-même, qu’aucun centimètre carré de la RDC n’était  occupé par l’Angola! (Cfr compte rendu du conseil de ministres fait par le ministre de l’Information, Presse et Communication Nationale, M. Toussaint Tshilombo Send, porte-parole du Gouvernement).

Cette déclaration n’était pas du goût à plaire aux honorables députés qui estiment que le Gouvernement cherche à forcer l’Assemblée Nationale à dénaturer son rapport avant même qu’elle n’ait pas encore fini à traiter le dossier.

Ainsi depuis, c’est un véritable gue-guerre entre les deux institutions qui ne vivent pas aujourd’hui en odeur de sainteté. Pour les élus du peuple, le Président Joseph Kabila et le Premier ministre Antoine Gizenga n’ayant pas été sur le terrain des événements et n’ayant envoyé d’autres enquêteurs, leur prise de position ne s’explique pas et semble cacher bien des choses.

D’où, des tôlés de protestations qui fusent de partout. Toutes les tendances composant l’Assemblée Nationale congolaise ne font que condamner cette attitude pour le moins vicieuse du Gouvernement qui n’est pas de nature à arranger les choses dit-on à Kinshasa.

Guerre contre la décentralisation

La nouvelle Constitution de la République Démocratique du Congo, consacre l’autonomie de gestion de ressources économiques, humaines, financières et techniques des provinces et autres entités décentralisées vis-à-vis du pouvoir central et ce, d’une manière claire et nette comme on peut le constater par les libellés des articles 3, 171 et 204 de la Constitution de la 3ème République.

Mais voilà que devant ces dispositions sans ambigüité de la loi fondamentale, le ministre d’Etat en charge des Affaires Intérieures et Décentralisation, le Général Denis Kalume Numbi, trouve à redire et remet systématiquement tout en cause.

En véritable militaire, le Général ministre continue à donner les ordres au lieu d’interpréter les lois d’une manière erronée. Même quand son collègue du Budget lui fait voir qu’il n’a pas raison quant il approuve les Présidents des Assemblées provinciales en leur disant qu’il était le seul à traiter le problème de la rétrocession de 40% des recettes aux entités provinciales, sujet qui est aujourd’hui au centre de tiraillement entre le pouvoir central et les provinces, rien ne semble pas être compris par le Général ministre qui estime qu’il faut qu’on attende le forum sur la décentralisation qu’il compte organiser avec tous les Gouverneurs des provinces dans trois mois afin de voir l’applicabilité de cette disposition constitutionnelle qui pour lui, n’est pas pressante!

Quand on sait que les entités décentralisées ont besoin de jouir de tous leurs moyens afin de pouvoir réaliser leurs programmes conformément à l’article 204 de la Constitution, il y a de quoi déplorer le comportement du ministre d’Etat Kalume qui met en faux tout le Gouvernement face à toutes les Assemblées provinciales que compte la République.

La RDC se voulant un Etat démocratique, les méthodes pour le moins dictatoriales qu’utilise ce ministre d’Etat sont condamnables et il serait souhaitable que qui de droit rappelle l’intéressé à l’ordre. Sinon, il serait utopique de parler démocratie au Congo-Zaïre quant il n’y a pas respect des textes des lois qui régissent le pays.

Une autre violation de la Constitution: la C.E.I.

Si dans les deux premiers cas cités haut, le Gouvernement est en guerre contre l’Assemblée Nationale dans le cas Kahemba, et contre les 11 Assemblées provinciales dans le cas relatif à la rétrocession des 40% des recettes aux entités provinciales; dans ce troisième cas, le Gouvernement est face à face à toutes les institutions ci-haut citées et plus, avec le souverain primaire qui ne comprends rien du jeu que l’on joue dans cette affaire.

En effet, au terme de la Constitution de la République, toutes les institutions citoyennes d’appui à la transition, devaient survivre jusqu’à l’installation du nouveau Parlement devenue effective avec l’installation du bureau définitif du Sénat il y a peu, avant d’être dissoute de plein droit conformément à l’article 222, alinéa 2 de la nouvelle Constitution. Ce qui veut dire, de manière automatique et sans condition ni formalités.

C’est dans cette vision des choses qu’on a vu le ministre de l’Information et Presse, annuler purement les décisions prises par la Haute Autorité des Médias (HAM), contre certains journalistes et organes de presse.

Mais, on ne comprend pas pourquoi le ministre de l’Intérieur, là où il est dans le bon, il n’agit pas et laisse l’Abbé Appolinaire Malumalu Muholongo continuer à agir au nom de la Commission Electorale Indépendante (C.E.I.) alors que celle-ci, n’a plus d’existence juridique au jour d’aujourd’hui!

Que l’ancien Président de la CEI annonce officiellement le 03 mai dernier que les élections municipales et locales n’auront pas lieu en 2007, cela a surpris tout le monde d’autant plus que l’Abbé Malumalu n’a plus qualité d’engager la CEI aujourd’hui.

Mais de bouche à l’oreille, on chuchote que le ministre d’Etat Kalume laisse faire puisqu’il ne voudrait pas nuire aux intérêts de quelqu’un de sa coterie tribale en la personne de l’Abbé Malumalu.

Allez y comprendre quelque chose? On sacrifie les intérêts de tout un pays pour faire plaisir à un individu pour des raisons sentimentales!

Devant ce chapelet de violations de la loi fondamentale manifeste, peut-on parler démocratie et bonne gouvernance au Congo-Kinshasa? La réponse pour nous est négative jusqu’à preuve du contraire. Ainsi donc, le Gouvernement du Congo Démocratique est en guerre contre les Elus du peuple nationaux et provinciaux, partant, contre le peuple, véritable détenteur du pouvoir qu’exerce le Gouvernement par délégation.

N’est-ce pas un mauvais présage pour l’avenir de ce pays qui ne fait que tâtonner plus de 45 ans après son accession à sa souveraineté nationale? Qui vivra verra car, cette guerre peut avoir une mauvaise tournure d’ici là.

Richard Kabamba

 

 
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