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Bulletin d'alerte de Madp 002/07/03ss Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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En ce moment où la communauté internationale célèbre la Journée Mondiale de l’eau,  la République Démocratique du Congo se vide des attributs d’un Etat moderne. Tout ce qui reste dans ce deuxième poumon mondial de la biodiversité et ressources naturelles rares, se réduit à son redoutable appareil policier de répression forgé contre son peuple essoufflé par une misère écrasante.
Alors que l’ex-Zaïre ne garantit pas la sécurité de ses citoyens; première des libertés qui ne peut être bâillonnée dans le sang comme lors des derniers événements de triste mémoire qui se sont produits du 31 janvier au 1er février 2007 dans la province du Bas-Congo; Joseph Kabila vient de faire allumer un nouveau foyer de violences, tel un pyromane, l’occupation du territoire de Kahemba dans le sud-ouest de la RDC par des Forces Armées Angolaises.

Bien que revendiquant à leur allié au pouvoir à Kinshasa ce qu’elles pensent être de leur droit que le commun de mortels ignore encore, Ces forces occupantes violent en flagrance le droit international en matière de l’intangibilité des frontières héritées de l’époque coloniale, qui garantit la stabilité des Etats résolus dans le cadre de l’ONU, à la cohabitation pacifique en vue de préserver les générations futures des barbaries de la guerre.
En effet, onze localités de Kahemba, district de Kwango dans la province de Bandundu,  au sud-ouest de la RDC, sont sous occupation irrégulière des forces gouvernementales de la République d’Angola. L’Etat agresseur est l’un des pays voisins de la RDC, qui avaient apporté entre 1996-1997, le soutien militaire à l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL) du défunt M’Zee Laurent Désiré Kabila, président autoproclamé en RDC le 17 mai 1997 après une victoire militaire de la dictature éhontée de Mobutu.
Ce deuxième tyran de l’ex-Congo-Belge, mort sang sur les mains à l’instar de son prédécesseur, le Maréchal Mobutu Sese Seko qu’il avait chassé du pouvoir après plus de trois décennies de règne sans partage, avait été assassiné le 16 janvier 2001 dans les conditions impliquant ses anciens alliés, notamment l’Etat angolais, les puissances étrangères ainsi que son successeur qui règne au Congo-Kinshasa jusqu’à ce jour.
Contrairement au démenti gravissime du gouvernement de Kinshasa, lequel résulte d’une haute trahison dans le chef de son auteur le Général Kalume ministre en charge de l’intérieur, il ressort des rapports des partenaires du Madp sur terrain et autres sources de la haute sphère politique en RDC que le territoire de Kahemba est coupé du reste de la RDC depuis le 29 janvier 2007 et reste bel et bien sous contrôle des forces gouvernementales du président Eduardo dos Santos d’Angola.
Cependant, il est plus qu’exigible pour le respect aux filles et fils du Congo que le Général Kalume prétend servir avec dignité et honneur en tant que ministre, de démissionner de ses fonctions pour avoir usé du mensonge comme instrument de communication politique avec le souverain primaire qui a pourtant consenti des sacrifices énormes pour former cet officier supérieur d’armée, rendu inconscient par le pouvoir de la corruption, au point de ne plus comprendre militairement : qu’à l’analyse des données lui communiquées par ses services et qui corroborent avec les détails repris dans les rapports de partenaires du Madp, il se confirment vraisemblablement la progression en projet des troupes angolaises vers Tshikapa, Luiza, Kasongo Lunda, Dilolo, Songololo…
Pour enfin lever tout autre équivoque au sujet de cette nouvelle crise, la communication à la presse des députés du Kwango précise qu’après leur descente sur le terrain à partir de Dundo, chef-lieu de la province de Lunda Norte en République voisine d’Angola, dans le cadre de la commission mixte RDC-Angola pour vérifier les allégations de l’incursion de l’armée angolaise sur le sol congolais, il a été fait le constat suivant :
-    11 villages du territoire de Kahemba ci-après sont occupés : Shakadiata,   
      Shahono, Shahingi, Kabengele, Shamufuka, Kambangunzi, Tshakala,   
      Shayimbwanda, Shahidi, Kalumbandi et Shashindingi; des éléments lourdement armés de la police angolaise y sont présents avec  des matériels militaires de transmission autour des bivouacs militaires à côté d’une borne implantée en 1972 par un géologue américain dans le seul but des recherches minières.
Une piste d’atterrissage pour hélicoptères y a été aménagée et le drapeau angolais est hissé ;
le terrain en lui-même offre le spectacle d’avoir été le théâtre d’intenses activités militaires et de grands travaux de déblayage récents ;
les occupants des villages sus-évoqués ont été déplacés de force pour être  repoussés davantage à l’intérieur du territoire congolais, abandonnant derrière eux leurs biens et en s’exposant à la famine, à des maladies diverses, à la déperdition scolaire et à toutes sortes de calamités dans la brousse ou la forêt ;
des hommes et des femmes déplacés de leurs villages sont sortis de la brousse pour se confier à la mission conjointe en terme de plaintes.
 
Le Madp rappèle que le territoire de Kahemba qui fait l’objet de cette nouvelle crise, est réputé pour ses viabilités économiques, notamment la fertilité de son sol qui est en plus l’un des riches pools d’exploitation artisanale du diamant de joaillerie en RDC. Ses ressources naturelles aux potentialités sous-exploitées ont permis à cette partie de la RDC, l’éclosion des opportunités de développement économique et social de la contrée devenue par le fait, un carrefour important d’activités commerciales de subsistance et  d’échanges illicites pour la plupart avec les provinces frontalières de la République populaire d’Angola.
En tant que militants de la démocratie et la paix, la sonnette d’alarme que vient de tirer le Madp, est un drapeau blanc agité pour appeler l’attention des pays épris de paix et de justice afin d’éviter tant soit peu aux populations gouvernées par défi, l’escalade des nouvelles violences meurtrières aux conséquences humanitaires graves comme celles auxquelles avait été confronté le Liban, envahi par l’Etat hébreux l’année dernière, alors que le pire aurait pu être épargné dans l’intérêt supérieur de ces deux peuples.    
L’incursion par Kahemba sur le sol congolais est considérée par le Madp comme étant premier pas d’une vaste campagne d’envahissement du territoire national congolais par l’armée régulière de la République d’Angola.
Etant donné que le Madp n’a pas encore saisi la logique réelle qui guide Kabila et son entourage, plusieurs questions se soulèvent à savoir : - quelle est la nature des contrats secrets que Kabila a signé avec ses anciens et nouveaux alliés? - la RDC n’a-t-elle pas le droit de défendre l’intégrité de son territoire? Dans l’affirmative, pourquoi donc ne le fait-elle pas ?  - qu’est-ce que l’Angola réclame réellement  à la RDC ? - pour quelle raison les anciens alliés de la dynastie Kabila agressent-ils la RDC ?  les considèrent-ils comme un bien sans maître dont il suffit d’attaquer avec une poignée des hommes armés pour en devenir propriétaire ? – pourquoi faudrait-il alors mentir à un peuple paupérisé par la dictature qui n’en finit pas ; un peuple pris en otage et meurtri par l’usage toujours disproportionné de la force lorsqu’il est en droit de réclamer ses droits, son droit à la vérité ?
Dans le cadre des consultations des différents acteurs intéressés à la situation de la RDC, en vue d’y faire triompher la démocratie et la paix, les interrogations reprises ci-haut ont inspiré le Madp à proposer un échange d’avis sur la nécessité de l’organisation d’une conférence internationale sur le Congo-Belge afin d’y débattre les questions de fond qui permettrons le retour à la paix durable en RDC et la démocratie en panne depuis le coup d’Etat de mai 1965.
Néanmoins, le Madp alerte la communauté tant nationale qu’internationale du danger actuel qui vient d’élire domicile à l’ouest de la RDC, par la turpitude politique doublée du manque du sens élevé de l’Etat, de la part de l’homme fort de Kinshasa.
Face à l’impuissance et la politique d’immobilisme justifiées par les anciennes méthodes longtemps dénoncées et décriées, mais qui caractérisent encore le gouvernement et ses chefs, notamment en ce qui concerne cette invasion de l’armée angolaise, Joseph Kabila s’étant détourné de Luanda au profit des tanzaniens qui assurent aujourd’hui sa sécurité au mépris de celle des congolais qui ont cru rompre avec le despotisme aveugle qui favorise le délit des droits de l’homme ; le Madp émet des fortes craintes que la RDC reprenne les cycles des violences infligés aux populations civiles pendant la guerre aux causes variables qui a déchiré le Nord et l’Est du pays en sphères d’influence entre les rébellions soutenues par les rwandais, les ougandais et les burundais.

Sur cette liste, il a fallu ajouter l’Angola en attendant que la Namibie, l’Erythrée, la Tanzanie et le Zimbabwe…disent chacun son dernier mot si les termes de leurs contrats respectifs ne seront pas respectés par l’ex-officier formé en Chine.
La responsabilité de Kabila dans cette crise est avérée. Son silence dévoile la duplicité d’un homme arrivé à la croisée des chemins, ne sachant ni sa destination réelle ni les moyens dont il faudrait se doter pour amorcer l’un de trois axes qui s’imposent devant lui, à savoir : la nécessité urgente d’une politique de relance économique, la sécurité des citoyens et de leurs biens et enfin la défense de l’intégrité territoriale nationale, qui sont des priorités de l’heure.
Mais comment Kabila va-t-il s’y prendre étant pris dans son propre piège ?  
Quand donc videra-t-il le contenu secret des contrats qui le lient à ses alliés qui l’ont fabriqué ?
Certes, cette tâche est rude et complexe mais elle mérite d’être assumée par lui pour sauver un Etat qui voudrait bien se débarrasser non seulement de ses alliés affairés  mais aussi de lui-même, et très vite.
N’ayant pas d’issues pour  s‘en sortir outre mesure, n’est-il pas donc sage de quitter les bonnes choses avant que celles-ci ne puissent le quitter en laissant aux  plus vertébrés que lui d’œuvrer en vue de garantir au pays un avenir digne ?

L’on se souvient que les gouvernements de Kigali et celui de Luanda avaient respectivement soutenu la rébellion de Laurent Désiré Kabila. Le premier cité avait objectif stratégique de venir à bout de la menace des hutus réfugiés au Congo en 1994 après le génocide et la prise du pouvoir par les tutsis au Rwanda. Et l’Angola était déterminée de parvenir à l’encerclement des forces rebelles de l’UNITA, l’armée angolaise ayant à l’époque intensifié ses opérations après la tentative avortée de la prise de Kuito par les rebelles, menée sous les ordres du général Altino Sapalo «Bock».

Le docteur Jonas Savimbi, ennemi politique du régime fort de l’ex-colonie portugaise, s’était alors replié dans le centre et le sud de l’Angola à la frontière du Zaïre, où avec l’aide de soldats sud-africains et d’armes américaines, il avait organisé la guérilla. A l’instar du Général Kagame, président d’origine tutsie dit modéré, le chef du mouvement rebelle « UNITA » se présentait à l’époque comme étant un défenseur de la démocratie et un rempart contre le communisme, les Soviétiques et les Cubains.

Mais après l’effondrement de l’Union soviétique, le gouvernement angolais avait laissé tomber les théories marxistes pour se rapprocher des Etats-Unis, incitant les compagnies pétrolières américaines à investir des milliards de dollars dans le pays. Etant donné le devoir de solidarité pour la cause du bloc capitaliste attachant Mobutu à Savimbi tous décédés, plusieurs points frontaliers à l’Angola, avaient été ciblés par le MPLA au pouvoir comme faisant partie des réseaux d’acheminement des armes et munitions pour le compte de l’UNITA. Le territoire de Kahemba était l’un des postes frontaliers congolais les plus visés, raison pour laquelle il avait bénéficié à l’époque du privilège de la garde assurée exclusivement par les éléments de la division spéciale  présidentielle ; la redoutable DSP.

Toutefois, cette raison ne saurait à ce jour justifier à elle seule, l’incursion des forces armées angolaises sur le territoire congolais si ce n’est que le fait d’un contrat secret mal rempli par l’une des deux parties représentée ici par la personne de Joseph Kabila.

Puisque les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’espoir d’un Congo prospérant à tous égards  et sécurisé sur l’ensemble de son territoire, ne peut être aucunement placé en ce jeune Kabila débordé, à cours des stratégies imaginaires et politiquement irréalisables.

L’ex-Général Major apparaît au jour d’aujourd’hui comme par le passé sous sa vraie face d’obstacle non seulement certain mais aussi majeur au retour à la paix en RDC à l’instar de Jonas Savimbi dont la mort avait ouvert selon ses anciens alliés et observateurs avertis, la voie à une paix durable en Angola où la guerre civile faisait rage, avec des interruptions, depuis 27 ans.
L’hostilité que nourrissait Jonas Savimbi envers le président Jose Eduardo dos Santos, au pouvoir depuis 1977, avait en effet frustré à plusieurs reprises les efforts de la communauté internationale pour mettre fin au conflit qui avait coupé le pays en deux parties. Trois accords de paix avaient échoué successivement avant de rompre peu à peu les ponts avec l’ancien protégé des Etats-Unis d’Amérique devenu un obstacle à la paix en Angola.
Ce cas de figure comme celui concernant le maréchal Mobutu ne relèvent pas du domaine de la science fiction, mais plutôt de celui de la réalité vivante pour servir de réveil au bébé politique qui sommeille en Joseph Kabila pendant ce moment où les parents responsables devraient s’employer à bâtir pour la famille une nouvelle maison, un pays ; la RDC sans qu’ils ne soient perturbés dans leur démarche par les effets d’un apprentissage politique  déficitaire acquis qui fait perdre trop de temps à l’avancement du chantier.
A ce jour, en dehors de la situation générale du pays qui s’est encore dégradée : carence d’eau potable à Kinshasa, les délestages intempestifs en fourniture d’énergie électrique, l’insalubrité publique, les maladies chroniques et l’accès aux soins de santé primaire, la quasi inexistence du réseau routier urbain qui ralentit le déplacement motorisé déjà difficile de la population, le système d’enseignement en déshérence, les violations de droits et libertés fondamentaux érigées en coutumes…., il ressort des rapports sur l’incursion de l’armée angolaise sur le sol congolais, que plusieurs crimes et autres violations des droits de l’homme sont signalées dans ce territoire occupé et leurs auteurs sont comme dans le cas de l’Est du Congo, les hommes armés des forces étrangères. Les violences qui y sont enregistrées sont d’une caractéristique rare. Elles vont de l’expropriation des biens de la population forcée à se déplacer, le viol des femmes et filles et aux tueries spectaculaires des autochtones ou commerçants, qui visent de briser toute résistance à l’occupant.   
A l’évidence de ce qui précède, conscient que le sous-développement dont souffre la RDC est la cause première des violations de droits de l’homme ; principes directeurs de ce 21ième siècle d’un monde déjà en ébullition, le Madp lance un appel pressant à la communauté tant nationale qu’internationale pour exercer une pression appuyée et concertée afin de persuader Joseph Kabila à se décharger de ses fonctions de président de la République du Congo, étant donné qu’il constitue pour ce pays et la région des grands lacs, un obstacle certain pour le retour à la paix dans cette partie de l’Afrique subsaharienne.
La responsabilité qui est la sienne dans cette incursion par l’armée angolaise qui peut embraser tout le Congo voire les pays de la communauté des grands lacs déjà en proie à la violence, résulte des engagements pris à titre personnel avec ses alliés qu’il multiplie et promet sol et sous-sol du Congo comme si c’était une propriété privée.
Afin d’éviter une nouvelle catastrophe humanitaire aux populations déjà classées en état d’extrême pauvreté, il est donc plus urgent de mettre en œuvre tous les mécanismes d’usage pour éteindre le feu de l’ennemi de la paix au Congo.
Ceci aura pour impact majeur de permettra à l’ex-Zaïre de se mouvoir de son immobilisme politique dans lequel Joseph Kabila le maintient, étant à cours de stratégies et capacités nécessaires pour consolider la soit-disant démocratie encore fragile.  

Fai à Genève, le 21 février 07


Pour le Madp


Richard kabamba                                                      A. Lubukay Wabobo

         Président                                                                    Secrétaire Général

 
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