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Selon l’avocat congolais Ngondankoy Nkoy ea Longya, le communiqué final signé mercredi par le chef de la diplomatie congolaise et son homologue angolais est « nul et non avenu » au motif qu’il viole l’article 214 de la Constitution de la RD Congo. Sur le « Net », des internautes accusent le ministre Denis Kalume Numbi d’avoir « vendu » le pays. Joseph Kabila, lui, est accusé de « haute trahison ». Le Congrès mondial des Congolais de l’étranger a prévu des sit-in devant les représentations diplomatiques angolaises. « Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n’est valable sans l’accord du peuple congolais consulté par voie de référendum », tel est le prescrit du dernier alinéa de l’article 214 de la Constitution promulguée le 18 février 2006. Arrivé à Kinshasa mardi 12 mars à la tête d’une forte délégation de treize personnes - composée notamment du ministre de l’Intérieur Monteiro Roberto, des chefs d’état-major des armées et de la police angolaise, le ministre angolais des Affaires étrangères, Joâo Bernardo Miranda a rejeté « catégoriquement » les accusations de la RD Congo au sujet de l’occupation de 13 localités dans le territoire de Kahemba, dans la province du Bandundu. Miranda considère le différend territorial sous examen comme un « malentendu déplorable ». Une « incompréhension ». La délégation angolaise a gagné la première manche dans la mesure où les autorités de Kinshasa, par la bouche du ministre de l’Intérieur, ont reconnu, au grand dam de la population congolaise, que les localités occupées par les soldats angolais sont bel et bien angolaises. Autrement dit, ce sont les Congolais qui avaient investi une portion du sol angolais. Inimaginable. Le ministre Denis Kalume a pris l’engagement de procéder à l’identification de ces nationaux. On notera que le ministre Miranda a donné à ses interlocuteurs congolais une leçon de diplomatie et d’histoire en rappelant « les bonnes relations d’amitié dont ont fait preuve les présidents Joseph Kabila et Eduardo Dos Santos ». Et de souligner au passage la réalisation en 1922, le long de la frontière entre les deux pays, longue de 2.511 km, de 112 bornes dont une quarantaine est située à la frontière commune entre les provinces de Bandundu et de Lunda Norte. Revenant sur l’occupation, le diplomate angolais a estimé que les forces de police déployées sur les 13 villages disputés l’ont été uniquement dans le cadre de la « réorganisation des frontières angolaises ». Il ne s’est pas privé au passage le plaisir de fustiger « la mauvaise interprétation » de la partie congolaise de la borne 21 située à Dembo. Notons que dans son mot d’introductif, le ministre congolais des Affaires étrangères, Antipas Mbusa Nyamwisi s’est contenté d’admirer l’effort consenti par le pays de José Edouardo Dos Santos dans le processus de normalisation politique en RD Congo. Pour lui, « la présence à Kinshasa de la délégation angolaise témoignait de la bonne volonté des deux gouvernements de consolider les bonnes relations entre les deux pays ». Aussi, a-t-il pris l’engagement de « tout mettre en œuvre » afin de trouver une « solution à l’amiable », au sujet de Kahemba « en tenant compte » néanmoins « du principe sacré de l’intangibilité des frontières ». Haute trahison Les propos tenus par Kalume Numbi selon lesquels les villages occupés appartiennent à l’Angola ont fait l’effet d’une bombe. La déflagation n’a pas encore produit ses dégâts. En attendant, les réactions fusent. Dans un communiqué publié jeudi 15 mars, le Congrès mondial des Congolais de l’étranger annonce l’organisation des sit-in devant les représentations diplomatiques angolaises « à travers le monde ». Il est difficile d’exclure des incidents lors de ce genre de démonstration entre Congolais et Angolais vivants à l’étranger. Une Congolaise vivant aux Etats-Unis écrit à Congoindependant : « Les Angolais, note-t-elle, se moquent de nous. Une dame angolaise a réagi en disant que si les médecins congolais prennent en otage les mamans qui accouchent et qui n'arrivent pas à payer les frais pourquoi ne pas occuper Kahemba. Nos voisins profitent de nos faiblesses ». Et d’ajouter : « Ce manque de leadership a tous les niveaux de l’Etat fait que le pays a perdu toute dignité. Le communiqué final lu par notre Ministre des Affaires et celui de l'Angola prouve que l'Angola se voit dans une situation légitime ». La compatriote fustige « l’indolence » du Premier ministre Antoine Gizenga avant d’inviter les députés originaires du district de Kwango « de réagir en conséquence ». « S'ils se laissent prendre dans le sale jeu de Joseph Kabila, mobilisons-nous et réclamons tous leur départ », conclut-elle. Sur le « Net », des dizaines d’internautes accusent le ministre de l’Intérieur d’avoir « offert» une portion du territoire national à l’Angola. « Kalume akabi mboka… », peut-on lire en lingala. D’autres internautes vitupèrent la « duplicité » de Joseph Kabila. Dans une tribune publiée dans la rubrique « Opinion & débat » de Congoindependant, l’avocat Ngondakoy Nkoy ea Longya rappelle notamment que l’article 214 de la Constitution stipule notamment que « nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n’est valable sans l’accord du peuple congolais consulté par voie de référendum ». Le juriste stigmatise la responsabilité du Président de la République « qui, en vertu de l’article 69, alinéa 3 de la Constitution, est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire (et) de la souveraineté nationale… ». Selon lui, « Si par son silence ou par son « encouragement », ainsi qu’il en ressort des termes mêmes du Communiqué, le Président de la République a favorisé ou facilité cette cession sournoise du territoire, il tombe sous le coup des articles 164 et 165 de la Constitution qui organisent et répriment l’infraction de haute trahison ». Selon l’article 165 de la Constitution, « Il y a haute trahison », « lorsque le Président de la République a violé intentionnellement la Constitution ou lorsque lui ou le Premier ministre sont reconnus auteurs, co-auteurs ou complices de violations graves et caractérisées des droits de l’homme, de cession d’une partie du territoire ». B. Amba Wetshi (avec ACP)
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