 C’est reparti. Toutes ces nouvelles critiques sur Tshisekedi, sonnant un peu comme un appel du pied au Vieux, laissent entendre que la situation n’est plus tenable au Congo alors que toute leur mise était basée sur celui qu’ils se plaisent à nommer Kabila et sur cette autre bande des jeunots à sa garde. Désormais, tout peut arriver. Tout est à même de basculer, le contrôle du Congo pourrait leur échapper s’ils n’arrêtent pas à temps la colère annoncée d’un peuple longtemps trahi, mais encore et toujours sur ses gardes, et sur qui Tshisekedi a toujours compté pour que celui-ci, le peuple, reprenne ses droits sur l’ensemble des vautours qui rôdent autour de lui. L’échec prévisible de Kabila et des autres grands enfants font entrer le Congo dans une incertitude.
Comme par le passé, et comme sous Mobutu, les mêmes metteurs en scènes reviennent en force. Ils ont besoin d’un Tshisekedi fort, puissant et populaire dont la mission serait, à leurs yeux bien sûr, de décanter la situation devant une impasse qu’ils ne sauraient résoudre autrement. Ils affirmes sans ambages que Tshisekedi serait fini pendant qu’il lui demande de l’autre côté de composer avec les autres, (mais qui sont ces autres ?), non pour laisser Tshisekedi gouverner le pays, nous ne sommes pas non plus naïfs à ce point, le pouvoir ne se donne pas sur un plateau d’argent, mais pour qu’ils s’en servent comme un marche pied en vue d’atteindre leurs objectifs notamment la reconquête du Congo. Pourquoi ceux qui déclarent que Tshisekedi est fini ne peuvent pas arracher seuls le pouvoir convoité sans qu’ils fassent d’une manière ou d’une autre appel à lui ? Ils lui demandent de se dépasser, de se faire violence, c’est-à-dire de se laisser gérer par eux. Ils n’hésitent pour ce faire de mettre en perspective les erreurs politiques de Tshisekedi comme si on leur avait dit que Tshisekedi cessait d’être humain. Voilà des gens qui n’ont jamais compris Tshisekedi, qui n’ont jamais fourni un effort pour le comprendre, saisir son combat, le sens de son combat, le pourquoi il se bat. Il est vrai que Tshisekedi appartient non à l’UDPS mais aux Congolais et au Congo qui se reconnaissent en retour à travers sa lutte. Nous ne cesserons de l’affirmer que le combat de Tshisekedi est loin d’être celui de la conquête de pouvoir pour le pouvoir, mais de la libération d’un peuple, nous osons plutôt prendre le risque de parler en termes de « révolution » en lieu et place de libération. Une révolution mentale pour que des experts d’où qu’ils viennent ne fassent plus avaler à ce peule n’importe quelle couleuvre. C’est un combat d’une vie, de toute une vie, une révolution de mentalité. Et au-delà d’une simple jouissance matérielle, il est une quête d’identité, l’identité congolaise à bâtir. Cette route est parsemée d’embûches. Elle va au-delà du facteur temps. Le peuple est pressé, mais son éducation est intemporelle. La vie de Tshisekedi ne vaut rien face au bonheur et à l’affirmation de son peuple dans le concert des nations. La vie passe. Pour certains, elle est courte. C’est pourquoi ils doivent jouir. Par contre, il existe une éternité qui se nomme le renom, la réputation et l’histoire. Nous nous inscrivons dans la durée. Et au peule de décider. L’heure de la révolution a sonné où une rue « contrôlée » doit prendre la relève. Et la rue n’a pas de chef. Beaucoup craignent sa dictature parce qu’ils perdront leur bifteck. N’est- ce pas Franz Fanon qui déclarait que « L’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette se trouve placée en République Démocratique du Congo » ? Il reste à ceux qui sont devenus « Congolais » par le concours de l’histoire de pousser sur la « gâchette » pour faire rêver la jeunesse africaine. Libérons-nous de nos pesanteurs. Mufoncol Tshiyoyo |