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Les observateurs du Centre Carter ont estimé dans un communiqué publié samedi soir que le processus de compilation des résultats n’était « pas crédible ». Mais l’ONG de l’ancien président américain Jimmy Carter a évité de conclure que les irrégularités relevées suffisaient à remettre en cause l’arrivée en tête de la présidentielle du 28 novembre du président Joseph Kabila. La Commission électorale (Céni) a annoncé la victoire de M. Kabila avec 48,95 % des voix contre 32,33 % à l’opposant Etienne Tshisekedi, qui a rejeté ces résultats et s’est autoproclamé « président élu » de la RD Congo. Après deux jours de violences qui ont fait au moins quatre morts à Kinshasa, la situation y était plus calme dimanche. Les 70 observateurs du Centre Carter ont noté des « irrégularités graves » dans le fonctionnement des Centres locaux de compilation (CLCR), chargés de rassembler les résultats des quelque 64.000 bureaux de vote répartis dans 169 circonscriptions. Le processus de compilation s’est avéré particulièrement problématique à Kinshasa, favorable à M. Tshisekedi, et Lubumbashi (au Katanga, sud-est), où M. Kabila a fait des scores très élevés. Selon le Centre Carter, « les déficiences généralisées se sont déclinées à l’extrême dans ces deux sites ». Dans la capitale, « près de 2.000 plis de résultats de bureaux de vote ont été perdus (représentant à peu près 350.000 électeurs) et ne seront jamais comptés », ainsi que 1.000 autres plis perdus dans le reste du pays (environ 500.000 électeurs), révèle l’ONG. Les résultats de la Céni « relèvent plusieurs données qui manquent de crédibilité », particulièrement au Katanga.
Quand Kabila récolte 100 %... L’ONG cite le cas de la circonscription de Malemba-Nkulu, où tous les 493 bureaux de vote ont été pris en compte, le taux de participation est de 99,46 %, et M. Kabila totalise 100 % des voix. Dans de nombreux bureaux du Katanga, M. Kabila récolte 100 % des voix, avec des taux de bureaux compilés et de participation très hauts. En revanche, à Kinshasa notamment, les taux de compilation et de participation sont souvent plus faibles. Dans la province du Kasaï occidental, où M. Tshisekedi a souvent obtenu des très bons scores, « dans 11 des 12 CLCR le taux de participation était inférieur à la moyenne », qui a été de 58,81 %. Le Centre Carter a observé dans plusieurs CLCR des sacs de bulletins « empilés dans tout espace disponible ou renversés sur le sol où ils étaient piétinés ». Afp |