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 Mr Floribert Chebeya, was Executive Director of the Kinshasa-based organisation: "La Voix des Sans Voix" VSV (Voice of the Voiceless).  Inimaginable. Impensable. Révoltant. Floribert Chebeya Bahizire, directeur exécutif de l’association de défense des droits de l’Homme «La Voix des Sans Voix» (VSV) est mort. Il a été abattu. Qui a commandité cet homicide qui ressemble fort à un assassinat? Qui a appuyé sur la gâchette de l’arme qui a ôté la vie à ce patriote? Pourquoi? Il faut espérer que les autorités politiques et judiciaires mettront tout en œuvre pour donner des réponses à toutes ces interrogations. Aucune formule du genre «l’enquête est en cours» ne sera admise. L’opinion doit connaître la vérité. Toute la vérité. Les responsabilités devront être déterminées. Les Congolais doivent sortir de leur torpeur. Ils doivent se libérer de la peur en organisant des manifestations afin que cesse l’impunité. Trop, c’est trop !
Défenseur acharné des droits et libertés, Floribert avait une conception toute sacerdotale de son combat. Un combat pour la justice. Un combat pour le respect de la vie et de la dignité de la personne humaine. Homme de convictions, il avait fait de la défense des «faibles» sa raison de vivre. Toute personne brimée par les forces dites de sécurité n’était pour lui qu’une «victime». Peu importe sa classe sociale, ses origines ethniques et ses convictions politiques ou philosophiques. Contrairement à certains de ses pairs, Chebeya a résisté jusqu’au bout aux intimidations mais aussi à l’argent. Il menait une vie faite de simplicité.
En vérité, Chebeya Bahizire dérangeait. Il dérangeait particulièrement les prédateurs des droits humains. Outre la Présidence de la République, ceux-ci sont tapis dans les services de renseignements civils (ANR) et militaires (Demiap) mais aussi dans la police nationale et dans la garde prétorienne de Joseph Kabila.
Démocrate convaincu, Chebeya ne cachait pas tout le mal qu’il pensait de la tournure despotique prise par le pouvoir kabiliste alors que les Congolais escomptaient - à travers les élections générales de 2006 - l’avènement d’un pouvoir politique vertueux, juste et humain. Bref, un Etat de droit. Le massacre des adeptes du mouvement politico-religieux «Bundu dia Kongo» l’avait profondément choqué. Il en est de même du silence de la «communauté internationale» face aux excès du pouvoir kabiliste. Activiste des droits de l’Homme, Floribert regrettait de ne plus trouver la même écoute auprès de certaines chancelleries occidentales sous prétexte que l’heure était à la "stabilisation".
La mort de Floribert vient soulever une question cruciale : Où va la RD Congo? Ce pays est en perdition. La population est prise en otage par une oligarchie maffieuse. Une oligarchie brutale et intolérante, prête à tout pour garder le pouvoir pour le pouvoir. Il est désormais clair que ce pays est devenu une jungle où des bêtes féroces, déguisées en hommes d’Etat, se sont arrogés le droit de vie et de mort sur les autres. Ceux qui ont engagé le redoutable pari de tuer Chebeya ne tarderont pas à réaliser qu’ils ont commis l’assassinat de trop… Baudouin Amba Wetshi |