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Dépendance et mauvaise gouvernance Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Une dépêche de l’agence presse associée (APA), datée 22 janvier, rapporte que «l’Union Européenne vient de consentir une enveloppe de six millions cinq cent mille USD (6.500.000) pour soutenir certains projets en faveur» des Forces armées de la RD Congo (FARDC). Cette information a été donnée par le général Jean-Paul Michel, commandant de l’EUSEC (Mission de conseil et d’assistance de l’UE en matière de réforme du secteur de la sécurité au Congo), à l’issue d’un entretien avec le ministre congolais de la Défense nationale, Charles Mwando Nsimba.

Il y a six jours, soit le 16 janvier dernier, les Congolais apprenaient, via un communiqué - revêtu de la plus belle signature de leur ministre de la Communication et des médias - que «sur instruction» de Joseph Kabila «le gouvernement de la République vient de décider une contribution de solidarité" au peuple haïtien "de 2.500.000 USD qui viennent d’être mise à disposition dans le cadre des efforts de secours mis en œuvre par le secrétariat général des Nations Unies.»

Ainsi donc le Congo dit démocratique du «raïs» est prêt à tendre la main pour recevoir une «misérable obole» de 6.500.000 USD alors qu’il vient de débourser quasiment la moitié de cette somme au titre d’«aide d’urgence» à apporter au peuple haïtien ? Comment peut-on jouer au riche bienfaiteur d’un côté tout en implorant la charité internationale de l’autre? Comment est-ce qu’un chef d’Etat peut se croire en droit d’aller au secours d’autres peuples pendant que le sien propre est loin de satisfaire ses biens les plus essentiels à savoir, boire et manger ?

Depuis l’accession de la RD Congo à l’indépendance, les dirigeants zaïro-congolais ont élevé la dépendance au rang de «stratégie de développement». Les «vieux» tout comme les «jeunes» politiciens ne rêvent que de la «consolidation» des relations avec les «partenaires traditionnels» du pays pour obtenir l’intensification de l’«aide». Une aide étrangère qui n’a jusqu’ici permit à aucun pays du continent noir à prendre son envol économique et social. C’est à croire que les Congolais – petits ou grands – ont été formatés dans ce qu’il faut bien appeler la «culture de la dépendance». Pas de salut, sans aide extérieure.

On ne cessera jamais de stigmatiser, en guise d’illustrations, le voyage effectué à Bruxelles par le ministre des Transports et communications d’alors en vue de signer avec la partie belge un accord d’un montant d’un million d’euros destiné à la réhabilitation des ports de Kinshasa et de Matadi. C’était en 2005, sous l’empire du régime «1+4». Pendant ce temps, chacun des quatre vice-présidents percevait un traitement mensuel de 200.000 USD. Le président de la République, lui, disposait, pour cette année là, d’une «liste civile» évaluée à 17 millions USD. Sans oublier ses 500.000 USD/ mois au titre de «fonds secret». On pourrait aussi épingler l’intervention du ministère belge de la Coopération au développement pour permettre à la Banque centrale du Congo de faire imprimer les grosses coupes de la monnaie nationale. Montant de l’aide : 1.400.000 euros.

Depuis un demi-siècle, le Congo-Kinshasa a été littéralement gavé par une aide étrangère multiforme. Pour quels résultats ? La réalité est là : l’homme congolais est toujours incapable de manger à sa faim, de satisfaire ses besoins en eau potable, de se loger, de se soigner et de s’éduquer dans les meilleures conditions.

En acceptant une aide de 6.500.000 USD de l’Union européenne pendant qu’elles donnaient aux Haïtiens une «offrande» d’un import de 2.500.000 USD, les autorités congolaises n’ont-elles pas mis le doigt, malgré elles, sur l’épicentre du «mal zaïro-congolais»?

La RD Congo dispose de tous les atouts pour retrouver le chemin de la relance économique. Elle doit pour se faire commencer par se guérir d’une maladie qui a pour nom : la mauvaise gouvernance. Ce pays est malade du mauvais usage de l’argent public. Il est malade des dépenses somptuaires de ses dirigeants. Il est malade de gestion laxiste. Il est malade de gaspillage.

Baudouin Amba Wetshi

 
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