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Cathédrale de Bukavu/RD-Congo, le 8 déc. 2009
1. Chers frères et sœurs dans 1e Christ, je vous salue et vous adresse mes condoléances suite à assassinat de ‘Abbé Daniel et de la Sœur Denise, 2. Vous le savez pertinemment bien qu’une grossesse dure 9 mois, Et une mère qui a enduré les douleurs d’une grossesse souffre terriblement quand une autre personne maltraite son enfant. Autrement dit, ne peut maltraiter un enfant que celui ou celle qui n’a pas connu les douleurs de son enfantement. 3. La formation d’un prêtre peut être comparée à une grossesse. Mais plus qu’une grossesse, cette formation dure 10 ans. Par conséquent, tuer un prêtre c’est offenser gravement sa mère l’Eglise. Peut-on douter de la malédiction qu’ont attirée sur eu ceux qui ont assassiné l’Abbé Daniel et la Sœur Denise ? 4. Chers frères et sœurs, j’étais en route vers Israël, pour qu’ensemble avec d’autres Evêques j’aille prier sur le lieu qu’a foulé le Christ, A cause de ce drame, je suis revenu. Il n’y a pas longtemps, j’étais en plein synode africain à Rome, je suis rentré à cause des dégâts subis à la paroisse de Ciherano, puis au couvant des frères Maristes à Nyangezi. Si la paroisse de Kabare a été attaquée, ces jours-ci, l’hôpital de Kabare l’a été quelques temps avant. Le comble, c’est le fait que ces malveillants viennent d’entrer au monastère et tuer une des moniales dont l’une grande activité c’est la prière. Quel contraste entre la prière et le armes !
5. Une fois informé des affres subies à Murhesa, j’ai appelé tour à tour nos autorités tant politiques que militaires, à Bukavu, au Kivu et même à Kinshasa. Une chose est vraie: le peuple ne peut pas mener une vie aussi précaire en présence des autorités provinciales, nationales et internationales. Si celles-ci se voient incapables de le protéger, quelles le disent pour que ce peuple se prenne en charge. Amis, nous le savons bien, leur pouvoir est plus intéressé aux dollars et aux matières premières qu’à sécuriser le peuple ; le faisant, elles vont à leur perte car l’insécurité qui en découle peut ne pas les épargner, 6. Tuer un prêtre c’est décapiter la tête d’une portion de l’Eglise. Qu’en sera-t-il des autres membres? 7. Le plan macabre soujacent (caché au-dessous) consiste, dit-on, à faire taire l’Eglise. Qui sont-ceux? Et qu’avons-nous fait de mal pour devenir la risée et l’opprobre des voisins’ D’après ce plan, il faut paralyser la tète pour que les membres soient inefficaces; faire agenouiller l’Eglise de Bukavu. Je vous assure que pour mettre a genoux l’Eglise, il ne faut pas le faire par le fusil, c’est une erreur, car les Chrétiens Catholiques ne s’agenouillent que devant l’Eucharistie. 8. A mon humble avis, nous ne devons rien nous reprocher. Il y a une décennie, nous avons défendu le droits des Citoyens Congolais, jusqu’à l’assassinat des nos Evêques, des prêtres, des religieux et des chrétiens. Sais perdre courage, nous avons aidé le peuple à aller aux élections dans le but de quitter le désordre pour redresser le pays. 9. Nous avons ainsi accompli notre devoir de citoyen en mettant en place des autorités pour nous gouverner. Qu’elles se mettent au travail! Malheureusement, nous nous rendons compte qu’elles font plutôt le contraire de leurs obligations, jusqu’à vendre le pays, pour ainsi dire. 10. Qu’allons-nous faire en pareille situation ? Est-il honorable de lapider les députés, le gouverneur ? Allons-nous ravir les fusils aux militaires et les utiliser ?. Et encore, il faut se demander qui est cet ennemi à combattre parmi nous. 11. Nous exhortons les militaires, les députés et les ministres provinciaux, tous et chacun selon sa catégorie, à s’acquitter de son devoir. Et que chacun se demande si réellement lait ce qu’il doit faire, et seulement après s’interroger aussi sur la performance de l’autre. Et si nous constatons que un tel n’est pas à la hauteur de sa tâche, n’hésitons pas à le dénoncer. 12. Malheureusement il existe parmi nous des gens à double face; en d’autres termes, des personnes qui mangent sur deux tables: celle de l’eucharistie et celle de tuerie, Pendant la journée elles touchent le corps du Christ et, pendant la nuit, elles touchent les armes à feu. Qu’elles sachent qu’elles s’attirent la malédiction. 13. D n’est pas impossible que certain d’entre nous cachent chez eux ou soient eux-mêmes les ennemis de la paix. Quelle hypocrisie ! Et à quelle fin mène-t-elle? 14. J’appelle chacun à la vigilance aux fins de découvrir ces hors-la loi. Autrement, cette aventure ne finira pas. Une vigilance prompte et sans complaisance est nécessaire car ces ennemis de la paix se situent à tous les échelons de la société. 15. En effet, il n’est pas impossible que chacun se pose cette question: qui sera la prochaine victime ? C’est une anxiété partagée, collective. 16. La première lecture du nous a bel et bien dit de ne pas avoir peur. Et celui qui essaye de nous intimider se trompe, car l’Eglise tire sa force des martyrs en commençant par Jésus Christ lui-même, il y a de cela deux mille ans. 17. Chers frères et sœurs, chaque fois que le sang des chrétiens est versé innocemment, c’est un témoignage en plus, En cela, tous ceux qui ont été baptisés au nom du Christ savent qu’ils portent sa croix. 18. A travers l’enterrement de l’Abbé Daniel et de la Sœur Denise, nous semons de nouveau. Ce sont des semences que chacun de nous est invité de porter dans son cœur pour produire des fruits de paix.
19 Puisons des forces nouvelles par lesquelles nous pourrons attirer même les mauvais vers la vie du salut. Les laisser errer sur e chemin de la perdition serait pécher par omission. C’est un devoir urgent de nous prendre par la main en nous indiquant mutuellement le chemin qui conduit à la paix. Il n’est pas étonnant de rencontrer une résistance chez certains. Dans ce cas, l’union faisant la force, nous pouvons ensemble l’entrainer vers ce bien dont notre région a grandement besoin aujourd’hui.
20. Voilà le témoignage que nous attendons des chrétiens ces jours-ci. Faire le contraire c’est tromper les autres. D’ailleurs, si nous étions fermes et fidèles dans notre engagement en tant que chrétiens, beaucoup de choses auraient déjà changées.
21. Nous qui participons à cette célébration, implorons le Seigneur afin qu’en partant d’ici, chacun se rappelle et rappelle aux autres sen devoir d’aimer notre pays, de le reconstruire et de travailler pour la paix.
22. Que l’Abbé Daniel intercède pour nous afin que notre Eglise aille de l’avant. Non loin qu’hier, j’ai demandé à l’Abbé Daniel de me donner la torve de tenir jusqu’au bout cette célébration. Je lui dis merci car je suis convaincu qu’il m’a aidé. |