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Golden Misabiko gravement malade Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Détenu depuis le vendredi 24 juillet dans des conditions infra-humaines, Golden Misabiko, président provincial de l’Asadho Katanga, est très malade. Il apparaît que son dossier n’est judiciaire qu’en apparence. Il s’agit d’une affaire politique. Une affaire politisée par l’excès de zèle de certains magistrats du parquet. C’est le cas notamment du tout nouveau procureur général près la Cour d’appel de Lubumbashi

«Golden est très malade. Son état de santé nécessite des soins urgents». L’homme qui parle s’appelle Paul Nsapu Mukulu. Ancien président de la Ligue des électeurs, l’homme assume actuellement les fonctions de secrétaire général de la FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme). Il a été en contact téléphonique, ce lundi 17 août, avec des défenseurs des droits de l’Homme à Lubumbashi. Ceux-ci lui ont fait part de leur «inquiétude» au sujet de l’état de santé de Golden Misabiko. «Golden a été emmené à un centre médical à Lubumbashi», lui ont-ils dit. Mais sur ordre du procureur de la République près le tribunal de Grande instance (TGI) de Lubumbashi, personne ne peut approcher le détenu. Et ce y compris les membres de sa famille.

Paul Nsapu a tenté en vain de joindre le ministre de la Justice Luzolo Bambi Lessa. «Le ministre de la Justice a manifestement refusé de décrocher son téléphone», remarque-t-il sur un ton amer. Nsapu a pu s’entretenir néanmoins avec le ministre des Droits humains Upio Kakura Wapol ainsi qu’avec le vice-ministre de la Justice Paulin Musonda. Il leur a fait part de ses «préoccupations» au sujet de l’état de santé de Misabiko en soulignant la nécessité de permettre à sa famille mais aussi à ses camarades de lui apporter l’assistance nécessaire.

Le zèle manifesté par le procureur de la République près le TGI de Lubumbashi montre bien que l’affaire Misabiko n’est judiciaire qu’en apparence. Il s’agit d’une affaire politique. Ce défenseur des droits de l’Homme peut être considéré comme un «prisonnier politique».

La semaine dernière ce fameux procureur, agissant manifestement sous la dictée de la Présidence de la République, a inculpé «Golden» du chef d’ «atteinte à la sécurité intérieure», alors que des sources judiciaires à Lubumbashi soutiennent que le dossier est vide et que le prévenu devait être relaxé. C’était sans compter avec le tout nouveau procureur général près la Cour d’appel de Lubumbashi, Essobe Kalulete qui a décidé le contraire. A savoir que le président provincial de l’Asadho/Katanga doit rester en détention jusqu’à sa comparution ce mercredi 19 août.

Exploitation clandestine de l’uranium et contrat RD Congo-Areva

Il est reproché à Golden Misabiko la publication d’un rapport intitulé : " Mines uranifères de Shinkolobwe : d’une exploitation artisanale illicite à l’accord entre la RDC et le groupe nucléaire français Areva ". Ce rapport stigmatise d’une part «la continuation de l’exploitation artisanale des minerais de cuivre et de cobalt riche en matière radioactive» mettant en danger la santé des creuseurs et de l’autre l’absence de transparence lors de la conclusion du contrat avec le groupe français Areva. «L’inquiétude sur l’opacité de ce contrat est accentuée par la réputation de manque de considération pour les droits humains dont fait l’objet l’entreprise française au Gabon et au Niger», souligne ce rapport.

Lors d’un point de presse tenu mardi 28 juillet à Kinshasa, le ministre de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, avait accusé Misabiko d’avoir déclaré sur les ondes d’une radio périphérique que la RD Congo aurait vendu de l’uranium à la Corée du Nord et à l’Iran. «M. Misabiko sera jugé pour diffamation du gouvernement», annonçait Mende.

En réalité, le président de l’Asadho/Katanga n’est nullement l’auteur des allégations débitées par le porte-parole du gouvernement. C’est depuis 2006 que les médias internationaux suspectent Joseph Kabila et son proche entourage de vendre clandestinement de l’uranium aux régimes iranien et nord-coréen. Ce qui surprend c’est bien le mutisme de la fameuse «communauté internationale». Alors même que des enquêtes ont été publiées dans la presse britannique et belge. Ces médias se fondaient sur des documents de la douane tanzanienne. A Bruxelles, l’hebdomadaire «Trends Tendances» avait cité le nom d’un certain John Kahozi présenté comme étant «l’homme d’affaires» du «raïs» chargé de négocier et de suivre les «mouvements bancaires» dans certains Emirats.

Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila

«Selon ces mêmes documents, écrivait «Trends-Tendances» daté 17 août 2006, un dénommé John Kahozi, qui serait un homme de confiance du président congolais, voyagerait entre Téhéran, Dubaï et Harare afin de régler le volet financier de la transaction via les banques iraniennes Melly Bank, Refah Kargavan et Bank Mellat.» Ajoutant que «les montants sont passés par des comptes de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila au nom de John Kahozi à la Dubaï Islamic Bank.» Invention ? Le journal relève par ailleurs que Kahozi a séjourné le 21 novembre 2005 à l’hôtel Overview à Dubaï et du 2 au 6 décembre à l’hôtel Azadi à Téhéran après avoir accompagné un chargement via la Zambie avant d’être rejoint à Téhéran, John Kahozi par Praven Kundou, de nationalité indienne. Celui-ci serait proche d’Augustin Katumba Mwanke, le «bras droit financier» de Kabila.

C’est le lieu de rendre un hommage appuyé à certains agents des «services» à Lubumbashi. Conscients des conséquences imprévisibles du trafic de l’uranium mené par une «maffia» locale animée par les «frères Hammoud», ces fonctionnaires avaient alerté, sans succès, Théophile Mbemba Fundu, alors ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. Le rapport transmis à cet ancien ministre laissait sous-entendre que ces deux «commerçants» bénéficieraient de «puissante protection» au niveau le plus élevé de l’Etat. A preuve, expulsés du pays, les frères Hammoud sont chaque fois revenus par la grande porte.

En décidant de faire comparaître Golden Misabiko pour le chef d’«atteinte à la sécurité intérieure», Joseph Kabila et son proche entourage tentent d’intimider tous ceux qui sont au courant des actes dignes du grand banditisme imputables aux plus hautes autorités du pays. Le chef de l’Etat en tête. Il est en effet clair que c’est bien Kabila qui tire les ficelles en coulisses dans ce dossier prétendument judiciaire. Un dossier susceptible de le mettre personnellement en cause.

B. Amba Wetshi

 
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