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Hillary Clinton est en visite marathon à travers l'Afrique. La secrétaire d'Etat américaine présente le nouveau visage de la diplomatie américaine sur le continent, entre promotion de la bonne gouvernance et intérêts commerciaux

Onze jours pour visiter sept pays africains, voici le défi estival d'Hillary Clinton. Ce marathon diplomatique de la secrétaire d'Etat américaine est une façon de prolonger la visite éclair du président Barack Obama au Ghana trois semaines auparavant.
Une manière également de renforcer les liens avec un continent délaissé par les Etats-Unis mais très convoité par les autres puissances mondiales, Chine en tête. "Les Etats-Unis restent marqués par l'obsession que la Chine est en train de capter toutes les ressources à l'échelle de la planète, et que l'Afrique est un terrain où se joue cette rivalité", analyse François Grignon, de International Crisis Group, faisant allusion aux treize pays visités par le président chinois Hu Jintao. Kenya, Afrique du Sud (1e puissance de la région), Angola et Nigeria (producteurs de pétrole), République démocratique du Congo (en grand besoin humanitaire), Libéria et Cap Vert (modèle de bonne gouvernance), le choix des pays à l'agenda de la secrétaire d'Etat est stratégique et symbolise toute la dualité des enjeux américains en Afrique.

Paix et transparence
Premier objectif pour Hillary Clinton : promouvoir la paix sur un continent encore trop souvent marqué par les guerres. La secrétaire d'Etat américaine en visite à Nairobi a regretté que les Etats-Unis ne soient pas signataires du Traité de Rome instituant la Cour pénale internationale (CPI). L'ex-première dame des Etats-Unis a salué le travail de la Cour qui a notamment lancé un mandat d'arrêt historique contre le président soudanais Omar el-Béchir et qui met en place des actions contre des crimes commis en République démocratique du Congo, au Darfour, en Ouganda et en République centrafricaine. Elle a par ailleurs proposé que les auteurs des violences précédents les élections kenyanes soient poursuivis par la CPI. La secrétaire d'Etat a également insisté sur la nécessité pour les gouvernements africains de combattre toute forme de corruption. "Le véritable progrès économique en Afrique (...) dépend de gouvernements responsables qui rejettent la corruption, font appliquer la loi et obtiennent des résultats dont profite la population. Il ne s'agit pas seulement de bonne gouvernance, il s'agit aussi de faire des affaires", a-t-elle déclaré à Nairobi, lors du 8e forum sur la coopération commerciale et économique entre les Etats-Unis et l'Afrique subsaharienne (AGOA).

Investissements et agriculture
La deuxième (voire principale) préoccupation des Etats-Unis est en effet de renforcer ses liens commerciaux avec les 48 pays d'Afrique subsaharienne, qui ne représentent aujourd'hui que 3% de ses importations et 1% de ses exportations. "Je vois l'Afrique comme une partie fondamentale de notre monde", déclarait Barack Obama qui apportait son "son soutien complet" à l'Afrique. "La seule ouverture des marchés ne suffit pas. Pour se développer, il faut des lois qui sont appliquées, la transparence, la responsabilité et une atmosphère qui attire l'investissement", a-t-il ajouté dans une vidéo diffusée après le discours d'Hillary Clinton à l'AGOA. "Nous avons besoin de partenaires, pas de protecteurs", a rétorqué le Premier ministre kenyan, Raila Odinga, qui a expliqué en quoi il était difficile pour les produits africains de concurrencer la marchandise américaine largement subventionnée. Les Etats-Unis semblent avoir entendu le message et ont décidé de faire des efforts sur le secteur agricole. "Si vous n'avez pas d'agriculture, vous ne mangez pas, et (l'agriculture) est le but principal de toute société", a déclaré Hillary Clinton, qui regrette que les pays occidentaux n'aient pas développé l'agriculture africaine plutôt que d'apporter des aides humanitaires d'urgence aux populations en grave famine. Le secrétaire américain à l'Agriculture Tom Vilsack, a affirmé que Washington était "prêt à réviser la question des subventions" aux prochaines négociations de Doha.
Si l'Afrique attend beaucoup de la visite d'Hillary Clinton, le continent en proie à des guerres, famines, et touché lui aussi par la crise économique et le réchauffement climatique, espère que des actions suivront les promesses.
Damien Bouhours

 
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