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Un régime aux abois Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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«Haute trahison». C’est le chef d’inculpation retenu à charge de Golden Misabiko, président provincial de l’Asadho/Katanga, par le régime de Joseph Kabila. Devrait-on rire ou en pleurer ? C’est en tous cas ce que le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement, l’inénarrable Lambert Mende Omalanga, a annoncé au cours de son dernier point de presse, mardi 28 juillet, à Kinshasa, sans donner la réponse à une question bien simple : Qui a trahi qui ?

Mende a, en revanche, stigmatisé notamment ce qu’il appelle «le comportement peu responsable» de certains défenseurs des droits de l’Homme. Selon lui, ces défenseurs des droits humains «exposent leur nation en rapportant des mensonges pour avoir quelques billets de banque». Et de citer le cas de Golden Misabiko, accusé d’avoir affirmé dans un document que la RD Congo vendrait de l’uranium aux régimes iranien et nord coréen.

On le sait, Misabiko a été interpellé le vendredi 24 juillet par des agents de l’ANR (Agence nationale de renseignements), cette police politique au service d’un individu. On le sait également que c’est le rapport publié par l’Asadho/Katanga intitulé «Mine uranifère de Shinkolobwe : D’une exploitation artisanale illicite à l’accord entre la RD Congo et le groupe nucléaire français AREVA» qui a mis le feu aux poudres.

Ce rapport fustige le double langage des autorités congolaises au sujet de la Mine d’uranium de Shinkolobwe. Officiellement fermée sur la base d’un décret présidentiel daté 27 janvier 2004, cette Mine continue à être exploitée par des creuseurs clandestins avec la complicité pour le moins intéressée de certaines autorités locales. Ce rapport invite par ailleurs les autorités du pays à divulguer le contenu du contrat signé entre la RD Congo et la firme française AREVA. Y a-t-il matière à fouetter un chat ? Assurément pas de la part de tout gouvernement qui prône la transparence dans la gestion des affaires publiques.

Joseph Kabila et ses nervis de l’ANR feignent d’ignorer que c’est depuis 2006 que les médias internationaux ont commencé à suspecter les plus hautes autorités de Kinshasa de vendre de l’uranium à l’Iran des Ayatollahs et la Corée du Nord du «leader bien aimé» Kim Jung Il. Léonard She Okitundu, alors directeur du cabinet présidentiel, n’avait-il pas autorisé la Gécamines à mettre sur pied une jointe venture avec la société CAMEC d’un certain Billy Rauntenbach pour exploiter la Mine de Shinkolobwe ? Est-il besoin de souligner que la propre frangine du «raïs» a été citée dans ce «deal» ? Est-ce pour cette dernière raison que le cabinet présidentiel s’est cru en droit de déroger au décret…présidentiel de 2004 ? Pourrait-on expliquer à l’opinion congolaise qui est John Kahozi, présenté, à tort ou à raison, par certains médias internationaux, comme étant «l’homme de confiance» chargé par le «raïs» de suivre les transactions avec l’Iran ? Qu’en est-il de la société «Feza Mining» qui appartiendrait à un autre membre de la famille Kabila ?

Il est clair que Golden Misabiko n’est que le bouc émissaire d’un régime kabiliste aux abois, attaqué de toutes parts pour sa tentation totalitariste. Un totalitarisme dénoncé unanimement par des organisations tant nationales qu’internationales de défense des droits humains. Que voit-on ? Un régime corrompu qui brille par des échecs retentissants. Echec au plan politique par l’incapacité du pouvoir à fédérer les Congolais autour d’une ambition nationale. Echec au plan économique et social au point que la RD Congo présente aujourd’hui le visage hideux d’un Etat en faillite ; un Etat en cours de liquidation. Echec au plan sécuritaire se traduisant par l’impuissance des pouvoirs publics à assurer la défense des frontières, à rétablir la paix civile et l’autorité de l’Etat dans les provinces du Kivu et dans la Province Orientale.

Joseph Kabila et ses magistrats instrumentalisés doivent savoir qu’ils seront tenus pour responsables de tout ce qui pourrait arriver à Golden Misabiko, le président provincial de l’Asadho/Katanga dont le crime est d’avoir dénoncé des agissements relevant du grand banditisme dont les présumés auteurs ne sont autre que ceux qui ont la charge de gouverner la RD Congo.

Baudouin Amba Wetshi

 
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