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JP Bemba : détention prolongée Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Ils se « rétractent », l’un après l’autre. Pour des raisons « sécuritaires ». Après la France, le Portugal, c’est au tour de la Belgique de refuser d’accueillir le sénateur Jean-Pierre Bemba si jamais la Cour pénale internationale, CPI, décidait de lui accorder la « liberté provisoire ». Ajoutant à cela les « compléments d’information » de la représentation de la CPI à Kinshasa sur le « temps que prendra la Chambre pour se prononcer sur cette liberté provisoire », l’équation se complique contre le président national du MLC. Sa détention est prolongée.

La Belgique vient de répondre à la requête de la Cour pénale internationale, CPI, sur les garanties d’accueil de Jean-Pierre Bemba au cas où il bénéficierait d’une liberté provisoire. Pour des raisons de « sécurité », la Belgique refuse d’accueillir le sénateur Jean-Pierre Bemba. Bien avant lui, la France et le Portugal avaient réservé la même réponse à la CPI. Reste encore l’Italie, la Hollande et l’Afrique du Sud, s’il faut s’en tenir à la démarche effectuée par les avocats de la défense.
D’autre part, selon les précisions fournies à la presse par la représentation à Kinshasa de la Cour pénale internationale, la date du 7 août n’est pas une date butoir pour que le sénateur Bemba soit mis en liberté provisoire. C’est à cette date, précise-t-il, que tous les pays consultés devront transmettre leurs appréciations à la démarche de la Cour. Mais que les juges prendront tout leur temps pour décider si oui ou non Bemba devrait être mis en liberté provisoire. « Cela prendra du temps », a déclaré Paul Madidi à une question de la presse.

En d’autres termes, Jean-Pierre Bemba restera détenu encore pendant longtemps avant que l’on sache si oui ou non il pourrait bénéficier d’une liberté provisoire. Autre élément à retenir de la représentation de la CPI à Kinshasa qui a tenu à souligner qu’il revient toujours aux juges de voir si Bemba pourrait être entendu avant qu’ils ne se prononcent sur cette liberté provisoire.
C’est dire que malgré les assurances des avocats de Bemba, il y a lieu de prendre son mal en patience pour connaître la décision des juges. Sa mise en liberté provisoire n’est pas pour demain.

PROCES POLITIQUE ?

Pourquoi ce pays se « rétractent-ils » ainsi ? Selon certains observateurs, le Portugal et la Belgique ayant été les pays qui ont livré Bemba à la CPI, ils ne voudraient plus s’encombrer d’un « colis gênant ». En plus de cela, il y a en Belgique plus de 40 mille ressortissants congolais. De quoi dresser les cheveux des autorités belges.

Mais d’autres évoquent des « raisons politiques » pour justifier cette attitude. Ils croient que ces pays ne voudraient pas s’attirer la colère de Kinshasa et de Bangui. Les régimes de deux capitales qui sont intéressés par ce dossier risquent de lever, même discrètement, des protestations à l’endroit de tout pays qui se déciderait d’accueillir même temporairement le président national du MLC. Sa liberté provisoire augmenterait sa cote politique, en ce qui concerne Kinshasa, tandis que pour Bangui, ce serait « un échec » pour le régime en place dans la mesure où ce procès demeure un « bon marketing politique » au bénéfice de ceux qui sont au pouvoir dans la capitale centrafricaine.

Un autre groupe n’exclut pas que ce dossier serve aussi de « chantage politique » entre Kinshasa et certaines capitales occidentales, avec en toile de fond les « contrats chinois ». Sinon, on ne s’expliquerait pas cette évolution en dents de scie qui coïncide souvent avec la cote de popularité du régime en place à Kinshasa.
Ce qui est maintenant vrai, c’est que l’Opposition doit se résoudre à admettre une certaine réalité. Il faut songer à nommer un « chef de l’Opposition politique » avec ou sans Jean-Pierre Bemba. Car le compte à rebours a effectivement commencé pour la fin de cette législature. Or, de la manière dont différentes tendances politiques, Majorité et Opposition, termineront ce mandat, dépendra également les chances de réussite lors de prochaines échéances électorales, celles de 2011.

LE PROCES DE LUIZ MORENO

Toujours est-il que pour d’autres analystes, le procès de Bemba est également celui de Luiz Moreno O Campo, pour ne pas dire de la CPI.

En effet, depuis sa création, la CPI a entre ses mains « un gros poisson ». Certes, bien avant Bemba, il y a Charles Taylor du Liberia. Mais à prendre en compte les effets d’entraînement politiques que suscite Bemba depuis son arrestation et au regard de ce fait que deux pays, à savoir la RDC et la RCA sont concernés dans ce dossier, le procureur Luiz Moreno O Campo est en train de jouer sa carte et celle de la CPI.

Nul ne saurait présager de l’issue de ce dossier. Mais remettre Bemba en liberté provisoire serait déjà un échec pour la CPI. Surtout une mauvaise carte de visite pour le Procureur Luiz Moreno qui tient à ce que le procès débute. Ce qui se traduirait par une « victoire » et enrichirait son « tableau de chasse ».
Le Potentiel

 
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