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Les héritiers de Mobutu rebondissent ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

 

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5,2 millions d’euros récupérés en Suisse 

*12 ans après, l’âme du Maréchal Mobutu fait essuyer une défaite cuisante à la RD. Congo devant le Tribunal Pénal Fédéral, en Suisse. Tel, un couperet, la décision est tombée mardi 14 juillet dernier, à la surprise générale des autorités congolaises. Désormais, plus rien ne peut s’opposer au déblocage des fonds gelés. Les avoirs du vieux Léopard reviennent, de droit, à ses héritiers : Mobutu Nzanga, Giala et consorts. « Toutes les banques concernées en seront notifiées », précisait, à juste titre, Adrian Sollberger, le Porte-parole du Département Fédéral des Affaires Etrangères, à l’Agence de Presse Suisse, ATS. La plainte de Kinshasa n’a guère obtenu gain de cause, selon le Ministère Public de la Confédération. C’est un paquet estimé à près de 8 millions de Francs Suisses, soit au bas mot, après conversion, 5,2 millions d’euros. Les héritiers du Maréchal Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Zabanga, ont dû certainement fêter et danser, à l’annonce de la nouvelle, le mardi 14 juillet dernier. Ils ont de quoi rebondir, sur la scène politique en 2010 et 2011, avec force. L’affaire est officielle, les autorités helvétiques faisant foi. Le Tribunal Pénal Fédéral Suisse, la plus haute instance judiciaire de ce pays là, a crevé l’abcès. Il a, en effet, décidé de remettre tous les fonds bloqués du Maréchal Mobutu à ses héritiers. Et, dans les tout prochains jours, à en croire M. Adrian Sollberger, le Porte-parole du Département Fédéral des Affaires Etrangères, en Suisse, toutes les banques intéressées en seront notifiées. De telle sorte que plus rien ne s’oppose au déblocage de ces fonds. Les fils et filles Mobutu, en cette période de récession économique mondiale et de crise financière internationale, pourront en disposer, à leur guise. Le Tribunal Pénal Fédéral confirmait ainsi la décision du Parquet helvétique qui, plusieurs années avant, avait estimé que les faits de blanchiment d’argent allégués par la RD. Congo, étaient prescrits. Plus d’une fois, le Conseil Fédéral avait offert à l’Avocat de la RD. Congo, l’opportunité d’affûter ses arguments, pour prolonger le gel. Des efforts menés n’ont guère obtenu gain de cause. La dernière fois, en janvier 2009, l’Avocat a tenté d’introduire une plainte contre les dinosaures de la Deuxième République ; une plainte qui, en dernier lieu, a été rejetée, faute de preuves suffisantes sur des faits abondamment allégués. De son vivant, le Maréchal Mobutu, plus malin que jamais, avait placé ses avoirs en Suisse, hors de la portée et de la vigilance de ses citoyens. Mieux informé que quiconque, il avait, certes, cherché à jouir des avantages dus à l’épargne dans le système de paradis fiscal helvétique. Après sa chute du pouvoir, en mai 1997, Mzee Kabila, son successeur, avait initié la démarche du gel de tous ses avoirs dans les banques suisses. Une plainte à l’appui devait cependant démontrer qu’ils étaient le fruit d’un enrichissement illicite ou des actes de blanchiment d’argent. Il a fallu des mois, voire des années, pour que la justice puisse, enfin, trancher. Un certain Mark Pieth, professeur de son état à l’Université de Bâle, agissant en tant que particulier, fut le premier à saisir le Tribunal Pénal Fédéral, à ce sujet. Au nom d’une Organisation Suisse militant pour la restitution des biens mal acquis et de la connaissance du droit, la RDC n’est pas, à son avis, seule responsable. Interrogé sur les antennes de Rfi, l’homme pense que la Suisse aurait dû aller plus loin : « Elle avait la possibilité de renverser, de fournir la preuve et de dire : je vous invite à prouver que vous avez obtenu cet argent licitement. C’est ce qu’on avait fait avec l’affaire Abacha. Dans le cas du Nigérian Sani Abacha, 600 millions de dollars ont, en effet, été rendus aux Nigérians, parce que la famille Abacha n’avait pas pu prouver comment, ils avaient obtenu cet argent ». Mark Pieth parle également d’une journée noire pour le Congo, pour la place financière suisse et pour tous ceux qui sont pour le rapatriement de fonds des dictateurs à leur pays. Les héritiers de Mobutu, eux, se frottent déjà les mains, après cette manche. Que fera le gouvernement congolais ? Réunir les juristes, pour une nouvelle consultation ? Ou bien, relancer l’Avocat, dans des nouvelles procédures ? Ou alors, laisser faire ? Tout chemin menant à Rome, il va de soi que le gouvernement se divise en mille morceaux, pour cerner les contours de cette décision. Les congolais attendent du gouvernement, une réaction conséquente. Après tout, la République n’a aucun intérêt à laisser de l’argent, si elle a des preuves qu’il lui appartient, se volatiliser entre les mains des individus.

Marcel Ngoyi

 
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