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La CPI, une justice sélective Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Le procureur de la Cour pénale internationale est, depuis mardi, en visite en Ituri (province Orientale) pour des rencontres avec des communautés ethniques des villages Bogoro et Zumbe, théâtre de crimes commis par les chefs de milice Mathieu Ngudjolo et Germain Katanga, jugés à La Haye.

Au mois de juin, la CPI a lancé une campagne d’informations sur le procès Thomas Lubanga à l’intention d’une quarantaine d’enfants ex-combattants démobilisés dans le but de les « sensibiliser davantage au danger concernant leur enrôlement dans les rangs des milices ».

Comme on le sait, la CPI, régie par le Statut de Rome entré en vigueur le 1er juillet 2002 après sa ratification par 60 pays, juge les personnes accusées des crimes les plus graves qui touchent la communauté internationale (crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre).

Mais, cela suffit-il pour justifier l’attitude de Luis Moreno O’Campo à l’égard de la RDC, où il applique une justice sélective en ignorant superbement le massacre de 5 millions de Congolais par les troupes rwandaises et ougandaises entre 1998 et 2003 ?

Présentement, trois Congolais sont aux arrêts à La Haye. Le sénateur Jean-Pierre Bemba y est incarcéré pour avoir été le « chef militaire » des éléments du MLC accusés d’avoir commis des crimes en RCA cependant qu’aucun de principaux acteurs centrafricains du drame, notamment l’ancien chef d’Etat Ange-Félix Patassé, n’est placé sous mandat d’arrêt de la CPI.

Serait-ce parce que François Bozizé, actuel président centrafricain et ex-chef rebelle en 2002, a appelé en 2008 le Conseil de sécurité à « suspendre l’enquête de la CPI en RCA » ? Cette requête faisait suite à la lettre de la CPI du10 juin 2008 disant « porter une attention soutenue aux actes de violences commises dans le nord de la République centrafricaine ».

« Une éventuelle mise en application des termes de la lettre du procureur de la Cour pénale internationale risquerait de mettre en péril l’Accord Global au cas où, l’un quelconque des combattants était mis en état d’arrestation de ces chefs d’accusation. Or, le Gouvernement est décidé à tourner définitivement la page dans l’intérêt de la réconciliation nationale et de la paix », a-t-il fait valoir.

Aujourd’hui, Luis Moreno et la CPI sont mal vus en Afrique et en Amérique latine, à en croire le président vénézuélien à propos du mandat d’arrêt contre le chef de l’Etat du Soudan. «Pourquoi n’ordonneraient-ils pas l’arrestation de Bush (notamment pour Guantanamo et les massacres en Irak, ndlr) ? Pourquoi n’ordonneraient-ils pas l’arrestation du président israélien (Shimon Peres). Ils le font parce que c’est un pays africain et du tiers monde», a poursuivi le chef d’Etat vénézuélien», Hugo Chavez.

Face à ce qu’il qualifie de « justice sélective », le président de la Commission de l’Union africaine, le Gabonais Jean Ping, en conclut que « la CPI a été créée pour juger les Africains ».

Le Potentiel

 
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