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Toutes les couches de la population, à commencer par la haute sphère de l’Etat, sont gangrenées par la corruption. A tous les niveaux, les responsables ne tirent que rarement les conséquences des accusations portées en public. Le mal est tellement profond que d’aucuns parlent d’un cancer au stade de métastase. «Pour classer sans suite un dossier, il suffit de créer une commission d’enquête », a déclaré un opérateur politique. Cela se vérifie dans tous les cas. Les Congolais se complaisent à dénoncer, avec fracas, des détournements, des cas de corruption avérée, de concussions, de vols, de viols, de meurtres, … Curieusement, des sanctions ne tombent que rarement. A titre d’illustration, lors de la transition 1+4, des ministres ont été démis de leurs fonctions, avec promesse de les déférer devant les cours et tribunaux. Jusqu’à ce jour, aucune action n’a été engagée. Le mandat du patriarche Gizenga n’a pas dérogé à la règle. Le manque à gagner de plus d’un milliard de dollars américains avait donné lieu à une information judiciaire qui s’est arrêtée, sans tambour ni trompettes. Comme si cela ne suffisait pas, l’Etat vend des maisons ou des parcelles à des particuliers, délivrant des documents officiels, par des préposés régulièrement établis. Quelque temps après, les acquéreurs sont dépossédés par le même sans que des indemnités soient versés aux victimes. Pire, les officiels qui avaient régularisé l’opération, au nom et pour le compte de l’Etat, ne sont nullement inquiétés. Non seulement qu’ils circulent librement mais semblent être protégés par le système. Le ministre de la Justice a effectué des sorties médiatiques réussies, envoyant des «kuluna» en prison de haute sécurité, soit à Buluwo dans le Katanga, soit à Ekafela aux fins fonds de la forêt équatoriale. L’élan amorcé par Laurent-Désiré Kabila d’étendre la justice à tout le monde, sans distinction, s’étant définitivement estompé, rien n’indique que les choses changeraient dans un avenir proche. La prison c’est pour les uns, singulièrement les faibles, de préférence placés au plus bas de l’échelle de la société. Sans se méprendre, les «kuluna» au col blanc et en costume et cravate continueront à se pavaner, non seulement assurés du climat d’impunité érigé en mode de gestion de la res publica, mais aussi parce que se reconnaissant comme maillon d’un système bien enraciné. Ce cancer a paralysé tout l’appareil de l’Etat, à telle enseigne que quiconque chercherait à enrayer ce mal est soit éliminé, soit encore élagué de l’appareil étatique. En attendant, tant que des auteurs avérés de détournements des salaires des enseignants, du personnel médical, des fonctionnaires, de la solde des militaires et policiers au front ne seront pas jugés publiquement et incarcérés, personne ne fera foi aux tonitruantes déclarations d’intention de lutte contre la corruption et l’impunité. Le Potentiel
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