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La RD Congo humiliée Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Depuis plus d’une semaine, des soldats angolais occupent à nouveau la localité congolaise de Sava dans le territoire de Mbanza Ngungu. A Kinshasa, les officiels observent le plus grand mutisme. Aucune réaction officielle. Est-ce de peur de susciter l’ire du puissant voisin angolais ?

Lundi 1er juin, une délégation gouvernementale conduite par le ministre congolais de l’Intérieur et de la sécurité, Célestin Mbuyu Kabango, a quitté la capitale sur la pointe des pieds. Destination : Luanda. Inimaginable. C’est le monde à l’envers. C’est le Congo-Kinshasa qui est la victime. Voilà que c’est encore le Congo-Kinshasa qui doit faire les premiers pas vers l’agresseur. Est-ce pour demander au gouvernement angolais «de bien vouloir» retirer ses forces d’occupation ? Ne fallait-il pas porter ce cas flagrant de violation de l’intégrité du territoire national devant les juridictions internationales compétentes ? Le moins qu’on puisse dire est que la présence d’une délégation gouvernementale en Angola ressemble fort à un voyage à Canossa.

Ce n’est pas la première fois que le régime angolais de José Edouardo dos Santos se plait à narguer le «Congo libéré». Et chaque fois, ce sont les Congolais qui doivent «aller au rapport» dans la capitale angolaise.

Il y a eu au départ l’occupation, en janvier 2007, de plusieurs villages du territoire de Kahemba, dans la province de Bandundu, par des policiers angolais. Sans rire, plusieurs officiels congolais ont tenté de minimiser l’affaire en imputant cet acte inamical à quelques «policiers angolais incontrôlés». Incontrôlés ? Un avis balayé d’un revers de la main par la commission d’enquête parlementaire dirigée par le député Roger Lumbala.

Il n’y a jamais un sans deux, dit-on. La première occupation de la localité de Sava a eu lieu au mois de mars dernier. Les observateurs ont été surpris par le silence observé à l’époque tant à la Présidence de la République qu’à la Primature. Pire, lors de sa réunion tenue le 10 mars à Goma, le Conseil des ministres, présidé par le «raïs» Joseph Kabila, n’a évoqué la question relative à l’occupation de Sava et Kuzi que sous la rubrique «Divers». L’occupation d’une portion du territoire national ne serait donc qu’un "fait divers" ?

Et pourtant des témoignages et rapports émanant des autorités locales attestent que les forces d’occupation ont brûlé des maisons, saccagé des bureaux de l’Etat et se sont installés, après avoir chassé tous les villageois, environ un millier de personnes qui ont trouvé refuge dans la forêt. Sous d’autres cieux, ces actes seraient perçus comme une déclaration de guerre.

Pour le porte-parole du gouvernement, l’occupation de Sava et Kuzi est à mettre sur le compte des "malentendus" entre la RDC et l’Angola "sur la délimitation de la frontière commune en province du Bas Congo."

Ce «malentendu» prend de l’ampleur. Il s’étend désormais au niveau de la délimitation de l’espace maritime. Que veut, en définitive, l’Angola ? Le Premier ministre Adolphe Muzito s’est rendu en mai dernier à Luanda. Objectif : régler les problèmes de frontières par voie des négociations. Cette démarche conciliante est-elle du goût des autorités de Luanda ? La réoccupation de Sava tient lieu de réponse.

Depuis que les dirigeants du «Congo libéré» ont pris la fâcheuse habitude de solliciter le secours de leurs homologues angolais (LD Kabila en août 1998 ; Joseph Kabila lors de l’élection présidentielle de 2006 et en mars 2007), ceux-ci n’éprouvent plus que de la condescendance à l’égard du Congo et de ses habitants.

On ne compte plus les cas d’expulsion de ressortissants congolais de l’Angola dans des conditions infra-humaines. Les organisations de défense des droits humains ont chaque fois dénoncé les sévices infligés aux expulsés par les policiers et militaires angolais avant d’être spoliés.

Il est temps que les dirigeants congolais comprennent que la mission première de tout Etat est d’assurer les conditions minimales de sécurité pour les personnes et les biens.

Question : comment font les responsables politiques congolais pour trouver le sommeil pendant que des citoyens congolais des provinces du Bas-Congo, des deux Kivu et de la Province Orientale sont terrorisés au quotidien?

Comment ne pas, dès lors, donner raison à ceux qui soutiennent que la RD Congo est dirigée par des pseudo hommes d’Etat - assoiffés du pouvoir et des avantages qui y sont attachés - qui n’excellent que dans les intrigues?

La RD Congo est humiliée. Elle est humiliée par la stupidité de ses dirigeants. Des dirigeants incapables d’assumer leurs charges avec responsabilité et fermeté face à certains Etats voisins bien connus qui commencent à menacer sérieusement l’unité physique du pays.

Devrait-on parler de connivence au sommet du pouvoir d’Etat congolais?

B. Amba Wetshi

 
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