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Dans Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, les taxis-motos ont pris d'assaut les routes défoncées des quartiers périphériques, enclavés pour la plupart, là où les voitures et mini-bus ne s'aventurent pas. "Depuis que les taxis-motos desservent Kingabwa, je ne fais plus de longues distances à pied et n'arrive plus en retard à l'école", se réjouit Nadine, une lycéenne, installée sur la selle biplace d'une moto, dans l'ouest de Kinshasa. Dans la capitale de l'ex-Zaïre, en la quasi-absence de services publics de transports, les Kinois ont depuis des années mis eux-mêmes en place un réseau informel de "taxis". Seules quelques centaines de taxis à quatre roues, voitures ou mini-bus souvent hors d'âge et bondés de clients serrés comme des sardines empruntent les voies asphaltées de la mégapole d'environ huit millions d'habitants - une ville où le 4X4 est roi et le vélo quasi-inexistant. A Kingabwa, un quartier populeux de la commune semi-industrielle de Limete, les taxis-motos "nous permettent de nous déplacer facilement, même si en retour ils nous causent des désagréments", explique Amidu Ndjolu, expert-comptable et usager. Plusieurs centaines de ces engins sont en circulation dans la capitale congolaise, où ils sont apparus récemment après avoir depuis longtemps fait leurs preuves dans certaines provinces du pays. Mais ce moyen de transport urbain n'est pas sans risques: certains conducteurs roulent vite et les accidents sont fréquents. Avec un ou deux passagers, "nous roulons sans casque et en cas de fausse manoeuvre du conducteur, il nous arrive de tomber", renchérit Robert, la trentaine, qui évoque aussi les désagréments en cas de pluie ou par grosse chaleur. En bordure de Kulumba, principale artère de Kingabwa-Uzam, bravant la boue et les étals des vendeuses des poissons frais, Destin Mayala se fraie un chemin et actionne à profusion les freins de son engin de marque chinoise. "A cause de l'état délabré de l'avenue Kulumba, nos motos connaissent vite l'usure", regrette-il, "mais si l'Etat pouvait entretenir cette voie devenue presque un dépotoir, nous aurons moins de difficultés à désenclaver ce quartier". Autre désagrément pour ces intrépides, des policiers de circulation routière qui "imposent toutes sortes de tracasseries et nous taxent comme ils veulent", râle John, employé chez un Chinois qui exploite une centaine de cylindrées de marque Jin Cheng. Si les taxis-motos participent au désenclavement des quartiers périphériques, certains usagers déplorent son coût excessif. "On paie 300 francs congolais (0,37 dollar), le même prix qu'à bord du taxi ou taxi-bus qui nous déplace d'une commune à l'autre alors que les taxis-motos font à peine deux kilomètres et demi", dénonce un agent publicitaire, Hassan Kandolo. La plupart de ces motos appartiennent à des particuliers qui, moyennant le versement journalier de 9 000 francs (11,4 dollar), les louent à des conducteurs qui circulent sans assurance ni autorisation du ministère provincial des Transports. Rtbf "Le gouvernement provincial examine la question de la régularisation ou de la suspension des taxis-motos en tenant compte de la loi et de la modernité", a declaré le ministre des Transports de la ville-province de Kinshasa, Rody Mpika Massamba.
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