Règlement : Pour qu’un jeune homme soit admis dans la carrière, il doit payer une taxe à toutes les barrières et faire un serment de respecter toutes les autres lois de la carrière : travailler pour le chef de la carrière, ne jamais quitter la carrière sans autorisation et par la brousse, etc.
Tout le minerai ramassé est remis au chef de la carrière moyennant une petite prime ou salaire…
. Quand les minerais sont lourds, le Kapita de la carrière va au village recruter des transporteurs (souvent des femmes) qui peuvent marcher pendant deux jours vers un lieu de collecte des minerais (souvent un lieu où un hélicoptère peut atterrir ou un véhicule ou une moto peut arriver, sous l’escorte des militaires ou assaillants lourdement armés.
. Pour quitter la carrière pour une raison ou une autre, on est soumis à une période d’observation de 36 heures où tous les besoins biologiques (vomissements, excréments) doivent être signalés et fouillés par les militaires de la cellule de départ. La loi est que rien ne peut sortir de la carrière à l’insu du garde.
. Les récalcitrants sont fusillés en public pour servir d’exemple aux autres. Certains travailleurs arrivent à s’échapper avec des petits colis, souvent avec la complicité des gardes qui eux aussi veulent construire un immeuble dans la ville. Si ces fuyards et complices sont attrapés, il n’y a pas d’autre sentence que la peine de mort immédiate. Les mines n’ayant pas de prison.
Dans les maisons d’accueil ou hôtels de la cité ou ville la plus proche, on trouve des expatriés, des blancs, des Humanitaires gouvernementaux, des casques bleus, des services de l’Etat congolais qui se surveillent sur terrain mais envoient leurs rapports à la même hiérarchie des voleurs ou pillards. Seuls les indépendants (journalistes, chercheurs, ONG, etc.) paient pour leur infraction de se retrouver dans ce lieu privé ou privatisé.
Qui a dit que l’époque de Léopold II avec le territoire congolais comme jardin privé d’un homme , d’une puissance, était révolue? Qui a dit que l’esclavage était aboli ? Qui a dit que la R.D. Congo était indépendant avec un gouvernement, une armée nationale, une police nationale, etc. dont la mission est de sécuriser les personnes et leurs biens?
La vérité est que seules les mines sont sécurisées en R.D.Congo. L’Etat congolais étant un état rentier qui vit et survit du troc des minerais et non des taxes et de la bonne opinion de ses citoyens n’a que faire de sa population... Au commencement du pouvoir en R.D. Congo, il y a les minerais... le peuple n’est interessant que comme main d’oeuvre dans les mines... Au peuple congolais de se redefinir vis-à-vis de cet état des choses qui ne peut pas changer de soi!
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