|
Des accords fondés sur une lecture fantaisiste de l’histoire de notre pays vont faire long feu. Après tous les rapports de l’ONU et de HRW, après les témoignages des gouvernants de Kinshasa eux-mêmes attestant que le Rwanda est le parrain du CNDP et qu’il est au Congo, non pour lutter pour sa sécurité mais pour piller les ressources du Congo et occuper ses terres en utilisant le viol comme arme de guerre, les accords tenant à répondre à la question de la marginalisation de l’ethnie tutsi dans les institutions congolaises ne peuvent être un feu de paille. Ils passent à côté des questions essentielles. Pour rappel, la Suède, la Norvège, la Hollande (et plus tard le Canada) avaient du couper leur aide bilatérale au Rwanda à cause de son rôle avéré dans le soutien aux groupes armés rebelles de l’est du Congo et de son pillage des matières premières de notre pays. Les accords de Goma constituaient un pas en arrière : une réponse aux allégations des tutsi rwandais et congolais opérant militairement sur les terres congolaises ; allégations selon lesquelles ils étaient minorés dans les institutions du pays. Les accords de Goma comme l’intervention de la coalition armée rwando-congolaise (au mois de janvier) à l’est de notre pays répondent aux agendas dont Joseph Kabila et son gouvernement parallèle connaissent les secrets.
Ce rappel est important pour les Congolais « joséphistes », amnésiques et mangeurs. Donc, des accords fondés sur la falsification de notre histoire sociale, économique, politique et militaire ne pouvaient pas connaître un succès éclatant : quelques que patriotes et compatriotes résistants veillaient ! Aussi la boulimie des nkundistes a-t-elle conduit au premier viol : ils ont perçu les taxes dans leur ex-fief. D’autres viols suivront. Cela d’autant plus que ces accords ont foulés au pied toute forme de Justice pouvant cicatriser les blessures provoquées par les massacres, les incendies, les vols et les viols perpétrés à l’est de notre pays. Dans l’absence d’une Justice réparatrice et d’un retour à la Vérité de notre histoire, certains compatriotes ont choisi de multiplier les mouvements de résistance contre le gouvernement Congolais et ses alliés. D’autres ont refusé d’aller au brassage. Certains autres viennent de rompre le lien qui les rendait redevables vis-à-vis de l’accord de Goma. Et l’est de notre pays replonge dans la guerre. De la, voilà ce que nous apprenons aujourd’hui (mercredi 6 mai 2009) : « Alors que l’opération kimia2 n’a pas encore livré ses secrets, voici des foyers des tentions entre les groupes armées commencent à se faire sentir créant une panique psychique dans la population déjà martyrisée par les massacres perpétrés par des rwandophones. » Le brassage se révèle être un échec. Pour preuve, « au courant de la semaine passée il y a eu combat à 7 kms d’Uvira, sur les collines de Katonyera surplombant Kavimvira, entre les militaire du FARDC et 250 éléments de Mai Mai Zabulon, qui ont refusé d’aller au brassage à LUBERIZI où quelques 150 éléments de Mai Mai SHIKITU manque cruellement de quoi manger. Certains parmi eux ont rejoint BARAKA-FORCE. Bilan 3 militaires FARDC tués et 4 combattants de BARAKA force blessés. Alors que le Mwami LENGE (chef coutumier de Bavira à UVIRA) est maintenant dans l’insécurité totale, car il est accusé d’être en intelligence avec les insurgés. » A l’est, nos compatriotes savent que l’infiltration des Rwandais dans les rangs des FARDC est réelle. Ils ont des preuves : « La maison de Mwami Lenge avait été fouillée pour y chercher des armes sur ordre de la 10ème région militaire conduite par un général Tutsi rwandais au nom de MASUNZU, qui, actuellement, ravitaille ses frères guerriers Banyamulenge dénommés par stratégie « GOMINO », c’est-à-dire éleveurs et qui combattent du coté des tutsi rwandais qui se sont infiltrés dans les rangs du CNDP, et envoyés pour l’opération kimia2 à Fizi », avouent nos sources. Malgré tout, les Congolais se battent. « Plus loin, affirment encore nos sources, vers Fizi, les villages de LUSUKU, KAKUKU, BIVUMU, jadis occupés par les guerriers tutsi infiltrés, ont étés récupérées par les Mai Mai YAKUTUMBA. Une tension entre FARDC et BARAKA-FORCE est aussi signalée à LWEBA 12Kms au Nord de Baraka Centre. » Et pour certains signataires de l’accord de Goma, les faiblesses du gouvernement de Kinshasa réapparaissent au grand jour : le non-respect des textes, la clochardisation utilisée comme arme d’extermination des Congolais (et de leurs vaillants résistants) et la tricherie comme tactique de gestion des relations interpersonnelles. Telle est la substance du message que le général Dion Shobora, du groupe Maï-Maï Mongols et porte-parole de ces ex-groupes armés, a confié à la radio Okapi à l’issue de la réunion que ces groupes ont eue entre eux ce mardi 05 mai 2009. Il s’en prend aussi au décret signé par Muzito pour créer le comité de suivi desdits accords. Il s’exprime en ces termes : « entendu que notre procès verbal du 27 mars 2009, relatif à la désignation de nos représentants au comité nationale de suivi n’a pas été respecté, entendu que le gouvernement a clochardisé les chefs des groupes armés abandonnés à Goma, ainsi que leurs troupes mises à la disposition des FARDC et de la PNC, considérant la tricherie opérée par le gouvernement pour anéantir et décourager les chef des ex-groupes armés, avons décidé ce qui suit : primo, l’annulation du présent décret qui viole l’esprit et la lettre de l’accord de paix de Goma, secundo, le retrait de nos combattants mis à la disposition des FARDC et de la Police nationale congolaise, tertio, notre retour dans nos états généraux et fiefs respectifs, quinto, notre suspension de l’accord de paix de Goma du 23 mars 2009. » Il est possible que ces ex-groupes armés reviennent à la table de négociation. Cela n’enlève rien à la fragilité de ces accords fondés sur la négation de notre histoire réelle (par les pouvoirs d’occupation de Kinshasa) et sur les antivaleurs. Et ils finiront par voler en éclat si les valeurs de Vérité et de Justice continuent d’être sacrifiées au nom des agendas cachés gérés par « les frères d’armes » du Congo et du Rwanda et « leurs collabos ». JP Mbelu
|