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UDPS: après la tenue du « premier Congrès », un autre Congrès Bis ou Primo en vue ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Après la tenue du « premier Congrès » piloté par l’Ambassadeur François-Xavier Kalubye Beltchika et ses camarades, l’heure est au bilan compte tenu des attentes qui y étaient afférentes. Le Congrès dit de la refondation devait en principe relancer la machine politique UDPS sur la voie de la conquête du pouvoir. Il est pour l’instant prématuré d’en mesurer l’impact sinon, à travers l’enthousiasme que l’événement a provoqué dans la population. À cet effet, ne convient-il pas de rappeler ici les conditions dans lesquelles ce Congrès s’est déroulé. Le tout a commencé dans une cacophonie indescriptible. La délocalisation de l’événement du jardin zoologique à la résidence de Righini n’était pas de bon augure. C’était à l’évidence le signe que la grande kermesse ne se tenait pas sous l’auspice unitaire mais dans la division totale du parti comme il fallait le craindre. Pour preuve, les deux ailes du parti n’ont cessé de s’affronter ouvertement à travers des déclarations visant à se délégitimer mutuellement. Le consensus politique auquel se serait attendu les membres de ce parti a naufragé. En dépit tout, les congressistes ont siégé. Ils ont pris une série de résolutions. Entre autres, ils ont opté pour la participation de ce grand parti aux prochaines échéances électorales. Ils ont surtout plébiscité le leader charismatique Etienne Tshisekedi comme leur candidat aux élections présidentielles à venir.

Le mystère Tshisekedi continue de planer

À la lumière de ce choix porté sur le leader historique qui semble, en tout état de cause, conséquent et logique, on pourrait être porté à croire au pacte de fidélité des congressistes à l’égard d’Etienne Tshisekedi. En réalité, ce geste apparemment anodin renferme une énigme. Il cacherait des intentions des organisateurs qui n’ont pu, pour plusieurs raisons, être canalisées à leur fin. En effet, s’il faut en croire aux dires de l’aile pro mubakiste et pro mutandiste, le Congrès se serait tenu sans l’aval du chef et dans l’insubordination de ses décisions. Le mystère du silence de Tshisekedi persiste donc et continue de planer sur le futur de cette formation politique. Partant de ce fait, la grande spéculation autour de son nom et de ses décisions continue sans discontinuité dans les deux camps. Il est à considérer que la présence d’un bon nombre de participants découle du fait qu’ils y sont allés de bonne foi croyant que la kermesse se faisait sous la bannière et la bénédiction de leur leader historique tel qu’il en résultait des affichages de la propagande officielle. Non seulement que son nom était mis de l’avant mais, on avait annoncé avec fracas son retour de la Belgique où il séjourne en convalescence et sa participation effective au Congrès. En dehors de la bonne rhétorique, les congressistes n’ont vu l’ombre de leur leader. À la place, ils se sont contentés d’un discours qui a été prononcé, dit-on, en son nom. Comme on peut s’en apercevoir, la tenue de ce congrès dans la division a ouvert la brèche sur sa légalité. Dans l’entretemps, Tshisekedi continue de se blottir dans son silence glacial. On verra dans les jours à venir si l’homme se décidera de parler afin de lever le voile sur les nombreuses questions épineuses qui empoisonnent le climat au sein de son parti. Ce moment est certainement attendu. Il éclairera au bénéfice de tout le monde ce qui s’est passé et quel est finalement son point de vue sur l’orientation de son parti.

Un autre Congrès du même parti : Bis ou Primo ?

Bon vent, mal vent, le Congrès, le premier que ce parti ait organisé, s’est terminé. Pendant que ceux qui l’ont organisé sont en train d’en faire l’évaluation, l’autre camp, annonce pour imminent la tenue du « vrai Congrès ». Un autre, au cours du second semestre de cette même année. La question à se poser est simple : sera-t-il question d’un congrès bis, dans ce cas de figure, d’un Congrès extraordinaire ou, il sera plutôt question d’un Congrès primo, considérant que l’autre n’était pas légal ? Voilà les questions que l’on ne peut manquer de se poser.

Le vent de scission

Face à cette perspective, on en conviendra, les cadres de l’UDPS ont réussi à semer la grande confusion dans le panorama politique congolais. Ils auront réussi à offrir un spectacle désolant pour un parti sur lequel le peuple congolais reposait beaucoup d’espoir. Les choses auraient été beaucoup plus claires si un camp n’ayant plus confiance en son chef décrétait carrément la dissidence et créait impétueusement un autre parti. À la place, ils ont préféré semer le doute et effriter le peu de confiance qui restait encore dans le peuple congolais à l’égard de leurs dirigeants politiques. Faut-il citer ici en exemple le cas qui a eu lieu dernièrement en Afrique du Sud pour rafraichir la mémoire des Congolais ? Tenez, Thambo Mbeki une fois désavoué à la tête de l’ANC et contraint à la démission de la présidence de ce pays, n’a pas hésité de quitter le bateau de son ancien parti pour créer, avec ses partisans, le Congrès du Peuple (Cope). Son choix était fait. Et, il a eu le courage de l’assumer lors des récentes élections. Chaque parti a en effet eu sa part de suffrages sans s’embrouiller ni se mettre les bâtons dans les roues. En RDC, les dirigeants politiques raffolent les copies certifiées conformes en voulant garder la même appellation. Pour le moment, il faut bien dire les choses, nous n’en sommes pas encore à la scission moins encore à la proclamation officielle de la part de ceux qui ont tenu leur premier congrès d’y arriver. Dans les faits cependant, tout démontre qu’il y a vent de scission. Car, les diatribes des uns et des autres ne sont point pour une conciliation des vues. Du moins pour l’instant. L’unique point ferme qui relie encore les deux camps est sans conteste le leader maximo. Mais, plus que sa personne, c’est son silence prolongé qui continue à tenir les deux camps sous le même label. Dès qu’il parlera, la situation ne sera plus la même. Les conséquences devraient être tirées et d’autres décisions tomberont sans doute. Ce qui aura pour avantage d’arrêter la spéculation et de clarifier au grand jour la position des uns et des autres.

Le rêve d’un gouvernement responsable

La suite des événements s’annonce alléchante. Elle sera riche en rebondissements. Les historiens auront d’autres pages d’histoire à écrire. Au bout de la ligne, c’est le peuple congolais qui continue à trimer. Qui continue à attendre l’aurore des lendemains meilleurs. Ce peuple martyrisé attend avec impatience l’émergence d’une force politique nouvelle non inféodée aux pratiques dictatoriales et susceptible de promouvoir l’alternance politique au pays de Lumumba et de Kasa-Vubu. De ce point de vue, le peuple n’a rien à faire de la lutte de tranchée entre les deux camps. Ce dont le peuple rêve, c’est la mise en place d’un gouvernement responsable. C’est en vertu de cela que le peuple congolais reconnaîtra ses vrais dirigeants. Etienne Tshisekedi a depuis longtemps incarné l’espoir dans la masse congolaise. Le temps s’est écoulé sans qu’il ne puisse accéder au pouvoir de manière à répondre aux attentes de son peuple. Dans l’entretemps, les stigmates de la vie commencent à accuser les coups d’une longue bataille. Aura-t-il encore les moyens et les capacités de se mettre au service de son peuple ? C’est à lui de le démontrer en rompant d’abord le silence qui n’a fait qu’empirer la situation au sein de sa formation politique. Ensuite, en renouant le feeling, la complicité avec son peuple qui l’avait jadis adulé et élevé parmi les dirigeants les plus populaires du pays.

Mwamba Tshibangu

 
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