leer
 
 
Erfurt live Header8
Acceuil arrow Autres articles arrow Le sage et l’idiot
Erfurt live Header10 Erfurt live leer0
Menu principal
Acceuil
Qui sommes-nous?
Devenez adhérent
Devenez partenaire
Devenez Bénévole
Faites un don
Galerie photo
Bibliothèque
Vidéos
Textes de référence
Proposer un article
Nous Contacter
Autres articles
Petites annonces
Nos partenaires
Plus jamais ça!










Skype Me

charly_mike

Newsletter






Faites un don
Support www.kric.org in making a small donation:
test
 
Le sage et l’idiot Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

 Image

Entre l’AMP (Alliance de la majorité présidentielle) et la Radio France internationale (RFI), l’heure est à la «méfiance cordiale». Ministre de la Communication et Médias, l’AMP Lambert Mende Omalanga accuse la journaliste Ghislaine Dupont de RFI de «partialité». Lors d’une réunion tenue mercredi 22 avril au siège de ce cartel pro-kabiliste, Mende a dénoncé ce qu’il appelle le «comportement peu professionnel» de RFI. Ce comportement se manifesterait, selon lui, «dans le traitement des nouvelles diffusées sur ses ondes dans le but de nuire» à la République démocratique du Congo. N’est-ce pas confondre les intérêts particuliers de la mouvance kabiliste à l’intérêt général du Congo tout entier ?

Aux dernières nouvelles, Mende menace de recourir à l’arme habituelle consistant à couper le "signal" de la Radio hexagonale. Les médias privés congolais en savent quelque chose. Les responsables congolais et la haute direction de cette radio seraient occupés à trouver un compromis pour éviter la rupture.

Que reproche-t-on à RFI ? Au lendemain de l’élection du nouveau Bureau de l’Assemblée nationale, la journaliste Ghislaine Dupont, citant des sources, a fait état de «milliers de dollars» qui auraient été distribués aux 300 députés reçus le mercredi 15 avril, soit 48 heures avant le vote, à la Ferme présidentielle de Kingakati. Elle avait fait également état de l’engagement pris par le «raïs» d’éponger le solde du crédit auto de ces parlementaires. Enfin, elle avait rapporté que Joseph Kabila avait menacé de procéder à la dissolution de l’Assemblée nationale au cas où les candidats AMP se feraient terrasser par l’opposition. D’où l’ire du clan kabiliste.

L’indignation exprimée par Mende est loin d’être originale. En juin 2006, un mois avant l’organisation du premier tour de l’élection présidentielle, Henri Mova Sakanyi, alors ministre de l’Information avait, lui aussi, menacé de couper le signal de la radio française en RD Congo. Mova était remonté contre …Ghislaine Dupont, envoyée spéciale de RFI à Kinshasa, accusée de «partialité». Sanction : l’accréditation de la journaliste fut purement et simplement annulée. Le cas avait même été évoqué au cours d’une réunion de Conseil des ministres. C’est le point de départ du grand désamour entre les "kabilistes joséphistes" et la journaliste-vedette dont le contenu de certains reportages est parfois discutable.

Depuis la nuit de temps, les gouvernants zaïro-congolais entretiennent des relations ambiguës tant avec les activistes des droits humains que certains médias occidentaux. La situation n’a pas été différente sous Mobutu Sese Seko.
On connaît les rapports conflictuels que la Deuxième République a entretenus avec certains organes de presse belges et leurs «spécialistes-maison». Le régime zaïrois était réputé pour ses "coups de colère" à la moindre critique sans prendre la peine de vérifier le bien-fondé de celle-ci. Les «services» zaïrois ont dépensé tant d’énergies à épier les faits et gestes de certains journalistes au lieu d’analyser la pertinence ou non des griefs articulés à l’encontre du pouvoir. La frilosité du maréchal Mobutu face aux critiques des médias belges n’a pas manqué de jouer un rôle moteur dans la détérioration durable des rapports entre le Zaïre et le royaume de Belgique.

Lors du lancement de la guerre dite de «libération» de l’AFDL, fin septembre 1996, Gaétan Kakudji, représentant de l’AFDL en Europe, brandissait fièrement le rapport établi par l’enquêteur Chilien Roberto Garreton accusant le régime Mobutu de graves violations des droits de l’homme. Que voit-on douze années après? Depuis plusieurs mois, le Congo démocratique de Joseph Kabila s’oppose farouchement à la désignation d’un Rapporteur spécial des droits de l’homme à l’Est de la RD Congo où les groupes armés et les forces régulières sont accusés de brimer la population. Signalons que lors de sa marche victorieuse d’Uvira à Kinshasa, l’AFDL a bénéficié largement des reportages réalisés par une journaliste de RFI qui n’est autre que Ghislaine Dupont. Celle-ci était à l’époque accueillie en "amie".

Il est temps que les gouvernants congolais sachent que le journalisme moderne est indissociable avec l’investigation. Un journaliste est, de ce fait, un investigateur. Il a pour mission de débusquer ce qui se cache derrière le discours officiel. L’allergie qu’affiche le ministre Mende à l’égard de RFI et de sa journaliste démontre l’incapacité du clan kabiliste à tirer les leçons de l’Histoire immédiate du Zaïre-Congo. Cette attitude des bonzes de l’AMP renvoie étrangement à ce proverbe chinois : «Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt.»

B. Amba Wetshi

 
< Précédent   Suivant >
Erfurt live leer
Erfurt live unten Erfurt live leer Erfurt live unten
 
 
Mouvement d'Action pour la Démocratie et la Paix