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Ceux qui ont eu l’opportunité de parcourir l’accord dit de paix signé le 23 mars dernier, à Goma, entre les autorités de Kinshasa, représentées par le ministre de la Coopération internationale et régionale, Raymond Tshibanda, et le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), dirigé désormais par un certain Désiré Kamanzi, n’ont pas manqué d’éprouver un certain malaise. Et ce, pour au moins quatre raisons. Primo : l’éviction de Laurent Nkunda de la tête du CNDP et la «déclaration de la fin des hostilités» faite le 17 janvier par le «général» Bosco Ntaganda n’ont ramené la paix au Nord Kivu qu’en apparence. En réalité, la guerre se poursuit… par d’autres moyens. A savoir, la "négociation". Un nouvel embrasement pourrait survenir à tout moment. Le «CNDP» exige, pardon, «demande» l’amnistie générale, des postes dans les grands corps de l’Etat y compris au niveau du gouvernement provincial et national, pour ses hommes.
Secundo : Après avoir crié sur tous les toits qu’il ne s’occupe ni de Nkunda ni de son mouvement, Paul Kagame est sorti du bois. «Leur sort et leurs revendications sont des affaires congolo-congolaises», déclarait-il (voir J.A n° 2466). Kagame n’avait pas dit la vérité. En réalité, c’est lui qui a toujours tiré les ficelles de la déstabilisation dans les provinces du Kivu. A preuve, il a suffit qu’il claque les doigts pour que ses «créatures» rentrent dans les rangs. L’intégration précipitée des combattants ( ?) du CNDP dans l’armée congolaise s’est faite sous le diktat. Rwandais. Conscient de sa position, Kagame avance désormais ses hommes - ses pions ?-, à visage découvert. Il dicte les règles du jeu face à un Joseph Kabila prêt à baisser le froc. Le «raïs» a peur. Marionnette, il redoute que son ex-parrain rwandais organise sa chute. Sait-on jamais ! Inutile de relever que Joseph ne fait pas le poids face à son homologue rwandais avec lequel il est incapable de traiter d’égal à égal.
Tertio : l’unique mutation intervenue au CNDP est l’extinction de l’ambition clamée par le «Chairman»Laurent Nkunda Mihigo d’aller jusqu’à Kinshasa pour renverser Joseph Kabila. Les exigences communautaires ont été replacées au premier plan. «Son {Nkunda, Ndlr} intransigeance avait fini par faire de lui un obstacle pour la paix et risquait de compromettre l’ensemble du processus de coopération régionale», déclarait Kagame dans sa toute récente interview accordée, mi-mars, à l’hebdomadaire parisien «Jeune Afrique» n°2514.
Quarto : la RD Congo est plus que jamais infiltrée par des «agents» du régime rwandais – Joseph Kabila en tête. Ces individus se font passer pour des Congolais, issus de l’ethnie tutsi, alors qu’ils n’ont aucune attache ni sociale ni psychologique avec la RD Congo. Durant plusieurs semaines, le ministre Tshibanda a négocié avec Désiré Kamanzi, un avocat notoirement connu comme citoyen du pays des Mille collines. Il n’est, dès lors, pas surprenant de trouver dans l’accord précité ce passage pour le moins étrange : «Les parties conviennent de la création d’un mécanisme national (…), pour lutter contre la xénophobie.» De quoi parle-t-on ? La xénophobie n’est-elle pas cette hostilité exprimée à l’égard des étrangers ? Est-ce un aveu, quand on sait que la discrimination entre citoyens congolais se nomme «tribalisme», «éthnicisme» et non la xénophobie? Les Congolais sont prévenus.
Depuis la pseudo libération du 17 mai 1997, l’ex-Zaïre ne sait plus reconnaître ses enfants. James Kabarebe, officier supérieur rwandais, a ainsi dirigé l’armée nationale congolaise. Il était présenté par le Mzee LD Kabila comme un Tutsi congolais dit «Banyamulenge». La même suspicion pèse sur Joseph Kabila dont le parcours reste mystérieux. Un certain Bizima Karaha, sorti du néant, a dirigé la diplomatie de la RD Congo durant près de deux ans. La liste n’est pas exhaustive. Aucun pays du monde ne laisse les étrangers occuper des fonctions dans sa haute administration publique. Encore moins dans la police et l’armée. La sécurité nationale oblige! Lors des élections présidentielles de 2006, le Commissaire européen Louis Michel s’était cru en droit d’intervenir pour proscrire le débat sur certains thèmes dont la fameuse «Congolité». Est-on xénophobe simplement parce qu’on voudrait jeter un coup d’œil dans le C.V. d’un prétendant à une fonction comme l’aurait fait n’importe quelle nation dite civilisée afin de s’assurer de la probité et surtout de la loyauté de la personne concernée ?
Lien juridique qui rattache un individu à une nation bien déterminée, la nationalité est indissociable avec un attachement affectif à sa patrie. Peut-on promouvoir la paix, le développement social et la prospérité économique dans un pays qu’on n’aime guère ? Les citoyens rwandais qui s’arrogent la qualité de Congolais en se dissimulant derrière la bannière du CNDP ont engagé un pari risqué. Très risqué. Un jour, la RD Congo s’éveillera… B. Amba Wetshi |