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La presse de République démocratique du Congo (RDC) rapportait le 12 mars dernier que le franc congolais avait repris sa dévaluation face au dollar américain et à l’euro.
La barre des 800 francs congolais pour un dollar américain a été franchie le 11 mars dernier à Kinshasa sur le marché noir, où il faut déjà plus de 1 000 francs pour obtenir un euro.
En trois mois, la monnaie congolaise a perdu plus de 35% de sa valeur face au billet vert, entraînant une flambée des prix de biens de consommation, et partant des produits de première nécessité, dans un pays où le revenu moyen par habitant est d'un dollar par jour.
Sur les marchés de Kinshasa, l'augmentation des prix de produits alimentaires est proportionnelle au taux d'inflation. Un sac de cossettes de manioc se négocie ainsi actuellement de 45 000 à 47 000 francs congolais (FC), soit une augmentation de plus de 30% par rapport à fin décembre 2008. Le prix du maïs ayant subi la hausse.
Le prix d'un bidon d'huile de palme est passé de 9 000 à 15 000 FC, alors qu'un sac de riz de 25 kilos s'écoule aujourd'hui à 24 000 FC, contre 19 000 FC en début février. Un carton de poisson est acheté à 40 000 FC contre 30 000 FC en fin décembre.
La devise en circulation en RDC avait déjà connu une première dévaluation début janvier 2009, avant que le gouvernement de Kinshasa et la Banque centrale du Congo (BCC) ne prennent une série de mesures, dont un relèvement du taux directeur d'intérêt par pallier de 28% à 63%.
La monnaie congolaise était ainsi remontée au taux de 650 FC pour un dollar (550 sur le marché parallèle) après une chute brutale de l'ordre de 20%, avec des taux qui avaient alors atteint plus de 900 FC pour un dollar.
Il semblerait cependant que les interventions de la BCC aient réduit ses réserves en devises étrangères, qui avaient chuté en février à 36 millions de dollars, soit un à deux jours de couverture des importations.
La RDC qui tente de se remettre des suites d'une longue guerre civile et régionale de 1998 à 2003, est touchée de plein fouet par la crise économique mondiale et la chute des cours de ses matières premières, bien que celui du cuivre ait rebondi en raison de la faiblesse des stocks.
Face à la baisse de ses recettes, le gouvernement tente de les «maximaliser» en réclamant des régies financières qu'elles collectent davantage et plus rapidement les impôts et taxes dus.
Kinshasa compte également sur l'aide des donateurs internationaux, alors que la Banque mondiale (BM) a annoncé le 27 février l'octroi d'une aide de 100 millions de dollars à la RDC, en faisant l'un des deux premiers pays, avec l'Arménie, à bénéficier d'une nouvelle facilité de prêts d'urgence.
Cette aide doit permettre de financer des importations indispensables de biens et de matières premières, de payer des enseignants ainsi que les factures d'eau et d'électricité de l'Etat.