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Ce lundi 16 mars s'ouvrira à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), la session ordinaire de l'Assemblée nationale, chambre basse du Parlement congolais, sur fond de crise entre le président de cette institution Vital Kamerhe et sa famille politique, l'Alliance pour la majorité présidentielle (AMP) qui lui demande de démissioner pour avoir commis un crime de lèse-majesté contre le président de la République Joseph Kabila Kabange. Le président de l'Assemble nationale Vital Kamerhe avait indiqué, dans une interview accordée à la Radio Okapi (radio officielle de la Mission de l'ONU en RDC) début février, qu'il n'était pas "informé de l'entrée sur le territoire congolais le 20 janvier, des troupes de l'armée rwandaise" venues traquer les rebelles hutu rwandais du Front démocratique pour la libération du Rwanda (FDLR - opposé au régime de Kigali) qui opèrent à partir de l'est de la RDC pour reconquérir le pouvoir dans leur pays. Cette déclaration a été mal perçue par sa famille politique, le Parti du peuple pour la reconstruction et le développement (PPRD, parti du président Joseph Kabila) qui pilote la plateforme AMP, qui regroupe les partis PPRD, PALU (Parti lumumbiste unifié du patriarche Antoine Gizenga) et l'UDEMO (Union des démocrates mobutistes de Mobutu Zanga, fils du défunt président Mobutu Sese Seko).
L'AMP considère cette déclaration comme un désaveu du président Joseph Kabila. A l'issue d'une réunion tenue sous la direction du président Kabila dans sa ferme située à 50 km de Kinshasa il y a quelques jours, l'AMP a adressé au président de l'Assemblée nationale Vital Kamerhe, un élu de la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu (est), une lettre lui demandant de démissioner de la présidence de cette institution. Toute tentative de M. Kamerhe de s'expliquer auprès de ses pairs sont restées vaines. Par contre, l'AMP a enjoint tous ses députés membres du bureau de l'Assemblée de démissionner. Ainsi, cinq de sept membres qui composent le bureau de l'Assemblée nationale ont déposé, par contrainte, leur démission. Parallement, trouvant que la démarche du gouvernement de faire entrer sur le territoire congolais des troupes d'une arme étrangère sans que les représentants du peuple (députés) en aient été informés au préalable comme l'exige la Constitution congolaise, des députés de l'opposition ont initié une pétition ayant requis plus de 250 signatures sur les 500 députés que compte l'Assemblée nationale, pour la convocation d'une session extraordinaire en vue d'examiner la question de l'entrée "illégale" des troupes rwandaise en RDC. Ce qui a eu pour effet d'axerber la colère des membres de l'AMP et de creuser la mésentente entre MM. Kamerhe et Kabila, ce dernier estimant que le président de l'assemblée était à la base de la pétition. La démission de cinq de sept membres du bureau de l'Assemblée nationale a, cependanrt, retardé la tenue de la session extraordinaire, alors qu'après quels jours d'opération conjointe avec les éléments des Forces armées congolaises contre les rebelles du FDLR, les soldats rwandais ont regagné leur pays début mars. Des interventions extérieures pour réconciler le président Kabila et M. Kamrhe, considéré pourtant jusqu'à là comme le fidèle des fidèles du chef de l'Etat congolais, n'ont pas donné de bon résultats. Dans une interview qu'il a accordée à la presse au début de la semaine dans la localité de Musienene, dans la province du Nord- Kivu où il se trouvait en tournée, M. Kabila a, pour toute réponse à la question sur le climat qui prévaut entre lui et le présient de l'Assemblée, indiqué que "personne n'est indispensable", ajoutant qu "les hommes passent et les institutions restent". C'est dans ce climat de crise au sommet de l'Etat congolais et qui risque d'affecter d'autres institutions du pays, qu'intervient l'ouverture de la session ordinaire de l'Assemblée nationale lundi après midi. Comme le veut la Constitution de la République, M. Kamerhe devra pononcer, devant ses pairs députés, les membres du gouvernement et les ambassadeurs chefs des missions diplomatiques accrédités à Kinshasa, un discours axé sur le travail accompli durant la dernière session, ce qui reste à faire et le programme sur le session qui s'ouvre ce lundi. M. Kamerhe devra surtout fixer l'opinion sur sa version des faits qui lui sont reprochés par sa famille politique qui demande sa démision, ou demander, à ses pairs lors de la plénière de décider sur son départ ou non. Ce qui passerait pour de la rébellion aux yeux de l'AMP au cas où les députés de l'opposition opteraient pour son maitien. Un membre de l'AMP, qui a requis l'anonymat, a cependant indiqué que la "démission de Vital Kamerhe était certaine" et que plusieurs noms sont cités pour le remplacer. C'est le cas notamment de l'actuel secrétaire général du PPRD Evariste Boshab, ancien directeur de cabinet du président Kabila et de M. Lutundula Apala, vice-président de l'Assemblée nationale, démissionnaire. Xinhua |