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Des Congolaises de Belgique dénoncent la violence sexuelle Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Les participantes à cette manifestation ont dénoncé l’impunité ambiante et le mutisme des autorités congolaises.

Sous un temps froid et venteux, des centaines de femmes congolaises vivant en Belgique ont arpenté dimanche 8 mars les rues de Bruxelles dans l’espoir de faire entendre leur voix, à l’occasion de la journée internationale de la femme. C’était à l’appel d’un collectif «Tous ensemble pour la cause des femmes en République Démocratique du Congo» et le soutien de quelques partis politiques belges ainsi que des ONG. Ces «Mamans» ont élevé leur voix pour que «cesse l’indifférence».

Parti de la Place Royale, le cortège est arrivé au Palais de la justice, terminus de la manifestation où plusieurs oratrices se sont focalisées sur la «fragilité» de la femme qui «paie un lourd tribut» à la suite de l’insécurité dans la partie orientale du pays. Tout au long du cortège, on a entendu des chants puisés dans le patrimoine religieux axé sur le rassemblement. Les marcheuses ont dénoncé la violence faite aux femmes sous toutes ses formes. Elles ont dénoncé aussi la guerre qui a ravagé l’est du Congo, le viol utilisé comme arme de destruction de la femme et l’impunité des auteurs de ces crimes. Elles ont brandi des calicots où l’on pouvait lire notamment : «Non à la guerre», «Stop à l’impunité», «Non au viol», «Paix et justice». Le bilan est lourd : 40 mille femmes violées en 5 ans, selon des organisations non gouvernementales ; aucune amélioration en ce qui concerne le viol, d’après un récent rapport de l’ONU.

Elisabeth Kidicho, médecin de son état, a eu ces mots: «Ceux qui nous ont fait du mal, où qu’ils soient, combien d’années qu’il faut, seront poursuivis parce qu’ils ne peuvent pas jouir d’une impunité après avoir massacré des femmes et toute une population, ce n’est pas possible». La journaliste Césarine Bolya d’enchaîner : «Il était inimaginable, il y a 20 ans, que je me fasse violer si je me rends seule au fin fonds de la forêt. Mais aujourd’hui, je dois intégrer dans ma tête quelque chose de nouveau : le viol ». Activiste du mouvement associatif, Marie-Claire Ruhamya, de renchérir : «On a peur que cela soit banalisé alors que c’est une situation dramatique».

A tout considéré, ces agressions sexuelles dépassent le simple recherche de plaisir mais elles détruisent toute une société, ont clamé les femmes dans leur ensemble. Ce problème est vraiment politique. Une marcheuse s’est indignée du mutisme des autorités congolaises. Il existe bel et bien en RD Congo, des instruments et mécanisme juridiques en rapport avec la violence faite aux femmes. Il est temps que les législateurs congolais aggravent la répression du viol, utilisé comme arme de guerre.

Le parlement régional bruxellois (Région Bruxelles Capitale) a adopté l’année dernière une résolution sur «la violence infligée aux femmes et aux jeunes filles en RD Congo et dénonçant le viol, stratégiquement utilisé comme arme de guerre et de destruction». Avec cette résolution, cette assemblée s’est dotée d’un outil qui lui permet notamment d’apporter un appui aux actions de terrain menées par des ONG et de fournir une aide aux personnes victimes des sévices sexuelles en RD Congo.

Ali Kalonga

 
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