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Une expression est actuellement en vogue dans le landerneau politique kinois en général et au sein de la famille politique pro-kabiliste en particulier. Il s’agit de l’ "Autorité morale".
Qu’est ce que l’autorité ? En prenant le premier dictionnaire venu, on peut lire que le vocable «autorité» renvoie à l’idée de droit ; de pouvoir de commander et de prendre des décisions. Il s’agit donc d’une personne ou d’un organisme qui exerce cette autorité.
Qu’est-ce donc la morale ? Dérivée du mot latin «mores» (mœurs), par morale, il faut entendre les règles de conduite. Ethique, vertu, honnêteté, déontologie sont autant des synonymes du mot «morale». Comme on peut le voir, une autorité ne peut être qualifiée de "morale" que lorsqu’elle conforme ses décisions aux principes en vigueur. Une autorité morale n’est-elle pas avant tout un gardien d’un certain ordre social? Et pourquoi pas d’un ordre moral ? Le commun des mortels attend d’un homme politique ou gouvernant qu’il joue ce rôle de gardien de l’ordre social en sa qualité de garant de l’intérêt de chacun et de tous. Gardien d’une certaine éthique. A l’époque de Grecs et Romains, la gestion des affaires de la Cité était confiée aux «meilleurs citoyens». Des hommes réputés pour l’exemplarité de leur comportement. Des hommes vertueux tant dans leur vie privée que publique. Bref, des modèles de référence.
Il y a une trentaine d’année, Gary Hart, candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine, a dû se retirer de la course pour avoir été pris en flagrant délit d’adultère par des journalistes. Il y a quelques semaines, le ministre japonais des Finances a été «viré» pour ivrognerie. C’est dire que chacun a le droit de pratiquer n’importe quel métier. En revanche, celui qui s’engage dans la carrière politique n’a pas le droit de se comporter comme le commun des mortels. Il doit faire preuve de beaucoup plus d’exigence vis-à-vis de soi-même.
A moins de deux semaines de la rentrée parlementaire prévue lundi 16 mars, le Bureau de l’Assemblée nationale de la RD Congo ne compte plus que deux membres. A savoir : le PPRD ( ?) Vital Kamerhe, le président, et le rapporteur adjoint Ngokoso de l’Union de démocrates mobutistes (Udemo). «L’Assemblée nationale et le Sénat sont dirigés chacun par un Bureau de sept membres», édicte l’alinéa premier de l’article 111 de la Constitution. Outre le président et ses deux adjoints, il y a un rapporteur, un questeur et leurs adjoints respectifs.
Le deuxième et dernier alinéa de ce même article énonce pour sa part : «(…). Les membres du Bureau sont élus dans les conditions fixées par le Règlement intérieur de leur chambre respective.» Questions : Que sont devenus les cinq autres membres de cette haute instance de la Représentation nationale ? La réponse est simple : ils ont démissionné. Pourquoi ont-ils décidé de se démettre en pleines vacances parlementaires et en transgressant le principe élémentaire de parallélisme des actes? La réponse est tout aussi simple : ils ont démissionné à la demande de l’«Autorité morale» de l’AMP (Alliance pour la majorité présidentielle). C’est ainsi que Joseph Kabila est nommé au sein de l’AMP, cette coalition des partis qui ont soutenu le "raïs" au second tour de l’élection présidentielle de 2006.
Dimanche 22 février dernier, le "raïs" a présidé une réunion du «Comité politique» de ce cartel. Les membres de ce comité très spécial appartiennent tous à l’Exécutif : André-Philippe Futa, Olivier Kamitatu, Athanase Matenda, Lambert Mende et Alexis Thambwe Mwamba respectivement ministre de l’Economie, du Plan, des Finances, de la Communication et des Affaires étrangères. C’est bien ce comité qui, sous la présidence de l’Autorité morale, a pris la redoutable initiative de décapiter l’Assemblée nationale. Au nom des combines politiciennes, Kabila et ses amis s’autorisent à violer le principe sacro-saint de la séparation de Pouvoirs. Pour préserver quel intérêt national?
Vous avez dit "Autorité morale" ? Allons donc ! Ne serait-il pas plus logique de donner à Joseph Kabila le titre bien mérité d’Autorité immorale de l’AMP ? B. Amba Wetshi |