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Kigali, Kampala et Kinshasa dans le mur: le prochain plan a déjà échoué Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Quand « les experts » de tout poil reviendront dans une cinquantaine d’années sur l’histoire de notre pays, ils chercheront à comprendre comment « ce colosse aux pieds d’argile » a pu résister à la traite négrière, à la colonisation belge, au néocolonialisme de « troïka » (la France, la Belgique et les U.S.A. Réunis) et à « la troisième guerre mondiale » initiée par les Anglo-saxons depuis les années 90. Au cours de cette « troisième guerre mondiale », une bonne partie de pays africains a rejoint « les charognards » du monde entier pour dépecer le Congo de Lumumba.

Malgré cela, le Congo n’a pas encore disparu de la carte de l’Afrique! Un miracle! Peut-être un signe prémonitoire d’un pays appelé à réaliser un projet civilisateur du monde de demain. Il aura prouvé, par la résistance de ses filles et fils, mains nues, que rien de consistant ne peut se bâtir sur le vol, le viol, le pillage, les mensonges, l’hypocrisie et la trahison des valeurs d’humanité telle que la justice, la paix, la fraternité.

Une même stratégie et les mêmes pseudo-justifications

Au cours de toutes ces guerres d’agression et occupations étrangères, la stratégie est la même: le marionnettisme sur fond des mensonges et des pseudo-justifications. Face à cette stratégie cynique, plusieurs de nos compatriotes s’entredéchirent, tombent dans l’auto-flagellation et/ou dans le sadomasochisme avant que « les bourreaux » ne passent aux aveux: « Non. Vous êtes innocents. Nous regrettons d’avoir tué Lumumba et d’avoir fait main basse sur vos matières premières. Oui. C’est nous qui avons créé Mobutu. Il nous était nécessaire pendant la guerre froide. Avec lui, le Club de Paris et les Institutions financières internationales ont gagné beaucoup d’argent sur le compte des Zaïrois. Que voulez-vous? Nous sommes des capitalistes. Nous n’avons pas d’amis; nous n’avons que les intérêts ».

Avant que « les bourreaux» ne passent aux aveux, leur machine médiatique véhicule les pseudo-justifications: « Lumumba était un sale communiste! Mobutu un dictateur à mettre hors d’état d’agir ».

Les Zaïrois des danseurs, sans plus »

Aujourd’hui encore, la même machine médiatique est en marche. Elle a soutenu pendant longtemps que les Congolais se faisaient une guerre ethnique avant que les faits ne puissent la confondre et qu’elle reconnaisse que les multinationales du Nord ont armé les différentes rébellions congolaises, rwandaises et ougandaises pour voler les matières premières stratégiques du Congo. « Nos amis » du Nord n’ont pas hésité à nous confier que la guerre d’agression du Congo est entretenue par les U.S.A., la Grande-Bretagne et Israël. Cet exemple de la confidence d’un diplomate occidental à Modeste Mutinga se passe de tout commentaire: « Un diplomate occidental ahuri par l’instabilité politique, la crise économique qui gangrènent la RD Congo, m’a apostrophé « ...Vous connaissez la capacité de nuisance des Etats-Unis.

Washington est capable de vous faire la guerre (directement ou indirectement) ou de vous offrir la paix. Si votre pays qui est au centre de l’Afrique acceptait de recevoir l’Africom, la sécurité vous sera garantie pendant plusieurs années. Rappelez-vous la longévité de Mobutu au pouvoir. » (M. Mutinga, RDC sous le parapluie américain, dans Le Potentiel du lundi 23 février 2009)

Malgré toutes ces preuves des guerres téléguidées, il y a encore « des experts belges » qui vous soutiennent les thèses selon lesquelles la guerre d’agression du Rwanda au Congo relève de la vengeance de notre petit voisin contre le soutien que Mobutu offrait à Habyarimana! Mettant entre parenthèse le rôle de marionnette joué par Mobutu pendant la guerre froide, ils veulent que les Congolais sachent qu’ils paient les choix hasardeux de leur ex-président, l’ami de Bisengimana, des Américains, des Belges et des Français. Malheureusement, il y a encore des compatriotes qui attachent de l’importance à ces analyses tordues n’ayant d’autre but que de remettre aux calendes grecques la réécriture de l’histoire du Congo par les Congolais.

Arriver à identifier « nos bourreaux » est une étape très importante dans la réalisation de « notre plan », sans tomber dans la logique victimaire. Cela nous permet d’orienter nos actions vers les véritables cibles et de relativiser, tant soit peu, le rôle des supplétifs. Voilà pourquoi nous savons, nous, que Kigali, Kampala et Kinshasa vont droit dans le mur. Que leur plan a échoué. Cela pour plusieurs raisons. D’un, ils ne savent plus comment procéder pour tromper et manipuler les millions des Congolais que nous sommes. De deux, nos populations ont repris la parole et s’expriment sur la scène nationale et internationale.(Relire la lettre du 19 février 2009 des ONG locales à Joseph Kabila) De trois, l’opinion congolaise se forme au jour le jour et le nationalisme congolais rené de ses cendres. De quatre, à partir de nos analyses, nous avons réussi à identifier, de manière constante, nos véritables « bourreaux » et la rue risque de gronder si les supplétifs jouent à l’excès le rôle de premier plan.

Notre capacité d’analyse et d’action

Notre capacité d’analyse devient de plus en plus auto-suffisante. En dehors de « nos amis sincères », nous savons que sur certains dossiers, les analyses d’un Freddy Mulumba, d’un Amba Wetshi, d’un Mbaya Kankwenda, d’une Candide Okeke, d’une Jeanne-Marie Sindani,etc. sont souvent profondes et justes. Nous n’avons plus rien à envier aux experts dits internationaux. Il était temps que nous puissions couper ce cordon ombilical avilissant : penser par procuration sans une sérieuse remise en question des thèses dominantes des médiamensonges.

Il a suffi que nous apprenions que les troupes ougandaises et rwandaises se retirent de notre pays pour que dans un article intitulé ‘Fin de la guerre ou occupation du Kivu par le Rwanda?, Freddy Mulumba aille à l’essentiel en notant ceci : « Samedi le 21 février 2009, Kigali annonce le retrait de ses troupes dans la province du Kivu alors que le parlement rwandais avait demandé à Paul Kagame de prolonger l’opération de 2 mois. Dans cette opération, c’est Paul Kagame qui sort gagnant. D’abord, il est parvenu, avec la complicité de Kinshasa, d’affaiblir les Hutu rwandais qui avaient des ambitions de reconquérir, à partir de la RDC, le pouvoir politique au Rwanda détenu par les Tutsi.

Ensuite, en annonçant le retrait de ses troupes du territoires congolais, Paul Kagamé laisse derrière lui ses agents du CNDP et des soldats démobilisés rwandais qui sont réintégrés dans les forces armées congolaises. Comme du temps des troupes du RCD, les ex-troupes du Cndp vont jouer aux agents du Rwanda sur le sol congolais et surtout dans la province du Kivu. D’ailleurs depuis 1996, les troupes rwandaises n’ont jamais quitté le territoire congolais. Enfin, cette occupation va profiter aux élites politiques de Kinshasa, Kigali et les multinationales anglo-saxonnes.

Pour légaliser ce pillage de resources minières congolaises, les gouvernements occidentaux conseillent la mise en place de la Cepgl (communauté économique des pays de grands Lacs) qui, à travers elle, les sociétés mixtes congolaises et rwandaises exploitent les matières premières. » (Lire Le Potentiel du 23 février 2009) Et que Baudouin Amba Wetshi crie à «la grande manipulation Kabila-Kagame » (Lire l’éditorial de Congoindependant.com du 21 février 2009)

Ce plan qui consiste à pénétrer à l’intérieur du Congo par les supplétifs de l’ordre anglo-saxon interposés en usant des mensonges, de la manipulation, de l’argent et des médias dominants est maîtrisé par les empêcheurs de penser en rond congolais.

En plus de cette grande capacité d’analyse congolaise, il y a des actions menées par les collectifs congolais auprès des bailleurs de fonds de Kigali et de Kampala.

Pour rappel, ces deux pays vivent d’un budget dépendant à plus de 50% de l’aide extérieure et du pillage des matières premières du Congo. Donc, le lobbying mené auprès de leurs bailleurs de fonds a déjà commencé à porter du fruit. Après la Suède et les Pays-Bas, deux ou trois autres pays occidentaux se disent disposer à couper la manne au Rwanda.

Des collectifs congolais très actifs au Canada et aux U.S.A. se sont mis ensemble pour rappeler au Président Obama qu’il a, lors de son discours d’investiture, soutenu que « ceux qui veulent prendre le pouvoir par la corruption et la répression de la dissidence sont du mauvais côté de l’Histoire. »

Des négociations vont bon train entre certains pays occidentaux marchands des matières premières et certains collectifs congolais. Ces derniers ont choisi de jouer carte sur table en leur disant ceci: « Nous savons que vous avez besoin des matières premières comme nous. Pourquoi voulez-vous passer par des pays tiers et la mort de nos compatriotes pour les acquérir ? Nous sommes disposés à travailler avec vous sans aliéner notre libre-arbitre et dans les respect de la vie de nos populations. »

Il est possible que ces négociations aboutissent et que le Rwanda, l’Ouganda et leurs supplétifs kinois ne soient plus des partenaires incontournables des « maîtres du monde ». Et que leur plan diabolique échoue. De toutes les façons, les Congolais n’ont pas encore dit leur dernier mot. A l’extérieur comme à l’intérieur du pays, la vigilance est désormais de mise. Et la lutta continua...

JP MBELU

 
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