 | | © D.R |
| | |
|
Un bilan aggravé de la situation humanitaire en République démocratique du Congo (RDC) a été dressé devant le conseil de l’ONU le 18 février par le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, John Holmes, de retour d’une mission dans ce pays.
Au regard de la détérioration de la situation dans les zones touchées par le conflit et dans le reste du pays, il a estimé que «831 millions de dollars sont nécessaires pour couvrir l’ensemble des besoins humanitaires de la RDC, soit une augmentation de 11% par rapport à l’année dernière».
Le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU a déclaré que 76% de la population totale souffraient de malnutrition et que 54% n’avaient pas accès à l’eau potable.
Il a ajouté que les pandémies chroniques du paludisme, du choléra, de la peste et de la fièvre hémorragique Ebola affaiblissaient encore davantage cette population déjà vulnérable, martelant que «nous ne pouvons pas détourner notre regard de la RDC».
John Holmes a expliqué que depuis décembre 2008, les attaques lancées par la LRA dans la province orientale en représailles des opérations menées contre ses membres par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les Forces de défense populaires de l’Ouganda (FDPU), avaient entraîné la mort de près de 900 personnes et provoqué la fuite de 160 000 personnes.
«La brutalité gratuite, le mépris total pour la vie humaine et le sort qui est particulièrement réservé aux femmes et aux enfants horrifient même ceux qui étaient habitués aux déprédations commises par la LRA dans d’autres régions depuis 20 ans», a lancé monsieur Holmes.
Lors de sa mission sur le terrain, il a exhorté les FARDC et aux Forces de défense populaires de l’Ouganda de protéger les civils dans leurs opérations militaires contre la LRA, en s’appuyant notamment sur une présence accrue de la MONUC.
Déplorant le manque de moyens des autorités qui entraîne l’impunité des criminels de guerre, monsieur Holmes a signalé que les criminels sexuels notoires faisaient parties des FARDC et a émis l’espoir que des mesures concrètes puissent être arrêtées pour faire face à ce problème.
Sur le volet des réfugiés, John Holmes a évoqué la précarité avancée des conditions de vie des personnes déplacées dans le Nord-Kivu, notamment des 250 000 personnes ayant fui les combats entre le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et les FARDC et qui, depuis août dernier, sont venues s’ajouter aux 800 000 autres réfugiés regroupés dans la zone.
«La communauté internationale doit aider cette population si elle veut lui permettre de retourner chez elle dans la sécurité et la dignité», a insisté le Coordonateur des secours d’urgence des Nations Unies.
Monsieur Holmes s’est toutefois félicité du retour dans leur pays entre le 1er janvier et le 16 février dernier de plus de 3 millions de réfugiés rwandais sous l’égide du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).