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Kinshasa - Kampala: retrait des troupes ougandaises à l’ordre du jour Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Désaccord ? Discordances ? Quelle que soit la réponse, Kinshasa et Kampala ne parlent plus le même langage en ce qui concerne la fin de l’opération conjointe militaire entre la RDC et l’Ouganda. A la date annoncée par le président de la République pour le retrait effectif des troupes ougandaises, rien n’est fait. L’armée ougandaise est toujours en République démocratique du Congo.

Ceux qui doutaient de la sincérité de l’Ouganda de respecter ses engagements sont en train d’être bien servis. En effet, selon l’annonce faite par le président de la République, Joseph Kabila, lors de son dernier point de presse, les troupes ougandaises devraient commencer à se retirer du Congo à partir du 13 et 14 février.

En prévision de ce retrait, le ministre de la Défense, Mwando Simba, et le chef d’Etat major général des FARDC, le général Didier Etumba, viennent d’effectuer une visite d’évaluation dans la province Orientale. Si les deux parties, ougandaise et congolaise, se félicitent des résultats obtenus - la capacité militaire de la LRA aurait été réduite à 90% - aucune des deux parties n’a confirmé officiellement la fin et le retrait des troupes ougandaises.

Bien au contraire, les officiers ougandais sont demeurés évasifs. Ils ont promis de « donner une réponse précise » au gouvernement congolais au courant de cette semaine après concertation à Kampala sur les «dispositions techniques de ce retrait ».

Mais avant que cette réponse ne soit connue, l’on apprenait sur les antennes de RFI captée hier lundi à Kinshasa que l’Ouganda refuse de retirer ses troupes de la RDC tant qu’il «existerait encore un seul rebelle ougandais en RDC ». En d’autres termes, l’armée ougandaise demeurera au Congo autant de jours qu’elle le voudra avec ou sans l’accord du gouvernement congolais.

Réagissant à ce sujet, le ministre de la Défense a affirmé que la question est à l’ordre du jour. Des contacts sont établis pour mieux gérer ce retrait à la satisfaction de deux pays.

Des craintes amplement justifiées

Cette attitude insolente de l’Ouganda était attendue par les observateurs avertis. Surtout que ce pays n’en est pas à sa première volte-face, car il s’est toujours servi de prétextes sécuritaires pour satisfaire ses ambitions économiques illégitimes afin d’exploiter les richesses congolaises. En 1996, ensuite en 1998-2002, la LRA était là et l’armée ougandaise ne l’avait jamais inquiétée.

Selon les rapports qui parviennent à notre rédaction, l’armée ougandaise s’est contentée de se déployer dans des « sites stratégiques » du district du Haut-Uélé, là où il y a du pétrole et des minerais, plutôt que de traquer les éléments de la LRA.

Mais pour couvrir l’échec de cette opération avec la fuite de Joseph Kony, la mauvaise élaboration de cette mission militaire depuis Kampala, le chef de l’Etat ougandais avait annoncé les couleurs dae ce refus. Il y a eu d’abord cette accusation à l’endroit de la Monuc pour inaction contre la LRA. Ensuite, la même observation à l’endroit de Kinshasa et la Monuc pour n’avoir pas pris des dispositions en vue de déployer des « forces zonales » pour protéger les populations civiles. Sans oublier le « blocus économique » au poste frontalier de Bunangana, comme pour faire chanter Kinshasa.

Entre-temps, Museveni doit faire face à la grogne des officiers de son armée qui n’ont pas été associés à la mise au point de cette opération militaire conjointe, particulièrement ceux de l’Etat-Major général de l’armée ougandaise. Presqu’au même moment, le président Museveni, soutenu par son ministre de la Défense, proposait la création des provinces du Kivu et Orientale, à l’image du Sud Soudan, vers leur auto-détermination. Autant de subterfuges pour des agendas cachés. Maintenant que Kampala refuse de retirer ses troupes de la RDC, celaz doit donner raison aux députés pétitionnaires et aux Evêques catholiques.

Le gouvernement devant ses responsabilités

A moins que Kampala se dédise, ce refus met le gouvernement congolais devant ses responsabilités : celles de tout mettre en œuvre pour amener l’Ouganda dans la voie de la raison afin qu’il retire ses troupes de la RDC.

Mais il y a plutôt une obligation morale, de la considération vis-à-vis du peuple congolais à qui l’on a promis que ces deux opérations militaires conjointes n’iraient pas au-delà du mois de février. Avec l’Ouganda, l’ accord est violé et les choses risquent de prendre une autre tournure si jamais Kampala persiste dans sa boulimie de faire la guerre.

D’ailleurs, c’est déjà l’effet boomerang avec ce malaise évoqué dans les rangs des officiers ougandais. Et surtout cette obsession de liquider la rébellion ougandaise tant que Joseph Kony court les forêts plutôt que de privilégier la solution politique.

Effet boomerang, c’est également cette pétition des députés nationaux, ce souhait des Evêques sur « le mandat exact, la nature et le contenu des accords qui ont permis l’accès à notre territoire  des armées étrangères ».

 
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