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Qu’est ce que la politique ? Est-ce un simple gagne-pain où le cadre par excellence de la prise en charge du destin global d’une collectivité humaine ? A l’époque des Grecs et Romains, le vocable «politique» voulait simplement dire deux choses : le Bien Commun. Dans la grande majorité des Etats modernes, un politicien est jugé par son efficacité à donner des réponses adéquates aux attentes de la population. Ici, la politique est et reste l’apanage des «hommes de bien et vertueux». Des hommes soucieux de l’intérêt de chacun et de tous. Il est clair que pour vivre ensemble, chaque membre de la communauté doit trouver un intérêt.

Depuis l’accession du Congo-Kinshasa à l’indépendance, le mot «politique» suscite toute sorte quolibet. Il est devenu synonyme du mensonge et de la roublardise. Un homme politique congolais avait trouvé une épithète savoureuse pour qualifier le politicien congolais. Selon lui, le politicien congolais est tout simplement un «situationniste». Autrement dit, un opportuniste aux aguets pour trouver l’endroit où il peut remplir sa «panse». Pour cet homme politique, la politique au Congo est tout sauf l’art de gérer les affaires de la Cité. Qui oserait lui lancer la première pierre quand on voit que les citoyens de la RD Congo sont incapables de satisfaire leurs besoins primaires ( nourriture, habitat, eau, électricité, santé, enseignement etc.) pendant que les dirigeants politiques affichent une arrogante opulence?

L’entrée des troupes rwandaises dans les provinces du Kivu - à l’insu de la Représentation nationale et surtout du chef d’état-major général des Forces armées de la RD Congo - a provoqué une véritable onde de choc qui continue à faire ressentir ses secousses au sein du monde politique congolais. Une pétition a été initiée par quelques députés vertueux afin d’obtenir les signatures nécessaires à la convocation d’une session extraordinaire de la Chambre basse.

A Kinshasa, le député Jean-Charles Okoto Lola Kombe s’est mis tristement en vedette en réduisant en miettes la première mouture de ladite pétition. Que dire? En tous cas, le comportement de ce député issu du parti présidentiel n’est même pas digne de mépris. A Lubumbashi, trois députés nationaux, en vacances parlementaires, ont, en ce début février, sollicité la «protection» de la Mission de l’Onu au Congo. Pour cause, ils ont reçu des menaces. Qui est l’auteur de ces menaces ? Un fait inimaginable dans un Etat de droit. Ces intimidations ont été proférées non pas par un voyou lushois mais par le président de l’Assemblée provinciale du Katanga, Gabriel Kyungu wa Kumwanza. Un homme dont les charges publiques commandent à être au service des droits et libertés.

Minable flagorneur, au lendemain de l’entrée des soldats rwandais au Nord-Kivu et surtout de l’«arrestation» de Laurent Nkunda, Kyungu avait organisé une «marche de soutien» à Joseph Kabila. Que veut-il ? Ce politicien «katangais», à la réputation sulfureuse, a sommé des députés nationaux, originaires du Katanga, «à retirer leurs signatures» de la pétition précitée. Les «récalcitrants» seront «interdits de séjour» au Katanga. Un comble! Le gouverneur Moïse Katumbi n’a pas fait exception dans ce festival de bassesse.

C’est le lieu de saluer la réaction de l’opposition en général et du MLC en particulier. Dans un communiqué, le secrétaire général de ce parti, François Muamba a rappelé que «la signature d’une pétition pour demander la convocation d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale procède de l’exercice d’un droit constitutionnel reconnu à tout parlementaire par l’article 116 de notre Constitution, et ne constitue donc pas une infraction.» Ajoutant : «La liberté de circuler sans restriction ni entrave sur l’ensemble du territoire national est un droit garanti par la Constitution de la RDC à tout citoyen en général. (article 30) et aux députés et sénateurs en particulier (article 109).»

Le secrétaire général du MLC a par ailleurs condamné «avec la dernière énergie cette violation intentionnelle de la Constitution par le président de l’Assemblée provinciale du Katanga et s’indigne des propos irrévérencieux et totalement irresponsables de ce dernier à l’endroit des signataires de la pétition sus évoquée.» C’est le silence plat du côté d’un Joseph Kabila qui annonçait le 6 décembre 2006, sur un ton théâtral, «la fin de la recréation». Où est la cohérence entre le dire et le faire ? Cette hypocrisie disqualifie Joseph.

La vie politique dans la très mal nommée République «démocratique» du Congo prend chaque jour la tournure d’un grand cirque d’Etat. Un cirque tragi-comique dirigé par une sorte de «premier clown de la République» nommé Joseph Kabila. Un clown, peu talentueux et surtout peu vertueux. L’homme semble n’avoir que deux soucis : conserver la direction du cirque (le pouvoir) et s’enrichir.

Les Congolais doivent se lever pour faire tomber les masques de tous ces clowns déguisés en hommes d’Etat. Des clowns dont les pitreries ne font plus rire qu’eux-mêmes. Il faut urgemment arrêter cette tragi-comédie qui a assez duré...

B. Amba Wetshi

 
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