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Un groupe de rebelles hutu rwandais qui attendait dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) un "rapatriement volontaire" a disparu dans la nuit de dimanche à lundi, selon un communiqué de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) publié mardi. Partie dimanche à Kasiki (200 km au nord de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu) pour assurer le rapatriement volontaire de ces anciens combattants, au nombre de 150 avec leurs dépendants, une équipe de la Monuc a retrouvé le camp vidé de ses occupants. Selon une source onusienne, ils sont partis en laissant tous leurs biens dans le village, poules, matelas et ustensiles de cuisine. La Monuc rappelle que "ces ex-combattants avaient désarmé volontairement en juillet 2008". Ils vivaient avec leurs dépendants "sécurisés par le gouvernement congolais et pris en charge par une église (protestante) dans un camp à Kasiki".
"L'équipe de la section de la Monuc en charge du désarmement et réinsertion a constaté avec surprise que les quelques 150 ex-combattants et dépendants du Rassemblement pour l'unité et la démocration (RUD) et du Rassemblement du peuple rwandais (RPR) avaient abandonné à la hâte pendant la nuit le camp qui les abritait", précise le le texte. "A l'exception de trois personnes, le reste du groupe avait accepté l'option du rapatriement volontaire. Une visite au Rwanda de leurs représentants avait été organisée avec succès il y a deux semaines et (...) le retour dans leur pays d'origine était planifié, avec leur accord, pour le dimanche 8 février", souligne la Monuc. Elle assure "redoubler d'efforts avec ses partenaires locaux pour retrouver ces ex-combattants et leurs dépendants afin de les sensibiliser pour qu'ils renouent avec le processus (de rapatriement) qu'ils avaient entamé". La Monuc ne donne aucune explication à ce revirement mais, selon une source onusienne, les candidats au rapatriement auraient pu être menacés de représailles par des chefs radicaux des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Selon une source militaire occidentale, ils pourraient également avoir eu peur de se faire tuer par l'armée rwandaise, présente dans l'est de la RDC. Organisation politico-militaire, le RUD a été créé en 2006 par des dissidents des FDLR. "Il regroupe toutes les ethnies rwandaises et a pour objectif notre retour dans la dignité au Rwanda", affirmait fin janvier son porte-parole, le colonel Jean-Michel Afrika, à un journaliste de l'AFP venu les rencontrer. Plus de 6.000 combattants rwandais sont rentrés volontairement dans leur pays depuis le lancement en 2002 par l'ONU d'un programme de désarmement et rapatriement. Une opération conjointe a été lancée le 20 janvier par les armées congolaise et rwandaise dans l'est de la RDC contre les rebelles hutu rwandais, estimés à environ 6.500 hommes et réfugiés en RDC depuis le génocide au Rwanda de 1994. AFP |