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Le CNDP pose des exigences politiques et...communautaires Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Le Congrès national pour la défense du peuple est devenu un parti politique. Il relance le débat communautaire et pose de nombreuses exigences dont l’amnistie de ses membres et l’intégration de ses cadres dans les institutions publiques.

Après le démarrage du processus d’intégration de ses combattants au sein des Forces armées de la RD Congo à la vitesse «TGV», le CNDP change de statut. Il devient un parti politique. L’annonce a été faite mercredi 4 février à Goma. L’histoire ne dit pas si un dossier de demande d’agrément a été adressé au ministre de l’Intérieur et de Sécurité, le PPRD Célestin Mbuyu. On connaît, en revanche, le patronyme du nouveau «Chairman». Il s’agit de Désiré Kamanzi.

N’ayant pas le charisme d’un Laurent Nkunda, Kamanzi ne serait en réalité qu’un «grand vizir». Selon une dépêche de l’APA, le nouveau président aurait été nommé par… le chef d’état-major du CNDP Bosco Ntaganda, alias «terminator». Le nouveau Calife. Ancien bras droit de Thomas Lubanga dans l’Ituri, Bosco a des démêlés avec la justice internationale. Il reste qu’après Paul Kagame, c’est lui le véritable patron du «New CNDP».

Aussitôt installés à la tête de ce mouvement, Kamanzi et les membres de la nouvelle direction politique sont passés aux choses sérieuses. Dans une déclaration faite dans le chef-lieu du Nord Kivu, ils «recommandent» la reprise des négociations de Nairobi. Afin, disent-ils, «de résoudre les questions politiques restées pendantes». Lesquelles ? C’est le cas notamment de la «cohabitation inter-communautaire». Il est question également de la «réconciliation nationale.» Tiens, tiens ! Nkunda doit s’esclaffer dans sa «résidence surveillée» à Gisenyi.

Le CNDP nouveau se propose d’exiger la mise sur pied «au sein du gouvernement central, d’un ministère chargé des Affaires communautaires et de la réconciliation nationale.» Sans oublier «la libération des prisonniers politiques, de guerre et d’opinion» et surtout la participation de ses cadres «à la vie politique à tous les niveaux». Il faudra donc faire de la place dans les territoires, districts, communes, villes, provinces. Faudra-t-il faire de la place dans les deux Chambres du Parlement et dans les différents exécutifs provinciaux ?

Last but not least, le staff du CNDP «sollicite» l’octroi d’«une amnistie pour faits de guerre jusqu’au 16 janvier 2009». Pourquoi le 16 janvier 2009 ? C’est la date à laquelle le «général» Bosco Ntaganda et ses camarades ont créé l’événement en annonçant la cessation des hostilités contre les FARDC. On peut gager que l’amnistie demandée concerne spécialement Bosco qui est réclamé à cor et à cri par le procureur Luis Moreno-Ocampo. Les organisations de défense des droits humains ont demandé à Joseph Kabila de procéder au transfert à La Haye de cet "officier". C’est le cas de Human Right Watch et de l’Asadho. Signalons que le CNDP «recommande» l’organisation d’une «conférence culturelle nationale» afin de permettre aux différentes ethnies congolaises «à mieux se connaître».

Questions : Pourquoi devrait-on relancer les négociations de Nairobi au moment où la situation, selon les autorités de Kinshasa, tendrait à retrouver la normalité au Nord Kivu? Pourquoi ne pas aller discuter à Kinshasa alors que le CNDP devient un parti politique comme un autre et que sa nouvelle direction assure vouloir continuer le «combat par des moyens purement politiques », en observant la Constitution et des lois nationales?

Que va faire Joseph Kabila face à toutes ces exigences ?

On le voit, d’aucuns se sont réjouis trop vite de l’élimination politique du «général Laurent» et de l’annonce de la fin des hostilités. En réalité, la guerre va se poursuivre sur le terrain politique. Inutile de dire que les obstacles tendant au rétablissement d’une paix durable dans les provinces du Kivu n’ont pas été levés. Bien au contraire. C’est un nouveau parcours du combattant qui commence. Aux conséquences imprévisibles. Dur, dur pour "la nouvelle alliance" Kabila-Kagame.

B. Amba Wetshi (avec ACP et APA)

 
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