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Moammar Kadhafi élu à la tête de l’Union africaine Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Mouammar Kadhafi a été élu lundi à la tête de l’Union africaine, un poste convoité depuis longtemps le fantasque dirigeant libyen, avide d’une place sur la scène mondiale après des années d’isolement international.

Le choix du maître de Tripoli, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 1969, était loin de faire l’unanimité parmi les chefs d’Etat africains. Les organisations de défense des droits de l’Homme dénonçaient de leur côté un piètre modèle pour l’Afrique, au moment où des avancées démocratiques sont remises en cause en Mauritanie ou en Guinée par exemple.

Connu pour ses extravagances, Moammar Kadhafi a assisté à la séance de lundi vêtu d’une gandoura brodée d’or flanqué aux côtés de sept hommes qui se sont baptisés les "rois traditionnels de l’Afrique". Devant la vingtaine de chefs d’Etat africains présents, il a promis d’oeuvrer à l’unité du continent noir pour former "les Etats Unis d’Afrique". "Je crois que la période qui vient sera une période de travail sérieux, le temps de l’action et pas des mots", a-t-il lancé.

Moammar Kadhafi était arrivé au sommet de l’Union africaine dimanche accompagné des sept "rois", provoquant un incident avec la sécurité qui refusait de les laisser passer, chaque délégation n’ayant droit qu’à quatre passes pour l’assemblée générale. Mais pour son discours lundi, le dirigeant libyen était entouré de ses sept acolytes.

Selon des diplomates qui ont assisté aux réunions à huis clos au cours desquelles Moammar Kadhafi a été élu, plusieurs pays se sont fortement opposés à sa nomination, pressant pour que le poste revienne au Lesotho ou la Sierra Leone. Mais la présidence de l’UA tourne parmi les différentes régions et un Etat d’Afrique du Nord n’avait pas occupé la présidence depuis l’Algérie en 2000.

Même en public, l’élection de Moammar Kadhafi a été accueillie avec un enthousiasme modéré par les autres dirigeants africains. "Je crois que son temps est venu", commentait la présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf, interrogée par l’Associated Press. "Il a travaillé pour. Je crois que c’est à nous de veiller à ce qu’il en sorte le meilleur".

La présidence de l’UA est un poste tournant détenu pour un an pour les chefs d’Etat-membre. C’est un poste qui peut servir de plate-forme aux dirigeants pour tenter d’influer sur la politique du continent.

Depuis 2003, la Libye s’emploie à se défaire de son statut de paria sur la scène internationale. Après les années d’isolement que lui avait valu son soutien au terrorisme, Moammar Kadhafi s’efforce de redorer l’image de son pays et son influence régionale. Il s’est imposé comme médiateur dans certains conflits africains, soutient les efforts pour promouvoir l’Islam sur le continent et presse pour la création d’un gouvernement africain.

En 2003, Moammar Kadhafi a annoncé le démantèlement son programme nucléaire militaire et obtenu la levée des sanctions décrétées par les Nations unies onze ans plus tôt et suspendues en 1999. Dans la foulée, la Libye a endossé la responsabilité de l’attentat de Lockerbie qui avait fait 270 morts en 1998 et accepté de dédommager les familles des victimes. En 2004, la Fondation Kadhafi a conclu un accord pour l’indemnisation des familles des 170 victimes de l’attentat de 1989 contre le DC-10 français d’UTA.

En 2007, le régime libyen a libéré les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien incarcérés depuis huit ans et qu’il accusait d’avoir inoculé le virus du sida à des enfants libyens.

Mais "le régime libyen continue d’emprisonner des gens pour avoir critiqué Kadhafi", dénonçait Reed Brody, un juriste basé à Bruxelles travaillant pour l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW). "Des centaines d’autres ont ’disparu’. La Libye n’a pas d’organisations non-gouvernementales indépendantes et le gouvernement contrôle étroitement toute forme d’expression".

D’après AP

 
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