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HRW demande à Kabila d'arrêter Bosco Ntaganda et de le livrer à la CPI Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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L'ONG Human Rights Watch (HRW) a demandé lundi au président congolais Joseph Kabila de faire arrêter le chef d'état-major de la rébellion congolaise Bosco Ntaganda, rallié à Kinshasa mais recherché par la Cour pénale internationale (CPI), et de le transférer devant cette juridiction.

"Nous vous exhortons à donner des instructions à vos autorités judiciaires pour que M. Ntaganda soit arrêté et transféré à la juridiction de la CPI", écrit HRW dans une lettre ouverte au président Kabila, dont l'AFP a reçu copie à Kinshasa.

"Le Congo est un Etat partie au Statut de Rome qui a établi la CPI, et a donc une obligation légale de coopérer avec la cour, notamment en appréhendant les personnes sous mandat d'arrêt et en les remettant à la cour", ajoute dans un communiqué l'ONG, basée à New York.

Bosco Ntaganda, chef d'état-major de la rébellion congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), passé le 16 janvier dans le camp de Kinshasa, est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre, notamment l'enrôlement d'enfants en 2002-2003 en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).

Interrogé samedi au cours d'une conférence de presse à Kinshasa sur le cas de Bosco Ntaganda, Joseph Kabila avait affirmé qu'il optait pour "la paix et la sécurité" dans le Nord-Kivu, province de l'est de la RDC où le CNDP a infligé en octobre de lourdes défaites à l'armée congolaise.

Pour moi, le choix est clair. La paix et la sécurité du Nord-Kivu passent avant toute chose. Toute option qui mettrait en cause cette volonté sera vouée à l'échec", a martelé le président congolais, assurant que la RDC était le seul pays de la région dont la collaboration avec la CPI était exemplaire.

Le ralliement de Bosco Ntaganda et de la plupart des commandants du CNDP aux Forces armées de la RDC (FARDC) avait considérablement affaibli le chef historique de la rébellion Laurent Nkunda, et permis ensuite son arrestation au Rwanda. Depuis, les éléments du CNDP ont commencé à intégrer les FARDC.

Au-delà du mandat d'arrêt de la CPI, Ntaganda est aussi accusé d'avoir commandé des troupes du CNDP qui ont massacré en novembre, selon HRW, au moins 150 civils à Kiwanja, au Nord-Kivu.

HRW rappelle aussi plusieurs apparitions publiques de Bosco Ntaganda, depuis son ralliement, aux côtés de ministres congolais, notamment ceux de l'Intérieur et de la Défense.

"Les efforts des autorités congolaises pour légitimer Ntaganda comme un +partenaire pour la paix+ renforcent l'impression dominante que ceux qui commettent des crimes abjects contre les civils au Congo seront récompensés au lieu d'être punis", écrit l'organisation de défense des droits de l'Homme.

"Au lieu d'encourager le respect pour l'Etat de droit, de telles pratiques nourrissent la culture cruelle de l'impunité qui ravage le Congo depuis longtemps", ajoute HRW.

AFP

 
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