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Joseph Kabila : Parler pour dire quoi ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Joseph Kabila doit tenir ce samedi 31 janvier une de ses rares conférences de presse en huit années de présence à la tête de l’Etat. L’annonce est en soi un «événement». Pour cause, l’homme semble éprouver une peur maladive à communiquer, mieux, à entrer en contact, avec ses concitoyens. Quelle mouche a pu le piquer ? Kabila et son «entourage» ont dû se faire violence pour constater la nécessité de rendre quelques comptes et explications à l’opinion au moment où la rumeur paraît décidée à combler le vide du déficit communicationnel.

C’est le lieu de rappeler que huit années après son arrivée au pouvoir suprême, «Joseph» reste un personnage énigmatique pour la grande majorité des Congolais. Mystérieux. Un chef distant dont les ukases puérils n’ont jamais rencontré les soucis quotidiens de la population. Faute d’écoute. Voilà pourquoi personne n’oserait parier un franc congolais sur la qualité du message que le «raïs» se propose à transmettre à un peuple qui ne cache plus une lassitude certaine de la politique. Et des politiciens.

A propos, Kabila va parler pour dire quoi ? Selon un communiqué publié par un étrange émetteur dénommé «Document cadre pour la promotion des investissements en RDC» DCI en sigle, relayé par l’Agence congolaise de presse (ACP), le «président élu» compte évoquer notamment la situation politique et sécuritaire, les relations de la RD Congo avec quelques pays voisins ainsi que la «mise en marche effective» des cinq chantiers. Il abordera également plusieurs sujets d’actualité.

Dans ce fourre-tout, il est un sujet qui préoccupe au plus au haut point la communauté nationale. Il s’agit de la présence, sur le sol congolais, de plusieurs milliers de soldats de l’armée régulière rwandaise venus, dit-on, «traquer» les miliciens hutus du FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda).

Après avoir chauffé à blanc l’opinion publique congolaise dans le développement d’un sentiment anti–rwandais ou anti-tutsi, Joseph Kabila et son entourage ont décidé proprio motu de changer de cap. Une manière de prendre la population congolaise pour des moutons censés suivre le berger même dans ses errements. Sans rire, certains journaux kinois ont salué la «nouvelle alliance» Kabila-Kagame comme étant la conclusion de «la paix des braves». Vraiment? Qu’avons-nous fait au Bon Dieu ?

Quelques questions appelent des réponses. Qui a signé cet accord côté congolais? Quelles sont les obligations réciproques des parties ? Quelles sont les concessions accordées au régime rwandais ? Pourquoi le texte de cet accord n’a pas été transmis au Parlement ? A quel titre intervient l’Inspecteur général de la police nationale dans un dossier qui concerne les relations extérieures et la Défense nationale ? Pourquoi le chef d’état-major général des FARDC a été tenu à l’écart dans le processus de « négociation » et la mise en œuvre de cette convention ? Pourquoi assiste-t-on à une ntégration précipitée des anciens combattants du CNDP dans les FARDC? Quel est le calendrier de rapatriement des soldats de la Rwandese defense Forces ?

Depuis la «libération» du 17 mai 1997, la RD Congo est malade de l’absence d’une direction politique éclairée. Le pays est également malade des incohérences, des sauts d’humeur, des alliances et mésalliances des Kabila. Père et fils. Ces changements fréquents d’alliance menacent gravement la survie d’un Etat pris en otage par une oligarchie maffieuse, brutale et incompétente. Qui aurait cru que le régime tant démonisé de Paul Kagame allait, sans transition, devenir fréquentable?

B. Amba Wetshi

 
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