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Soulagement et incrédulité en RDC après l'arrestation de Nkunda Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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KIBATI, République démocratique du Congo - Epuisés par la guerre, les Congolais ont accueilli avec un soulagement mêlé d'incrédulité l'arrestation du chef rebelle tutsi Laurent Nkunda par les autorités rwandaises qui, après l'avoir soutenu, réfléchissaient samedi sur son sort.

La République démocratique du Congo a indiqué que le Rwanda n'avait pas encore officiellement répondu à sa demande d'extradition de Nkunda, arrêté vendredi dans le cadre d'opérations militaires conjointes contre les rebelle hutus rwandais le long de la frontière entre les deux pays.

L'offensive, qui a débuté cette semaine dans la province congolaise du Nord-Kivu, s'est traduite par le déploiement de plus de 3.500 soldats rwandais contre les rebelles hutus rwandais au coeur d'un conflit de quinze ans dans l'est du Congo.

Le général congolais John Numbi a fait savoir samedi que les forces conjointes avaient combattu les rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans cinq villages et que neuf rebelles avaient été tués.

Les opérations ont marqué un réchauffement spectaculaire des relations entre les deux pays et les Etats-Unis ont présenté comme un pas vers la paix l'arrestation de Nkunda, qui conduisait la rébellion depuis 2004.

Cependant la nouvelle a laissé sceptiques nombre de ceux qui ont survécu à la guerre de 1998-2003 au Congo qui a fait cinq millions de morts et au cours de laquelle l'armée rwandaise était alliée à divers rebelles opposés à Kinshasa.

"Je l'ai entendu à la radio, mais je ne l'ai pas encore vu et je ne sais pas si c'est vrai", affirme Bagambe Rushago, qui vit maintenant dans un camp de personnes déplacées qui s'est érigé à la fin de l'an dernier, lors de l'avancée de Nkunda sur Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

"J'espère que c'est vrai. Ce serait une bonne chose. Les bombes pleuvaient. Les soldats de Nkunda tiraient directement sur le camp", dit-il en désignant les huttes recouvertes de feuilles de bananier qui abritent 12.000 personnes déplacées.

ACCORD RWANDO-CONGOLAIS

Les hommes de Nkunda se sont arrêtés aux portes de Goma et ont contraint le gouvernement de Joseph Kabila à des discussions directes. Mais des dissensions ont éclaté au sein du mouvement rebelle tutsi, le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), isolant Nkunda.

Nkunda et ses hommes sont accusés de tueries, de viols et du recrutement d'enfants soldats. La Cour pénale internationale a délivré un mandat d'arrêt pour crimes de guerre contre Bosco Ntaganda, adjoint de Nkunda à l'origine de la scission.

La CPI n'a pas dit si Nkunda serait inculpé mais la RDC n'a pas tardé à réclamer son extradition.

"Nous attendons que les Rwandais nous contactent à ce sujet", a déclaré samedi le ministre congolais de l'Information, Lambert Mende.

Diplomates et analystes estiment que l'arrestation de Nkunda semble faire partie d'un accord conclu entre Kinshasa et Kigali aux termes duquel le Rwanda tente d'aider le Congo à mettre fin à la rébellion de Nkunda en échange de l'autorisation de traquer en territoire congolais les rebelles hutus des FDLR.

Cet accord a suscité de vives critiques jusque parmi certains alliés politiques de Kabila. Des analystes notent que l'extradition de Nkunda au Congo pourrait aider Kabila à justifier l'accord aux yeux d'une population très réticente à une intervention rwandaise après des années d'occupation qui ont donné lieu à de multiples accusations de pillage.

Mais le Rwanda n'a fait aucune déclaration officielle concernant une extradition du dirigeant rebelle qui, selon des experts des Nations unies, continuait, fin 2008 encore, à bénéficier d'un soutien de Kigali.

Les Rwandais cherchent peut-être à faire marche arrière maintenant, avançait samedi un diplomate occidental. Les autorités rwandaises craignent qu'un procès dévoile les liens de Kigali avec Nkunda ou complique les opérations militaires en cours, a-t-il dit.

Reuters

 
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