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En un temps, trois mouvements : «destitution» de Laurent Nkunda par le chef militaire du CNDP Bosco Ntaganda ; annonce par celui-ci de la fin de la guerre entre ce mouvement rebelle et les Forces armées de la RD Congo ; entrée des troupes rwandaises dans la province du Nord Kivu suivie de l’interpellation, jeudi 22 janvier, du «Chairman» sur le sol rwandais. Ouf ! Il faut avoir assez de souffle pour pouvoir suivre cette succession insoutenable d’événements. En un temps record, le Nord Kivu est en passe de "basculer" de la guerre vers la paix. C’est trop beau pour être vrai!
Depuis une dizaine de jours, les bruits de bottes ne résonnent plus dans cette province congolaise. Les crépitements des kalachnikov, non plus. Comment ne pas s’en féliciter ! On ne peut d’ailleurs que comprendre certains citoyens congolais - naïfs ?- qui n’ont pas hésité à clamer leur satisfaction de voir l’armée rwandaise se lancer (enfin) aux trousses des miliciens hutus des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda). "Ce dossier a toujours été l’épicentre de la mésentente entre les deux pays", entend-on dire.
Force est de souligner que le semblant de paix qui règne dans cette région congolaise découle des contacts suivis entre Kinshasa et Kigali. Le ministre congolais de la Défense nationale s’est rendu récemment dans la capitale rwandaise. Commandant en chef de la Rwandese defense forces (RDF), le général James Kabarebe, lui, a passé trois jours à Kinshasa. Le contenu de l’accord conclu entre les deux parties reste énigmatique. Les «résultats» sont là.
On apprenait jeudi 22 que plusieurs localités du Nord Kivu occupées par des combattants du CNDP ont été «rétrocédées» aux FARDC. Le grand camp militaire de Rumangabo serait à nouveau sous le contrôle des forces régulières congolaises. Et ce, grâce à la «grandeur d’âme» de Paul Kagame. Quels beaux gestes de «grand seigneur» ? Il faut être aveugle pour ne pas réaliser que Kagame tient désormais Kabila par la barbichette.
En effet, par ses gestes faussement de bonne volonté, le chef d’Etat rwandais a voulu humilier la nation congolaise à l’image d’un bienfaiteur qui lance à son obligé : «Sans moi, vous n’êtes rien !». L’homme a atteint son objectif. Le président rwandais a dû s’esclaffer en voyant Kabila et son entourage se réjouir de la descente aux enfers du CNDP.
Comble d’ironie, le maître de Kigali vient de démontrer, malgré lui, que toutes les accusations articulées jadis à l’encontre de son régime étaient fondées. Le régime rwandais est et reste le grand pyromane dans la partie orientale de la RD Congo. De même, les dénégations de la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Rosemary Museminali, sont battues en brèche. «Nkunda et le programme Amani sont des affaires congolo-congolaises», déclarait-elle lors de son voyage à Kin.
Les Congolais, dignes de ce nom, n’ont pas besoin de dire «merci» au général Kagame. Et pour cause, cet homme est un pompier-pyromane. Il ne fait qu’éteindre le feu allumé et attisé par ses propres soins. Il faut être dupe pour croire que le moment est venu d’aller embrasser le "raïs" rwandais sur les deux joues… B. Amba Wetshi |