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L’offensive militaire lancée le 14 décembre dernier contre les rebelles ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) par les armées de la RD Congo, de l’Ouganda et du Sud-Soudan a contraint les rebelles à quitter leur base à Dungu pour gagner le territoire de Faradje. La population civile de Faradje a été livrée à la merci des forces rebelles. Selon des sources, face à l’avancée de la LRA dans les territoires de Faradje et Watsa, les Forces armées de la RDC (FARDC) rechigneraient à aller au combat. Les soldats déployés sur le terrain se disent peu motivés au motif qu’ils ne sont pas originaires de la région. Le territoire de Faradje, situé dans le district du Haut-Uélé (Province Orientale), a une superficie de 13.108 km² et peuplé de 334.851 habitants. Cette entité a été attaquée du 25 au 26 décembre dernier par les rebelles ougandais de la LRA. Le bilan provisoire fourni par des sources religieuses fait état de près de 200 personnes tuées à coup de machettes et de haches. Parmi les victimes, il y a le médecin de la zone de santé de Faradje, un inspecteur de l’enseignement primaire et deux pasteurs protestants. Cinquante blessés graves sont à ajouter dont 9 qui ont été transférés à l’hôpital général de référence de Dungu et à Bunia. Des femmes ont été violées. Ici, les victimes ont peur de s’exprimer. Un énorme travail de soutien psychologique paraît nécessaire. La LRA a enlevé plusieurs femmes et des enfants. Les déplacés, eux, se comptent par milliers. Certains habitants errent encore et ne trouvent refuge que dans la forêt ou dans la savane. Ceux qui, en désespoir de cause, décident de regagner leur maison sont généralement souffrant de diverses maladies.
Les attaques mené par les rebelles ougandais pourraient avoir laissé un certain traumatisme au sein de la population. Au plan matériel, plusieurs habitations et boutiques ont été saccagées et incendiées. La population manque de tout. Elle manque non seulement de la nourriture mais surtout de médicaments
«Il n’y a pas de médicaments pour soigner les malades. Nous avons reçu un petit don, mais à 85 % ce sont des matériels, parfois même pas adaptés aux besoins du moment», affirme le Dr. Bienvenu qui a trouvé refuge à Tadu, localité située à 35 km de Faradje. Il fait chaque jour la navette pour venir soigner les blessés à Faradje. On apprenait jeudi 8 janvier que Tadu se vide de sa population. Celle-ci fuit maintenant vers Durba, citée minière d’exploitation d’or, gérée par l’Office des mines de Kilo-Moto (Okimo). Les miliciens de la LRA ont, en effet, attaqué deux anciens centres d’exploitation d’or d’Akuwa (territoire de Faradje) et de Sambia (territoire de Dungu) le 8 janvier et avance vers Tadu. Selon des sources religieuses, le bilan est lourd à Sambia : 20 morts et plusieurs blessés.
Selon des sources, face à l’avance de la LRA dans les territoires de Faradje et Watsa, les Forces armées de FARDC rechigneraient à affronter les rebelles. Motif : les soldats déployés sur le terrain n’y sont des originaires. «Avons-nous encore une armée nationale et républicaine digne de ce nom, prête à se sacrifier pour l’intérêt suprême de la nation congolaise?», s’interroge un religieux. Et d’ajouter : «Le plan de balkanisation de la RDC n’est-il pas en marche avec ce genre d’attitude?» On apprend que les jeunes du territoire de Faradje et Watsa se disent «révoltés» par la passivité des FARDC. Martin Luther King ne disait-il pas : «In the End, we will remember not the words of our enemies, but the silence of our friends»!
Les rebelles ougandais de la LRA ont tué, le 2 janvier, une dizaine de personnes à Nagero. Nagero est une station du Parc national de la Garamba, située à 24 km de Faradje. Elle est connue pour les espèces animales protégées : girafes, éléphants, Rhinocéros blanc, etc. Les rebelles ont causé d’énormes dégâts à l’environnement.
Face à cette catastrophe humanitaire et écologique, l’Organisation non gouvernementale «Action pour le Développement et le Bien-être Social», (Adebes) lance un cri de ddétresse auprès des hommes et des femmes de bonne volonté pour venir en aide à la population sinistrée du Territoire de Faradje. Il s’agit notamment d’une aide urgente en médicaments et matériels médicaux.
L’Ong invite le gouvernement congolais à assumer ses responsabilités en protégeant sa population et en stationnant des militaires des FARDC devant assurer la défense du territoire national dans cette région frontalière avec le Sud-Soudan. Et que les forces de sécurité stationnées sur le terrain bénéficier de moyens nécessaires dont le transport et une ration alimentaire suffisante pour ne pas être un poids pour une population déjà martyre. La Mission des Nations unies au Congo (MONUC) doit élargir son champ d’action dans cette région du pays. P. Dr. Jean-Bertrand Madragule Badi, Chercheur et Président de l’ONG ADEBES |