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Le "général de brigade" Bosco Ntaganda, chef d’état major du CNDP. Photo d’archives Bosco Ntaganda, chef militaire du CNDP, a tenté de destituer le «Chairman» Laurent Nkunda Mihigo. «La situation est sous contrôle», clament en choeur plusieurs sources proches de la Présidence de ce mouvement. En réalité, on assiste à un début de bras de fer entre les «durs» représentés par Ntaganda et les «modérés», incarnés par Nkunda. Les premiers reprocheraient aux seconds une «attitude velléitaire». Les nkundistes dénoncent une «manipulation kabiliste.» «Encore des ragots qui annonçent la chute de Laurent Nkunda». L’homme qui parle s’appelle Omar Basile Diatezua, «OBD» pour ses amis. Il porte les titres de conseiller du président du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) et chargé de mission. La rédaction de Congoindependant.com l’a joint mardi soir au téléphone. Des ragots sans doute au sujet du sort de Laurent Nkunda. Il reste que le CNDP fait face à sa première crise grave. Une crise qui laisse une certaine impression de désordre. Les faits rapportés par diverses sources permettent de reconstituer, tant que faire se peut, les pièces du puzzle. De quoi s’agit-il ?
Depuis quelques semaines Nkunda suspecte des hommes placés sous l’autorité de Ntaganda d’être responsables des rafles meurtrières qui ont eu lieu en novembre dernier dans la localité de Kiwanja (Nord Kivu). A la demande du «Chairman», le «général Bosco» devait être entendu, samedi 3 janvier, par une instance politique du Mouvement. Pendant ce temps, «Laurent» est allé passer le week-end à Rutshuru. Dans un communiqué daté lundi 5 transmis à la radio britannique BBC, Bosco Ntaganda affirme avoir destitué Laurent Nkunda pour «mauvais leadership». Le communiqué est signé Bosco Ntaganda et Désiré Kamanzi.
«Il y a eu une tentative de coup de force, dit une source. La situation est sous contrôle.» Selon cette source, Bosco aurait été «manipulé» par le «régime de Kinshasa» lequel lui «a» remis une somme de 200 000 USD. Objectif : «affaiblir Nkunda». Un doigt accusateur est pointé en direction du gouverneur de la province du Nord Kivu Julien Paluku. «C’est le gouverneur Paluku qui a fait parvenir à la BBC le communiqué en question», indique notre interlocutrice.
On apprenait, mardi, que le haut commandement militaire du CNDP s’est réuni pour entendre Ntaganda dont le comportement est perçu comme une «haute trahison». On apprenait également que l’affaire pourrait se régler «à l’africaine». Le chef militaire du CNDP aurait présenté «ses excuses» au «Chairman». «Bosco ne risque rien, commente un membre du Mouvement. Le général Laurent est un homme très conciliant.»
En réalité, Nkunda redoute une attaque frontale contre Bosco Ntaganda. Ancien numéro deux de la milice «iturienne» de Thomas Lubanga, l’homme est présenté comme un «gros poisson» dans l’ouvrage intitulé «Laurent Nkunda et la rébellion du Kivu - Au cœur de la guerre congolaise» publié par Stewart Andrew Scott, aux éditions Karthala,. L’auteur y rappelle notamment (p.176) que Bosco fait l’objet d’un mandat d’arrêt international délivré par la CPI. (Cour pénale internationale). «Ntaganda a rejoint le CNDP avec beaucoup de combattants venus de l’Ituri, remarque un expert des mouvements armés opérant à l’Est de la RD Congo. C’est un «intouchable».
En octobre dernier, un communiqué du CNDP annonçait le «décès» de Nkunda dans un centre hospitalier à Kigali et son remplacement par Ntaganda. Bien que non fondé, l’incident est resté sans suite. Pour des observateurs, la tentative de renversement de Nkunda met à nu la fracture existant au sein de ce Mouvement entre les «jusqu’au-boutistes» incarnés par Bosco, décidés à prendre Goma et Bukavu et les «modérés», représentés par Nkunda, ouverts aux négociations politiques. B.A.W
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