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Et si le Congo était malade de "ces" intellectuels ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Un bébé gorille au Congo (Photo Riccardo Gangale/AFP/Archives)

En 2010, de nombreux pays africains y compris la République Démocratique du Congo célèbreront le cinquantenaire de leurs indépendances:1960-2010. Mais 2010 sera l'année de quel bilan ? Assistera-t-on une fois de plus à ces séminaires et colloques sans fin qui engloutissent chaque année des sommes d'argent faramineuses ? Verre-t-on comme jamais universitaires, experts et intellectuels du pays et de la diaspora rivaliser de mots savants sur les maux du pays de Lumumba, Simon kimbangu et kimpa vita ? organisera-t-on comme jamais des fêtes populaires à n'en plus finir, de somptueuses orgies sous les lambris dorés des palais ? S'agira-t-il de forger des néologismes et de faire le sempiternel procès de l'esclavage, de la colonisation, de la néo-colonisation, du pillage des richesses ? Sans doute, il sera honteux le bilan de la gouvernance politique de la République Démocratique du Congo. Un autre bilan auquel le Congo ne pourra plus longtemps échapper sera celui de sa gouvernance intellectuelle. L'heure est venue de questionner au Congo la conception et la circulation des savoirs et des opinions, le rapport de l'intellectuel congolais à sa société.Qui sont-ils : les intellectuels ? Quel est leur rôle, quelle est leur responsabilité dans l’avancement de la société congolaise ? Qu’attend-on d’eux ? Quelle est leur responsabilité dans la marche et le progrès de la République Démocratique du Congo ?

L'heure est venue de dresser le bilan sans concession des chapelles et des fratries de pensée.

L'expérience du débat intellectuel en République Démocratique du Congo ex-Zaïre révèle depuis quelques décennies que la contradiction n'est pas de mise, la liberté d'expression y est brimée si pas muselée.

Toute l’élite congolaise à fait tout ou une partie de sa formation à l’étranger, d’ailleurs, il est courant que nos chers responsables (ministres ou hauts fonctionnaires) mettent en avant leurs diplômes obtenu en Europe, au canada ou aux usa. Vous n’êtes rien si, sur votre cv, il n’y pas de références occidentales. Pitié ! On pouvait comprendre que les choses se passaient comme ça dix ou vingt ans après les indépendances, mais aujourd’hui, c’est inadmissible. Comme-si les congolais n’étaient pas capables de former leurs gosses. Ce n’est pas une questions de moyens, on achète des voitures, des appartements, on construit des aéroports dans des forêts, on achète des armes, etc... Ce n’est donc pas une question de moyen, nos dirigeants ne connaissent pas la valeur du savoir, c’est tout ! Depuis bientôt 50 ans, on pense que c’est avec le cuivre, le cobalt, le nobium, le zinc, bois ou la potasse que l’on va développer la RDC. Depuis presque 50 ans, on se plante, on est pas prêt de comprendre que ce ne sont pas les richesses naturelles qui construisent un pays, mais bel et bien les hommes et les femmes.

Les intellectuels congolais usent leurs culottes à étudier, ils investissent les amphis d’ici et d’ailleurs à accroître leur savoir, et ils engrangent de nombreux diplômes, parfois brillamment. Mais dès qu’ils obtiennent un emploi, ils succombent aux délices faciles du quotidien, caractérisés par le cycle travail-espaces intermédiaires (circuits, restaurants, auberges)-maison (télé, dodo). Ils affichent désormais leurs diplômes comme de simples médailles rappelant leurs exploits scolaires passés. Ils ne lisent presque plus, ils n’apprennent plus, ils ne se remettent plus en cause, ils ne font plus de la recherche. Les diplômes leur ont servi à acquérir des strapontins sociaux, un point c’est tout. Ne leur demandez surtout pas ce qu’ils peuvent apporter au pays avec les connaissances qu’ils sont supposés avoir acquises, ils ne vous diront rien, parce qu’ils n’y ont jamais pensé.

A la veille de la proclamation à la souveraineté politique , il n'y avait que moins de 10 intellectuels en République Démocratique du Congo. Mais la génération des docteurs-professeurs-experts qui ont dirigé la défunte deuxième République de Mobutu , ont-ils eu l'outrecuidance d'élever le pays vers les cimes qu'il a mérité? La gâchette du revolver dont parlait Frantz Fanon, est-il rouillée? Aujourd'hui alors la République Démocratique du Congo regorge les intellectuels dans tous les domaines, qu’on pensait que le pays allait emprunter le TGV du développement, il ne s’est jamais aussi mal porté.

La République Démocratique du Congo donne l'image d’Etat idiot, qui ne sait pas où il va, et dans lequel les valeurs nobles ont disparu. Ceux qui devaient être nos lumières nous ont plongés dans les ténèbres de la bêtise humaine.

Voici une petite palette des tares de ces abêtisseurs en République Démocratique du Congo.

Après les élections de Louis Michel dites libres, démocratiques et transparentes de 2006, les ressortissants de telle tribu, ethnie n'ont pas hésiter de faire les déclarations à la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC) supposée être un média public pour encourager et soutenir tel ou tel. Rien d'étonnant, cela fait plusieurs décenies que cela perdure, dès que nos « savants » sont nommés à des fonctions de pouvoir sur le plan national, ils courent festoyer au village natal. Comme pour dire qu’ils sont ministres, députés, recteurs, DG ou autres pour leurs frères du village.

Ils soutiennent sans honte l’injuste système des « équilibres régionaux » au détriment de la compétence, y compris dans les examens et concours, et lors des recrutements et nominations à des postes de responsabilité. Ainsi, « the right man at the right place » est purement une vue de l’esprit au Congo de Lumumba, et l’évolution à reculons du pays est une conséquence logique.

Aucune de leurs interventions publiques ne peut s’achever sans qu’ils citent « Le chef de l’Etat, Son Excellence… ». Quand ils se font interviewer dans leur bureau, ils font tout pour que la photo de celui qui parle à travers leur bouche apparaisse à l’image. Or, comme une seule personne ne peut produire des idées géniales pour tous les secteurs de la vie du pays, on se retrouve dans une situation où rien n’est fait nulle part. Et flop !

Lorsqu’un linguiste agrégé appelle l’épouse du chef de l’Etat « Madame la présidente, Son Excellence… », on se demande si on ne rêve pas. Qui d’autre que le linguiste devait tirer la sonnette d’alarme sur les abus de langage en République Démocratique du Congo? C’est la même surprise désagréable lorsque 130 députés de l'AMP, parmi eux quelques juristes ont réclamé le tripatouillage de la Constitution de Liège et ont estimé qu’on peut retoucher la Constitution chaque fois qu’on le désire, comme un simple règlement intérieur d’association.

Nos docteurs en doctorats n’ont plus aucun garde fou dans leur flagornerie à l’endroit du Prince: même les connaissances sont tronquées pour ces bas desseins. Pas étonnant que les taux de croissance et de chômage (les chiffres sur la population aussi) tiennent plus de l’affabulation que de la statistique réelle. Un pays peut-il avancer quand la science est sacrifiée à l’autel des lubies de ses dirigeants ? Les intellectuels congolais ont fait du diplôme une consécration, ils ne sont que des consommateurs d’idées.

Pour nos docteurs en doctorats, leur rôle se limite à énoncer les problèmes (et encore !), les solutions venant de là où elles sont conçues d’habitude. Voyez comment des gens qui sont supposés mieux connaître les réalités de leur pays, se font dicter les mesures économiques par des jeunes cadres parfois sans expérience du FMI et de la Banque mondiale ! Seulement, en général, les solutions fabriquées ailleurs sont inadaptables à notre pays, et comme nos docteurs en doctorats n’en produisent pas, le résultat est celui que nous vivons.

Les intellectuels congolais sont complexés: Un recteur de l'université dont nous taisons volontairement le nom visitait sa faculté de sciences avec son staff de grands professeurs, et ce qu’il a relevé de grave c’est que les enseignants ne s’habillent pas en costume et cravate. Et vous voulez que l'université se porte bien quand des dirigeants d'une université située dans la chaude capitale économique du pays imposent des costumes trois pièces comme « tenue décente » à des enseignants travaillant dans des amphis surchauffés? Parce que chez les « autres », c’est ça la grande tenue, chez nous aussi ce doit être pareil.

les intellectuels congolais renient leur savoir pour de la flagornerie, Ils sont lâches, irresponsables. Pour accéder à des postes importants et/ou pour se garantir un « enrichissement scandaleux », nos « longs crayons » adhèrent aux sectes et réseaux qui pullulent dans notre pays. Ils roulent carrosse, ils ont l’illusion de posséder un pouvoir puisqu’on se lève à leur passage, mais comme les prostituées, ils souffrent dans leur chair et leur psychique. Ils deviennent donc envieux de la liberté et de la tranquillité d’esprit des simples citoyens, ce qui engendre la méchanceté. Pas question d’avoir le bien-être social en restant propre, sans endurer les humiliations comme eux. On comprend ainsi aisément pourquoi le bonheur du peuple est le cadet de leurs soucis.

Ils sont menteurs et fourbes: lorsqu'on affirme, pince-sans-rire, devant les caméras de télévisions et les micros de radios que les morts de Seke-Banza, du village Mpika à Luozi et de Matadi dans le Bas-Congo sont une conséquence des affrontements, entre la secte politico-religieuse Bundu dia Kongo et la police. Les morts s’élèvent à 12 morts dont un policier, alors alors que 150 personnes sont mortes sous les balles des forces de l’ordre, c’est grave.

Demandez à "ces" intellectuels congolais de marcher à quatre pattes en invoquant de « hautes instructions », et ils vont faire mieux : ils vont ramper. Il arrive aussi que des schégués, de petits « indics » leur extorquent ainsi de fortes sommes d’argent sous prétexte de pouvoir faire avancer leur dossier en haut lieu. Etre allé à l’école si longtemps pour n’être que des marionnettes, c’est triste. Malheureusement l’incidence de cette réalité n’est pas qu’ individuelle ; la RDC en pâtit. L'image qu'on aujourd'hui que la RDC est sur pilotage automatique. Heureusement qu'il y a l’intelligence de l’école, et il y a aussi l’intelligence humaine tout court qui ne se mesure pas au nombre de diplômes. Il n’y a donc pas lieu de désespérer de la République Démocratique du Congo, car un pays ne se construit pas uniquement avec des agrégés, et les couches moyennes qui portent le pays à bout de bras, sont en train d’apprendre à satiété ce qu’il ne faut surtout pas faire si on veut faire avancer un pays.

Au Congo-Kinshasa, pour la presse et les médias liés au pouvoir, les intellectuels sont des ingrats qui, après avoir tout reçu, se retournent contre le pouvoir. Pour une certaine presse, et surtout la diaspora congolaise, ils sont les solides soutiens des pouvoirs impopulaires. Ces intellectuels sont les fameux idéologues desdits régimes qui freinent des quatre roues toute idée d’ouverture et s’opposent à toute concession que le pouvoir serait tenté de faire. Ils préconisent l’usage de la force en toute chose.

Une attitude bassement humaine : eux se trouvant déjà à l’intérieur de la maison, ils veulent cadenasser la porte pour empêcher à d’autres d’y entrer, parce que la soupe risque de ne pas suffire. Pour la diaspora congolaise, "ces" intellectuels sont des personnes qui ont choisi de se ranger du côté des oppresseurs des masses populaires, des personnes qui ont mis en avant leur confort et leur bien-être personnel au détriment de celui de leur peuple.

Vus de cette manière, "ces" intellectuels congolais pour leur grande majorité sont des gens toujours à l’affût du gain facile ! Des hommes et des femmes prêts à tout pour parvenir au sommet de l’échelle sociale.

Et pour cela, ils trempent dans toutes les combines politiques, ils sont dans tous les compromis et toutes les compromissions. Ils participent à toutes les rapines économiques.

On ne peut pas taire la notion de la responsabilité des intellectuels pour deux raisons principales. La première est l’état de décrépitude morale de la société congolaise. Ayant reçu beaucoup, en tout cas plus que les autres, ils sont plus responsables que le reste du peuple. C’est essentiellement leur faute si les choses ne marchent comme il faut. Ils sont les premiers responsables de la déchéance morale parce qu’ils ont la mission de guides, d’éclaireurs, de défricheurs de voies.

La seconde, c’est que tout le monde est d’avis pour pointer un doigt accusateur sur cette frange de congolais, ceux qu’on appelle les intellectuels parce qu’ils devaient indiquer au peuple les voies à suivre pour éviter de tomber dans cette déchéance. Malheureusement, ils en ont été incapables.

Ceux qui devaient être des exemples, ne donnent pas l’exemple.

Le Larousse dit qu’un intellectuel est « une personne dont l’activité fait surtout appel aux manipulations abstraites et au discours » par opposition à une personne dont l’activité est manuelle. Un ami à Kinshasa aimait dire quand on parlait de développement de la RDC que « chacun s’assoit et Dieu le pousse ». Une manière pour lui de dire que « chacun », entendez l’intellectuel s’occupe de ses propres affaires, c’est-à-dire de sa propre promotion. L’intellectuel n’est plus cet homme qui sait et peut dire non quand c’est non ; oui quand c’est oui. L’intellectuel d’aujourd’hui ne peut plus, il ne veut plus appeler un chat un chat. S’il arrive à le dire, ce sera de façon inaudible. Sa bouche est pleine de bonnes choses.

Observons les juges et les avocats congolais. Combien d’entre eux sont compromis jusqu’à la moelle dans des affaires puantes pour avoir refusé de dire le droit et préféré les espèces sonnantes et trébuchantes des forts et des puissants de l’heure ? Ils sont devenus insensibles aux larmes de la veuve comme aux pleurs de l’orphelin qu’ils ont dépouillés. Et les enseignants, les éducateurs. Les scandales dénoncés chaque année dans le cadre de la fuite des épreuves ont terminé de discréditer ce corps d’élite. Quant aux intellectuels travaillant à l'aéroport international de Ndjili, à la Douane, à la Police Nationale Congolaise et à l'armée, leur rang dans le classement annuel du Réseau national de lutte anticorruption montre les us et coutumes en cours dans ces différents corps. Le point commun de toutes ces personnes, c’est le goût du lucre, du gain facile, gros et vite. Bien sûr, chaque corps a en son sein cette catégorie d’intellectuels dont la capacité de nuisance n’a d’égale que sa frénésie devant le gain et honneurs. Et ils sont déterminés, ils ne reculent devant rien pour parvenir à leurs fins.

Certes il existe encore, fort heureusement dans tous les corps des intellectuels probes, des femmes et des hommes qui ont refusé et qui résistent de tremper dans les combines et les combinaisons sordides.

Pour leurs collègues, ce sont des imbéciles qui refusent d’aller brouter les feuilles que « le ventre éclaté du monde a jetées partout ». Il y a une autre espèce d’intellectuels troubles et tourmentés. Son rôle n’en est pas moins pernicieux. Il s’agit de tous ceux qui sont vautrés dans les cabinets ministériels, qui se trouvent à la tête des instances de décision. Ils suggèrent, proposent et font adopter des mesures qu’ils savent pertinemment antisociales, donc impopulaires.

Comme dit la Bible des pharisiens, ils attachent de lourds fardeaux qu’ils demandent aux populations de porter pendant qu’ils sont assis tranquillement à l’ombre de leurs villas somptueuses. Ils ont été les fervents défenseurs des programmes d’ajustement structurel (PAS). Ce sont eux qui, aujourd’hui dénoncent doctement et avec véhémence les ravages causés par les PAS aux sociétés et aux économies de nos différents Etats. Ils sont les initiateurs de toutes réformes, bien qu’ils savent d’avance qu’elles sont vouées à l’échec car ils vont les torpiller. Ils sont nocifs à tout point de vue. Ils travaillent contre le développement de leur société. Quant à leurs parcours politiques, inutile d’en parler. Ils ont expérimenté toutes idéologies et tous les régimes:ils étaient lumumbistes, sont devenus mobustistes, puis mzéeïstes, ils sont aujourd'hui Joséphistes.

De rouges au départ, ils sont à présent incolores. De vrais caméléons politiques. Pire, des serpents sonnettes.

Vue splendide des collines du Kivu

Trois situations qui doivent inciter l'intelligentsia congolaise à des profondes réflexions:

1.La guerre de l'Est

Ventre mou de la République, la partie Orientale est sujette à des convoitises mais aussi des complicités internes et externes. Lorsqu'on voit des compatriotes qui fuient les bruits de canons avec uniquement qui un bidon jaune, qui un matelas ou une chèvre... Par respect pour eux, en tant qu' intellectuel on ne peux pas justifier les actions militaires de Nkunda. Lorsque les armes parlent, il y a toujours morts d'hommes. Trouver des excuses pour justifier les revendications d'un mouvement militaro-politique qui tue, pille, viole des paisibles citoyens sans défense est inadmissible. Face à cette guerre qui dure plus de dix ans, qui a fait plus de 6 millions de morts, quelle est l'attitude de l'intelligentsia congolaise ? Négationnistes, André Lambert et Louis Lohlé-Tart, deux démographes belges expert de la Commission européenne viennent de revevoir à la baisse le chriffre de nos morts. Pour eux "183.000 personnes" ont péri du fait des hostilités. L'information a été livrée par belga-ca du 31/12/08 à 18h40. Quelles sont les réactions de l'intelligentsia congolaise ?

Le Congo bradé à la chine: que faire ?

C'est un truisme de rappeler que , dans le vaste champ actuel des relations internationales, face aux nombreuses opportunités qui se créent pour les individus comme pour les Etats à la faveur de la mondialisation,il est souhaitable, voire nécessaire pour tout Etat d'élargir le spectre de ses partenaires. On se rend aujourd'hui depuis kinshasa à Hangzhou, en Chine comme hier on allait à paris, ou Washington. Mais au-delà de cette euphorie grandissante, des impensés, de nombreuses questions demeurent sans réponse sur les contours à court, moyen ou long terme de la relation sino-congolaise. Après le contrat léonin entre la Chine et la République Démocratique du Congo, au fait un "troc" contre 9 milliards de dollars américains, la Chine doit exploiter le sol et sous-sol congolais pendant 30 ans. Certains congolais s'extasiaient des formidables avantages: construction d'hôpitaux, de 3 000 kilomètres d'autoroutes... que devraient offrir aux congolais les entreprises chinoises. La prolifération dans l'économie congolaise de produits de consommation chinoise bon marché est célébrée comme un coup de pouce inespéré à l'Etat congolais face à la faiblesse du pouvoir d'achat de ses citoyens. Comble d'ironie, aucune bitume promis par chinois n'est encore visible. A Kinshasa, la capitale, les chinois concurrencent déjà les mamans vendeuses de beignets. Ils font les clones des beignets et deviennent par la force de chose fournisseurs des mamans vendeuses de beignets. Il y a même des chinois qui vendent le biteku-teku au marché...Quelle sont les réflexions de l'intelligentsia congolaise de la présence chinoise en RDC ? Dans 10, 15 et 20 ans quelle sera le visage de la RDC ?

Chine-Afrique: le dragon et l'autruche, est un essai du confrère sénégalais Adama Gaye que nous devrions lire et relire. Depuis deux ans, l'actualité confirme son constat: leaders politiques et intellectuels assistent ravis ou perplexes au développement de la relation sino-africaine sans stratégie commune ni réflexion collective majeure:

"Le coeur du monde bat au rythme de la Chine. Ses vigoureuses palpitations, qui sont entendues aux quatre coins de la planète, ne laissent qu'une région du monde indifférente: l'Afrique. Aucune réaction structurée, aucun mécanisme ni stratégie cohérente n'y ont été dégagés, à ce jour, pour faire face aux conséquences, immédiates et à venir, de la fracassante irruption sur la scène internationale du plus massif des dragons asiatiques (...)Au contraire, fidèle à ses vieux démons, l'Afrique, comme prostrée, continue de regarder, bouche bée, les grosses traces laissés par les pas du géant asiatique. Qu'on ne se fatigue pas à chercher des indices de ce phénomène, le plus significatif du siècle actuel, dans l'ordre du jour de l'agenda intellectuel et politique du continent: il n'y figure pas,pas plus qu'il n'occupe la première page des journaux. on ne le retrouve pas non plus dans les débats que l'on attend de ses chancelleries diplomatiques, ses universités ou ses milieux d'affaires. Dans le monde de l'édition africaine, la pénurie est plus que flagrante encore: on chercherait en vain des publications africains consacrées à la question chinoise.."

Deux ans après la parution de cet essai annonciateur de lendemains qui pourraient terriblement déchanter, dans les milieux intellectuels, dans la société civile, dans les milieux d'affaires, on s'empresse plutôt d'apprendre à parler chinois que de parler avec les Chinois.

On nous avait dit que, Lubumbashi, la capitale de la province du Katanga était devenue une ville qui ne dormait jamais. A toute heure du jour ou de la nuit, de lourds semi-remorques soigneusement bâchés emportaient vers la frontière zambienne des cargaisons de minerai — cuivre ou cobalt. Elles étaient ensuite embarquées à Dar es-Salaam (Tanzanie) en direction de l’Asie. Les réserves identifiées sont estimées à 70 millions de tonnes de cuivre, 5 millions de tonnes de cobalt et 6 millions de tonnes de zinc. En ce qui concerne le cuivre, la République démocratique du Congo (RDC) se classe immédiatement après le Chili, dont le sous-sol renfermerait 88 millions de tonnes. Mais le minerai congolais surclasse son concurrent : il contient en moyenne 3,5 % de cuivre pur, contre 0,5 % pour son homologue sud-américain.

« Sur les 60 sociétés minières de Likasi, 55 sont chinoises. ». A 120 kilomètres de Lubumbashi, dans ce sud du Congo qui regarde vers l'Afrique australe et ignore Kinshasa, Likasi est une ville à l'abandon. Pas un bâtiment ne semble avoir été construit depuis l'indépendance, en 1960. Les maisons sortent tout droit d'un vieux film. Seul reste du charme d'antan de vastes avenues... Et un golf 18 trous qu'entretiennent jalousement dix expatriés.

C'est dans ce décor de vieux western que sont arrivés, à partir de 2002, les premiers Chinois. Il y a d'abord eu ceux que les Congolais appellent les « sacs à dos ». Sans gros moyens, ils venaient d'Afrique du Sud ou de Zambie, où ils trafiquaient déjà dans le secteur minier. D'autres sont arrivés directement de Chine, expédiés par des entreprises privées dont le patron, membre du Parti, bénéficie du soutien financier des autorités. Intéressés par le cobalt, ils se sont associés avec des Congolais pour obtenir des permis d'exportation du minerai vers la Chine via l'Afrique du Sud ou la Tanzanie. Depuis, l'empire du Milieu, qui n'extrait pas un gramme de cobalt de son sous-sol, en est un producteur officiel dans ses comptes.

Derniers arrivés : les Chinois envoyés par de grosses sociétés d'Etat. C'est ainsi que s'installe à Likasi, en 2003, Feza Mining, une des rares entreprises chinoises de bonne réputation. Une exception dans ce milieu qui préfère le théâtre d'ombres-et les facilités-de l'informel. « J'ai un cabinet pour aider les entrepreneurs à travailler dans les règles. J'ai eu deux clients chinois, l'un en 2005, l'autre en 2007, c'était assez inhabituel », confirme Eric Monga, juriste.

A la sortie de Likasi, la route de Kakontwe mène à Kolwezi, la ville du cuivre, siège des deux révoltes du Shaba dans les années 70. La piste est baptisée « route de Pékin ». C'est là que, depuis un an, les Chinois de Likasi ont installé des fours pour transformer le minerai de cuivre ou de cobalt et l'exporter sous forme de lingots. En cinq ans, 140 Chinois se sont installés à Likasi. Ils forment la première communauté étrangère de la ville. Combien sont-ils dans tout le Katanga ? Deux ou trois milliers, peut-être ?

On sait que beaucoup de mines ont fermé, les chômeurs avoisinent le chiffre fatidique de 300 000.

La cour du Roi Pétaud

Comment Antoine Gizenga en bon lumumbiste pouvait-il accepter d'être premier ministre à 83 ans ? Et démissionnait à 85 ans pour cause de vieillesse ? Doit-on se taire lorsque son successeur, Adolphe Muzito le nouveau premier ministre, pratique la corruption pour que son budget soit voté: chaque député et Sénateur a reçu la somme de 2000 dollars américains ? Les deux sénateurs et 3 députés qui ont résisté à la tentation ont toute notre considération. Lieu de désordre et de confusion, la République Démocratique du Congo est devenue un pays où des courtisans serviles, des décisions arbitraires...La guerre de l'Est stupide et indécise est le prétexte de toutes les confusions. Pour exécuter des décisions absurdes, les congolais sont contraints de marcher sur la tête et risquent de se retrouver sens dessus dessous. Face à cette anarchie où les députés et Sénateurs ont des salaires mirobolants, les fonctionnaires sont impayés, les professeurs payés au lance-pierre, les journalistes doivent vivre du "coupage" etc. Faut-il se taire face à cette pétaudière ?

Quel rôle doit jouer les intellectuels congolais ?

Il faut impérativement bannir cette manie qu'on voudrait insipidement par des menaces et intimidations ancrer dans la tête de Congolais: Ne fait pas de politique !!!.

Lorsque je vais acheter mon pain le matin et que je choisis le boulanger Mawete au lieu du boulanger Kabamba:au delà de la qualité du pain et du prix, je pose un acte politique.

Quel est l'article de la constitution de Liège qui consacre que la politique congolaise est un domaine réservé ?

La politique congolaise intéresse tous les congolais où qu'ils vivent au Congo comme à l'extérieur de celui-ci. De quelle droit va -t-on ériger une fatwa que les célibataires, les prêtres ou abbés congolais, les pasteurs congolais voire les femmes congolaises n'ont pas droit de parler politique ?

La politique, est-elle le domaine réservé des "kadogos" qui sont arrivés en bottes de jardiniers et Kalachnikov à la main ? J'ai marché (à pieds) de Fizi-kinshasa suffit-il pour parler politique au Congo ?

2010 c'est encore loin pour faire le vrai bilan des apports de l'intelligentsia congolaise au développement de notre pays, mais tâchons d'y penser. Nous avons poussé le bouchon un peu loin pour ouvrir le débat, sans nous exclure.

Freddy Mulongo

 
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