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Combat des chefs entre les rebelles Nkunda et Ntaganda en RDC Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

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Des divisions sont apparues au sein de la rébellion tutsie dans l’est de la République démocratique du Congo, le principal commandant militaire du mouvement contestant la suprématie du général Laurent Nkunda.

Faisant apparaître des divisions au sein de la rébellion tutsie dans l’est de la République démocratique du Congo, le principal commandant militaire du mouvement, Bosco Ntaganda, a contesté la suprématie du général Laurent Nkunda (photo). (Reuters/Finbarr O’Reilly)

Des membres haut placés du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) ont repoussé la destitution de Laurent Nkunda annoncée la veille par un porte-parole du principal commandant militaire du parti, le général Bosco Ntaganda.

Dans une déclaration faite lundi soir à la BBC, un porte-parole de Ntaganda a affirmé que les responsables militaires du CNDP avaient décidé d’évincer Nkunda de la tête du parti en raison de sa «mauvaise gouvernance».

Les partisans du général déchu ont vite répliqué. «Le général Bosco Ntaganda n’a pas la capacité de destituer le président Laurent Nkunda. Le CNDP demeure un mouvement et une armée unis», a dit à Reuters le colonel Sultani Makenga, responsable militaire adjoint du groupe. Il a précisé ne pas savoir pourquoi Ntaganda avait fait cette déclaration.

Les tentatives pour joindre Ntaganda, surnommé «Terminator» et figure populaire parmi les rebelles, n’ont pas abouti.

En avril dernier, la CPI a rendu public un mandat d’arrêt visant Ntaganda, l’accusant d’avoir recruté des enfants de moins de 15 ans pour participer au conflit interethnique dans la région de l’Ituri, dans l’est de la RDC.

Bosco Ntaganda est un ancien associé de Thomas Lubanga, ancien chef de milice dans l’Ituri, dont le procès devant la Cour pénale internationale de La Haye doit commencer le 23 juin. Lubanga est aussi accusé d’avoir recruté des enfants soldats.

«Terminator» est revenu en 2006 dans sa province natale du Nord-Kivu où il a rejoint le CNDP qui dit défendre la minorité tutsie en RDC contre la persécution du gouvernement et les milices hutues du Rwanda voisin.

Nkunda a refusé jusqu’à présent de remettre Ntaganda aux Congolais ou aux autorités internationales, demandant des preuves des crimes de guerre de son chef militaire.

LA MONUC EN ALERTE

Selon des responsables de l’Onu et des défenseurs des droits de l’homme présents dans la région, le CNDP envisage de punir Ntaganda après le massacre d’environ 150 civils dans la ville de Kiwanja, dans le Nord-Kivu.

Jusqu’à présent, le CNDP a toujours nié les exactions sur les civils dont sont accusés ses combattants, rejetant la faute sur les milices pro-gouvernementales Mai-Mai.

Des responsables de la force de maintien de la paix de l’Onu, la Monuc, disent surveiller de près l’éventualité d’une éruption de violence au sein du CNDP.

«Dans la mesure où ces événements menacent d’aggraver la situation sur le terrain, nous sommes très inquiets», a dit Kevin Kennedy, porte-parole de la Monuc, forte de 17.000 hommes.

Les discussions entre les rebelles et le gouvernement doivent reprendre mercredi à Nairobi avec les médiateurs des Nations unies et de l’Union africaine.

Le porte-parole politique du CNDP Bertrand Bismwa a dit que l’annonce de Ntaganda n’avait aucun impact sur la structure dirigeante du groupe et que les négociateurs se rendraient bien au Kenya. «Si un officier a des requêtes, il doit les formuler directement au mouvement et non aux médias. Notre corps disciplinaire a été saisi pour s’occuper de ce cas», a-t-il dit.

Un porte-parole du gouvernement congolais a fait savoir que ses négociateurs avaient toujours l’intention de participer aux négociations mercredi dans la capitale kényane.

Après le lancement d’une nouvelle offensive fin août, les rebelles de Nkunda ont mis en déroute l’armée du président Joseph Kabila et pris possession d’une grande partie de la province du Nord-Kivu, dans l’est de la RDC, avant de déclarer un cessez-le-feu unilatéral fin octobre.

Les combats ont déclenché une nouvelle crise humanitaire dans la région où les conflits n’ont pas cessé depuis la fin officielle de la guerre entre 1998 et 2003 dans l’ancienne colonie belge et ex-Zaïre.

L'Express

 

 
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